‹ Yahyâ ben 'Adî: Un philosophe arabe chrétien du Xe siècleChapitre 32 sur 48 · DAMES · texte numérisé non relu

DAMES

Telle est l’unité qui convient à Dieu. Mais si l’on doit exclure de Dieu certaines catégories, certains modes de l'unité, comme le genre, l’espèce, la relation, ete., à plus forte raison ne devons-nous pas croire qu'il y ait en lui la pluralité de ces catégories ou de ces modes. La pluralité n'étant que la répétition de l'unité, comment pourrait-il y avoir dans la cause première pluralité, par exemple, du genre, s’il n’y a, tout d’abord, l'unité dans le genre? (1)

Il reste seulement à examiner si l’unité dans la définition que nous avons vu convenir à Dieu admet une certaine pluralité. Toute définition, dit Ben ‘Adi, est composée de termes dont chacun présente une notion qui lui est propre. On peut donc envisager une définition sous deux aspects différents : il y a un concept d'unité, c’est l'idée résultant de l’ensemble; mais il y a aussi un concept de pluralité, conséquence nécessaire du nombre des termes; car ces termes peuvent être considérés comme formant les parties d’un tout (2). En effet, s’il y a l’un simple, de la matière première qui ne se prête pas à plusieurs significations, il y a également l’un dont l’essence est constituée de plusieurs choses. Nous avons alors ce qu’on appelle composition, combinaison, mélange ou confusion, quand les éléments constitutifs, séparés d’abord les uns des autres, se sont réunis ensuite. Les éléments ont pu encore ne jamais exister à l’état séparé; ils ont toujours été d’une manière uniforme dans l'être qu’ils constituent et c’est la raison seule qui établit entre eux une différence. Telle est notre manière de comprendre le Créateur. On dit qu’il est substance, pour signifier qu'il n’est pas dans un sujet comme une partie de ce sujet, et que son essence ne peut être en dehors de ce qui le constitue, et l’on dit également qu'il est bon, qu'il est

Page 1