‹ Yankees et CanadiensChapitre 26 sur 42 · I. Iiùk-l ili- vilk · texte numérisé non relu

I. Iiùk-l ili- vilk

de musi(pK' el de dessin, elle lit encore cpicUpies li\i-es plus ou moins frivoles, et c'est tout. Le reste de son temps est j)ris par la toilette, par les \isites, ou par d'inicrminahles balancements dans un rockinc/ chnir. Elle n'a même pas la pensée de descendre à la cuisine pour confectionner un plat préféré de son mari , ou encore d'entreprendre (pielque travail de broderie ou de simple couture. Si vous lui parliez de ces tra\au\

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domestiques auxquels se livrent si volontiers les femmes françaises, elle, hausserait les épaules et vous demanderait avec mépris si vous la prenez pour une servante irlandaise.

Il est impossible qu'une existence si frivole et si vide n'entraîne pas avec elle quelques peccadilles morales. C'est ainsi qu'on reproche assez généralement il l'Américaine d'être gourmande. A défaut du dessert , qui en Amérique n'existe pas , la femme américaine ne se lève de table cpie pour grignoter des bonbons et autres friandises. Elle se croirait déshonorée si elle ne faisait pas chaque jour une séance chez le pâtissier, le confiseur et le glacier. Dans beaucoup d'endroits , ces trois industriels n'en font qu'un ; cai", en matière de gourmandise, le cumul est permis, et il plaît toujours au consommateur.

Vers les trois heures de l'après-midi , il est extrêmement difficile de découvrir mie place vide dans ces établissements. Les dames occupent tous les sièges. Elles se tiennent assises, en rang d'oignons, sur des tabourets fixes , devant un comptoir bas c[ui se perd dans les profondeurs de la boutique, et elles mangent à pleines cuillerées de véritables platées de crèmes glacées. Elles arrosent lem- crème d'un verre d'eau non moins glacée, et s'en vont en passant par le rayon des bonbons, où elles s'approvisionnent pour les grignotades de la journée.

Ce n'est pas toujours chez le pâtissier cpi'elles vont chercher leurs bonbons. Le pharmacien en vend, paraît-il, qui sont infiniment plus appréciés de ces dames : ce sont d'énormes dragées contenant une gorgée de whisky ou de chartreuse. Quand elles en ont

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absorbé cinq ou six, vous devinez leur émotion et leur él()([ucnce. C'est le moment qu'elles choisissent (le prél'érence pour s'indigner contre ces Françaises ([uî ont assez peu de i-clcnue pour boire du vin à table...

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