‹ Yankees et CanadiensChapitre 28 sur 42 · I.A lAMII.I.i: AMKniCAINK · texte numérisé non relu

I.A lAMII.I.i: AMKniCAINK

OM deux conseils cl il le prie de vouloir bien ne plus coiiijjler sur sa ramille. '< (îu icesl , nuj hoi/. Mon garçon . va dans Touesl . • lui di(-il. el eelui-ti fait son paquet et va elierelier fortunt' dans les mines de la (Californie.

Parfois cependant le père se ci'oit obligé de faire davantage; et aloi-s. tout en gardant son fils près du foyer, il le place dans un bon magasin de nouveautés, dans un excellent débit de charbon, ou dans cpiclquc pharmacie pleine dinenir. In diplomate américain (pii a été accrédité auprès des principales cours de IKurope rentre dans sa ville d'origine; si son fds est d'âge à tra\ ailler, il se souviendra de la jeunesse dorée de Paris ou de Sainl-I'élei'sbourg, el il sollicitera pour le jeimc homme une place derrière un com[)toir, dans un magasin d'épicerie en gros. Tel lils du plus illuslie avocat de la ville sera confié au Boucicaut de l'endroit et ira, au rayon de la soierie, mesurer du rul)an. Humilié, le jeune homme? Mais nullenicnl. Il se dira <|ue le patron est millionnaire, cpi'il lui fandia bientôt (juitter le magasin , (|u'il aura des chances de lui succéder. El de fait , nombre de jeunes hommes sont ainsi devenus membres associés de maisons dans lcs(|nelles ils étaient entrés simples employés, et ils sont aujourd'hui sur le chemin de la fortune.

\on seulement les jeunes gens sont obligés de pourvoir à leurs besoins personnels, maisencoi-e la loi leiu' enjoini de payer cluupie semaine, à leur père, une somme de (piatre dollars jjour leur nourriture. Le surplus de leur gain est toujours abandonné pour leurs menus plaisirs.

(!el usage qui chocjuei'ait tant de |)ai'ents français se

poursuit d'ailleurs toute la vie. Plus- lard, quand le fils est marié, établi, et à la tête de quelque grande usine, s'il revient passer quelques jours à la maison paternelle, on lui fait fête, on raccueille avec toutes sortes de manifestations joyeuses et bruyantes; mais, la veille de son départ , il trouve à table, sous sa serviette, la note de ce qu'il doit payer pour ses frais de séjour. Que voulez-vous ? « Les affaires sont les affaires, » même en matière d'éducation. Le grand principe qui domine toute l'éducation américaine semble être celui-ci: « Les parents se sont débrouillés tout seuls; que les enfants fassent de même ! »

Mais, pour cela, on n'hésite pas à leur laisser la plus entière liberté. Depuis le jour où il va à l'école, on peut dire c[ue le petit Américain est émancipé : il va où il Acut, fait ce qu'il veut, rentre quand il veut. Le seul conseil que lui ait donné son père est qu'il n'a de comptes à rendre à personne. C'est ce que les Anglais appellent le self-conlroU, c'est-à-dire le gouvernement de soi-même.

Je ne voudrais pas jurer que ce système soit sans défaut. Mais, h tout prendre, j'estime que les avantages l'emportent encore sur les inconvénients, et que rien ne vaut une pareille méthode pom* former des citoyens libres et pour tremper les caractères.

Page 1