‹ Yankees et Canadiens [microforme]Chapitre 40 sur 70 · D PE ANT D PAG AG PU NT)L · texte numérisé non relu

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versité, de nombreuses et très coquettes maisons, habitées par les professeurs. EE si enfin on veut bien se représenter une population de deux ou trois mille adolescents où jeunes gens, courant librement à travers ces bois et ces pelouses, assistant aux cours, faisant du canotage et du cheval, ou se livrant aux douceurs du foot-ball, on conviendra qu'une université de ce genre est tout un monde, ne ressemblant en rien à no: facultés si étroites, si mesquines et d’allure si administrative.

De tous les bâtiments d'Harvard, celui qui attire le plus Pattention, c’est le Memortal-Hall; il a été élevé par les anciens élèves à la mémoire de ceux de leurs amarades qui ont péri dans la guerre de Sécession ; c'est une fort belle construction en briques rouges, dominée par une superbe coupole qui lui donne de loin l'aspect d'une église. À lintérieur sont d'admi- ‘ables boiseries dessinées en ogives, et dans les arcalures desquelles on à placé des tables de marbre noir, contenant les noms de ceux qui sont morts. Audessous de ces nombreuses listes je relève cette tou-

chante inscription :

Optima hive es! consolalio parentibus Quod tanta Reipublicæ præsidia genuerunt.

« Ce doit être la meilleure consolation des parents, de penser qu'ils ont donné de si vaillants défenseurs à la République. »

Tout à côté de cette vaste salle, dont le caractère religieux et funèbre est si saisissant, et qui est riche-

ment décorée de vitraux, de rosaces cet de drapeaux,

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se trouve une autre salle non moins vaste, mais qui a une destination moins héroïque : c'est le réfectoire, qui est aménagé pour huit cents élèves. L'unilformité est loin de présider aux agapes de ces jeunes gens. Dans ce pays où la liberté n'implique pas toujours l'égalité, chacun s'arrange comme il veut, sûr de ne choquer personne et de n'éveiller aucune jalousie. Les élèves se groupent donc par corporation, suivant les ressources dont ils disposent ; ils fournissent une cotisation qui n’est jamais inférieure à quatre dollars par semaine, ils choisissent un cuisinier et ils règlent cuxmêmes leur menu comme ils l'entendent. Il v à parfois une énorme c'érence entre le régime de deux tables voisines ; ici on fait maigre chère, là on sable Ie champagne et l'on savoure les mets les plus délicats: personne ne s'en plaint ; c'est à chacun de savoir se contenter de ce qu'il a.

Le long des murs, on remarque les portraits des anciens professeurs ou des Américains célèbres qui ont été élèves d'Harvard. Ces bustes et ces tableaux sont, pour cette jeunesse, un exemple et un encouragement dont je ne nie pas l'efficacité ; Je me demande seulement s'ils ne seraient pas mieux à leur place ailleurs que dans un rélectoire? Jai visité également la salle de théâtre, qui sert non seulement pour les représentalions dramatiques, mais encore pour loutes les grandes solennités académiques. Elle est, comme loutes les autres, ornée de belles boiseries et éclairée à la lumière électrique. Au-dessus de la scène, je lis en gros caractères la devise de l'Université : Chrislo el Ecclestæ. Pour l'Église et pour le Christ.

Cette devise prouve que l'éducation religieuse n’est

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pas négligée à Harvard. Il y à, en effet, une vaste église, située à peu près au centre des bâtiments, et qui est fréquentée le dimanche par les élèves qui appartiennent aux différentes sectes protestantes. Ils jouissent du reste d'une pleine liberté pour tout ce qui touche au culte, et ils peuvent aller individuellement dans telle église de la ville qui leur fait plaisir. Mais si la plus large tolérance est de règle, de manière à respecter complètement la liberté de conscience, l’administration universitaire entend bien ne pas se désin- Léresser des choses religieuses. Ainsi, chaque année, elle fait venir des oraleurs de renom qui son chargés de faire devant les élèves une ou plusicurs conférences sur la Révélation ; ces conférences sont extrèmement suivies. Tout dernièrement loratcur qui a été choisi pour faire ce genre de prédication était M“ Keane, recteur de luniversié catholique de Washington. Il paraîl que son succès a été immense. Ce prélat passe pour être encore plus éloquent que ME" freland, le célèbre archevêque de Saint-Paul.

Je n'ai pas le temps de donner ici une description complète de fous les bâtiments dont se compose luniversité d'arvard : il faudrait parler de la bibliothèque, vaste construction en forme d'église , qui contient de (rois à quatre cent mille volumes; de la faculté de médecine, de celle de droit, de l’école dentaire ; il faudrait aussi parler des musées et des vingt autres palais qui ont été construits pour répondre aux besoins multiples des élèves. Qu'il me suflise de dire que j'ai été frappé de la bonne tenue et du confortable qui règnent dans les amphithéâtres et les salies de confé-

rences. Chaque élève a une petite table et un siège

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fixés au sol, et ous ces pupitres rangés en demi-cerele m'ont paru être le dernier mot de la propreté, de l'élégance et de la commodité.

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Les exercices physiques sont, naturellement, fort en honneur à Harvard: aussi le gymnase mérite -t-1l une mention loute spéciale. Je n'ai jamais rien vu qui fût organisé avec une parcille entente des détails. Tout autour de la salle sont de petites cabines dans lesquelles entrent les élèves au début de la séance, pour

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