‹ Yahyâ ben 'Adî: Un philosophe arabe chrétien du Xe siècleChapitre 26 sur 48 · SA PHILOSOPHIE. — MÉTAPHYSIQUE · texte numérisé non relu

SA PHILOSOPHIE. — MÉTAPHYSIQUE

du domaine de la métaphysique dont nous n'avons encore rien dit. Mais il nous a paru préférable de grouper ensemble tout ce qui est objet de la connaissance. Cela nous épargnera des répétitions.

Métaphysique. — La métaphysique de Ben ‘Adi ne présente pas d’aperçus nouveaux. Notre philosophe n’a pas songé à innover et d’ailleurs, il ne le pouvait guère.

Puisqu’il appelait la philosophie au secours de la foi, il fallait que cette philosophie ne fût pas elle même contestée, d’où nécessité d’argumenter en prenant, pour point de départ, des données admises de tous et telles que les présentait seule, à cette époque, la tradition aristotélicienne. Qu'il s'agisse donc de la substance (1) ou de l'accident (2), de la cause ou de l'effet, de l'acte ou de la puissance, du genre ou de l'espèce, de l'unité ou de la pluralité, nous retrouvons, sous la plume de Yahyà, la doctrine, bien souvent même, les propres expressions du philosophe grec. Peut-il, par exemple, y avoir de transposition plus fidèle que cette analyse des diverses causes ? « Le nom de cause a, chez les docteurs chrétiens, six significations différentes : l’une est la cause efficiente comme le menuisier, pour la porte ou le lit; une autre est la cause matérielle; tel, le bois dans le lit ou la porte; une autre est la cause formelle, comme la forme du lit ou de la porte; une autre est la cause finale qui est de deux sortes : la première est la perfection obtenue, lorsque la

(1) « La substance est ce qui n'est pas dans un sujet. » #9 À, f, ae E 32 9% Æ 9% Lys) LS

(2) « L'accident est ce qui se trouve dans une chose, non comme partie essentielle de cu Fe et qui ne peut subsister en dehors de cette chose. » Da ÿ C5 e >9> 3% 92 Le a =)L CIARS 9 RO EN «Tout ce qui n l'est pas - accident est nécessairement substance. »

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cause efficiente, ayant accompli son œuvre, cesse d'agir ; la seconde sorte de cause finale est l'utilité qui résulte de cette première perfection; par exemple, la porte garde et protège les objets de la maison, le lit fournit un siège et une couche. Il y a encore la cause instrumentale, comme la hache, la scie ou la tarière pour le menuisier. Nous avons enfin la cause exemplaire qui est l'image de la porte ou du lit, dans l'esprit du menuisier, quand la porte ou le lit sont encore contenus dans la matière du bois » (1).

La porte, en ce moment, n'est encore qu’en puissance dans la matière du bois. Elle ne deviendra en acte, c'està-dire ne sera réalisée, que sous l’action d’une cause extérieure, «car tout ce qui contient quelque chose en puissance à besoin d'une cause qui en fasse sortir, pour le rendre en acte, ce qui y était renfermé en puissance » (2).

C’est, d'ailleurs, d'une manière tout à fait transitoire, que Ben Adî nous apporte des concepts méthaphysiques, et uniquement pour éclairer une doctrine ou démontrer l'inanité d'une objection. Aïnsi, au cours de la discussion, son adversaire a émis cette proposition que tous les corps sont dans le temps et dans le lieu. « C’est une affirmation tout à fait gratuite, répond Yahyà; parce que, si chaque corps avait besoin de lieu, il serait nécessaire que les corps existant en acte fussent en nombre infini (3); or une série infinie de choses existant réellement en acte est impossible » (4). Le lieu est simplement la surface creuse du

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Yahyà dit encore : « Tout être est nécessairement en acte où en puissance.» Lel LR Gil 3,952 Cazlss 651 Dome 9% Le LJS HE I ER UT (3) I #95. | CR Re

(4) H,f.24 Jle Lao Jail KL) LU VAL 5e — Cf. f. 47. ‘

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