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son huitième livre de l’Auscultation naturelle. Il reste done que Dieu connaisse par un intellect; et la chose peut se produire encore de deux manières : 1° Ou le connaissant perçoit par un intellect situé en lui et distinct de son essence ; tel est le cas de l’homme (1); 2° Ou bien il comprend directement par son essence et non par l'intermédiaire d’un intellect qui serait distinct de cette essence. Mais si Dieu connaissait par un intellect distinct de son essence, il serait ainsi soumis à une cause extérieure ; il serait causé, et c’est contraire à l’idée même que nous nous faisons de Dieu, puisque sa nature est d’être sans cause, et d’être lui-même la cause de tous les êtres en dehors de lui. Il ne peut done connaître par un intellect distinct de lui-même, c’est-à-dire qu’il connaît directement par son essence (2).
Dans la liste des traités perdus de Ben ‘Adi, nous relevons deux titres qui se rapportent à cette question de la connaissance divine et à la manière dont cette connaissance se comporte à l'égard de la liberté humaine :
(1) Dans ce passage Ben ‘Adî semble encore admettre l'existence de lintellect séparé qui existe dans l'homme sans faire partie de son essence. Nous avons déjà trouvé cette doctrine sous la plume de Ben ‘Adi; (voir plus haut p.104) et nous l’aurions exposée plus longuement si notre philosophe Pavait constamment admise. Mais il énonce ailleurs (voir encore plus haut, p.95) l'identité de l'intellect et de la forme de l’homme : « L'homme peut être uni par l'intermédiaire d'un intellect, c'est-à-dire de sa forme avec l'essence du Créateur». Notons, d'ailleurs, que le texte qui est l’objet de cette note n’est qu'un texte résumé donné par le manuscrit du Vatican J. fol. 17, et nous ne sommes pas sûrs que la pensée de Yahyâ n'ait pas été altérée par l’abréviateur (peut-être le célèbre Aboû Ishaq ben al-‘Assâl, d’après l'éditeur du VEN sde p. 9). Le ms. de Paris H, fol. 46 dit : «Celui qui connaît doit connaître par un iutellect, non par son essence, comme l’homme qui ne connaît que par son essence et non par un intellect distinct en - lui de son essence ! ».