SAINTE-ANNE DE BEAUPRE
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ont pour eiïet de faire pénétrer un peu tl'idéal parmi les laborieuses, mais trop positives populations du nouveau monde.
Après avoir dit la messe à Sainte-Anne et avoir passé (piclqucs heures à observer les pèlerins, chez lescpiels je retrouvais la piété sincère, les beaux cantiques, le langage trauiant et juscpi'au costume sévère de nos |)opulations de Normandie ou de Bretagne, je
Sainlo- Anne de Ueaupro, au xviii'' siècle
pris une voiture pour me rendre ii Saiid-lY'réol. Je tenais à faire une visite à mon ami l'abbé (losselin, lun des pi-ctres les plus savants du Canada. Je l'avais connu à Paris, et nos relations d'amitié m'étaient trop chères jjour ne pas lui consacrer un jour, d'autant plus (jue j'étais sûr de trouver auprès de lui non seulement un cordial accueil, mais encore de nombreux renseignements'sur le ministère paroissial au Canada.
La paroisse de Saint -Féréol, dont il était curé, — aujoiu'd'hui, il vit dans vme retraite studieuse aux environs de (Québec, — est située à une dizaine de nulles de
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Sainte- Anne, dans l'intérieur des terres, ou plutôt sur le versant méridional des Laurentides. Elle compte un millier d'habitants, tous cultivateurs. Les maisons sont assez espacées les unes des autres par des chami3s labourés et des jardins : il en résulte que la paroisse se développe sur une longueur de plusieurs kilomètres.
L'église est à peu près au centre de cette interminable et unique rue, si toutefois l'on peut donner le nom de rue à cette succession de propriétés et d'haljitations un peu construites au hasard, sans ordre et souvent sans goût. Derrière l'église est le presbytère, petite maison assez coquette précédée d'une cour semée de gazon et donnant sur un petit jardin bien propret , comme on en rencontre si souvent dans nos presbytères français.
Il va sans dire que le curé de Saint -Féréol me fit les honneurs de sa maison avec une parfaite bonne grâce. Je n'oublierai pas de longtemps nos bonnes causeries durant nos promenades sur le territoire de la paroisse. En m'entretenant avec lui, j'en ai plus appris sur l'Église catholique au Canada que si j'avais lu plusieurs volumes.
L'organisation paroissiale, au Canada, ne ressemble en rien à la nôtre. La théorie de la séparation de l'Église cl de l'État, autour de laquelle, en France, se livrent tant de batailles parlementaires, reçoit ici, dans ce qu'elle a de raisonnable et de juste, son application la plus étendue. Jamais le pouvoir exécutif n'intervient dans les affaires ecclésiastiques. Il laisse le culte s'organiser à sa guise; il n'y a même pas de ministère des cultes. D'autre part, le clergé, propriétaire incontesté de tous les biens qu'il possède, les