‹ Yahyâ ben 'Adî: Un philosophe arabe chrétien du Xe siècleChapitre 38 sur 48 · IV · texte numérisé non relu

IV

(8) — II, 81 et 254.

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152 YAHY À BEN ‘ADÎ.

Quand Dieu lui demanda : « As-tu jamais dit aux hommes: prenez pour dieux moi et ma mère à côté du Dieu unique? — Par ta gloire! non. Comment aurais-je pu dire ce qui n’est pas vrai? Si je l'avais dit, ne le sauraistu pas? Tu sais ce qui est au fond de mon âme, et moi j'ignore ce qui est au fond de la tienne, car toi seul connais les secrets ; je ne leur ai dit que ce que tu m’as ordonné de leur dire : « Adorez Dieu mon Seigneur et le vôtre » (1). « Les gens des Écritures prétendent qu'ils ont mis à mort Jésus- Christ, le fils de Marie ; non, ils ne l'ont point tué, ils ne l'ont pas crucifié ; ils n’ont eu devant eux que quelque chose qui lui ressemblait ... ils ne l’ont pas tué réellement, mais Dieu l’a enlevé auprès de lui, et Dieu est puissant et sage» (2).

Le Christ avait, d’ailleurs, annoncé la future mission de Mahomet, quand il disait aux enfants d'Israël : « Je suis l’apôtre de Dieu, envoyé vers vous, pour vous annoncer la venue .d'un apôtre après moi dont le nom sera Ahmed » (3).

Il semblerait, en s'en tenant aux termes mêmes du Qorân, que les discussions entre musulmans et chrétiens auraient pu, tout d'abord, porter, sur des textes et sur leur interprétation; et c’est ce qu'avait déjà très bien signalé Saint Jean Damascène, dans le curieux petit Dialogue entre un chrétien et un sarrasin.

«Si un sarrasin nous demande : «Qu'est ce que le Christ ? » répondez sans hésitation : « C’est le Verbe de Dieu» et,

(1) Qordn V, 116 —117; LIL 73.

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