‹ Yankees et Canadiens [microforme]Chapitre 37 sur 70 · LES DOMINICAINS DE SAINT-HYACINTIIE · texte numérisé non relu

LES DOMINICAINS DE SAINT-HYACINTIIE

trop admirer, c’est le désintéressement avec lequel ils remplissent leur tâche : en fait de traitementils touchent cent francs par an! Il va sans dire que la maison se charge de tous leurs frais, et que, devenus vieux, ils scront assurés d’une retraite honorable.

Au moment où je me trouvais à Saini-Hyacinthe, les esprits élaient passionnés par le projet Masson qui allait être discuté au Parlement et par lequel il était question d'imposer aux congrégalions enseignantes la nécessilé du brevet. Je crois bien que de part et d'autre on manquait d'impartialté et de sang-froid dans cette discussion. Pour mon compte, je scrais assez porté à croire que ce projet de loi serait très favorable à l'enseignement canadien.

Les membres des congrégalions religieuses scraient peut-être un peu embarrassés au début pour satisfaire aux exigences de la loi; mais ces difficultés seraient de courte durée. Au bout de peu de temps, les congréganis(es seraient en possession de leurs brevets aussi bien que Iles instituteurs laïques, et comme nul ne conteste leur supériorité en matière de dévouement, les succès qu'ils obtiendraient tourneraient en définitive à l'honneur de l'Église catholique.

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Un Frère élégant. — Physionomie de Boston, — Engouement pour la science. — La métropole des Universités américaines. — L'éducation à Harvard. Triomphe du foot-ball. — Entrée libre! — Un cimetiére

bostonien.,

C'est de Montréal que je me rendis à Boston, l'Athènes des Etats-Unis. Comme je fis pendant la nuit le trajet qui sépare les deux villes, je ne pus me rendre compte de la physionomie du pays que je traversais.

Le seul souvenir que j'aie gardé de ce voyage, c’est qu'en quittant le Canada, — il était dix heures du soir et on allait se coucher, — le train fut envahi par une armée de douaniers. Fort heureusement ils se montrèrent polis: après avoir enregistré les déclara- Lions des voyageurs ils se relirèrent sans avoir fouillé personne.

Autant j'avais été choqué de leurs procédés en arrivant à New-York, autant, ce soir-là, je les trouvai

convenables et pleins d’égards. Je ne sais même pas 5 |

Lrop si les douaniers français se seraient tous com-

portés avec cette délicatesse.

Grâce à une bonne couchette d'en bas qui me fut octroyée dans le slecping-car, je pus me reposer comme dans mon propre lit.

J'avais pour voisin d'en face un gentleman fort distingué , portant un costume d'une fraîcheur et d’une élégance parfaites, parlant indifféremment l'anglais et le français et qui, très obligeamment, se mit à ma disposilion pour tous les bons oflices qu'on se rend entre voyageurs, lorsqu'on est à l'élranger. Je causai assez longuement avec lui; je fus frappé de la variété de ses connaissances et en même lemps de la rare indépendance d'esprit avec laquelle il Jugeait les hommes et les choses d'Amérique. Quel ne fut pas mon étonnement et ma Joie lorsque J'appris que c'était un simple Frère de la Doctrine chrétienne !

Le lendemain matin, quand on se réveilla, on avail effectué la majeure partie du trajet. Après la Loilette faite, on se mit à observer le pays; les terres étaient bien cultivées et les maisons devenaient plus fréquentes : on se sentait dans le voisinage d'une grande ville. En ellet, vers neuf heures, nous arrivions en ware de Boston. Le Frère et moi nous nous précipiâmes vers le restaurant le plus proche de là gare : déception cruelle, c'était un établissement de tempérance ! Nous étions condamnés à l’eau glacée. Mais 1l y à des accommodements avec la vertu américaine comme avec le ciel: sur nos instances réilérées, Île patron nous fil servir une bouteille de cidre el nous pûmes nous restaurer sans (trop de dommage pour notre estomac.

Le repas terminé, on se sépara et chacun se mit à visiter la ville.

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