Û % [IR
quitter leurs vêtements et revêtir leur maillot et leurs flanelles. Chaque cabine est munie d'un lavabo, de brosses et d'éponges, de manière que les enfants puissent faire une loilette complète à la fin de leurs exercices.
La salle où ils manœuvrent est tellement vaste que plusieurs centaines d'élèves peuvent y évoluer ensemble; la piste qui longe les murs équivaut au sixième du mille, soit un peu plus de trois cents mètres.
Les agrès de gymnastique sont innombrables : partout des cordes lisses où à nœuds, des trapèzes, des perehes, des barres parallèles et de véritables collecions d'haltères. Un médecin préside aux différentes manœuvres ; c'est lui qui indique à chacun les exercices qu'il doit faire pour développer tel ou tel membre, ou pour remédier à telle ou telle faiblesse , et quand tout est terminé, c'est encore lui qui veille à ce que Îles élèves soient épongés, frottés et vêtus dans les meilleures conditions d'hygiène.
Dans une petite salle d'honneur, qui se trouve tout près des appareils de gymnastique, on a collectionné les photographies des élèves qui ont été vainqueurs dans les différents matchs, et en même temps on a mis sous vitrine les balles, les gants et les raquettes qui ont été les instruments de la victoire. À vrai dire, il ma semblé que tout cela sentait un peu trop le cabotinage, et je me suis demandé si ce n'élait pas ce fâcheux exemple qu'on avait imité en France en appelant l'attention publique, comme on la fait, sur les différents sports que praliquent nos écoliers. Il est excellent et même indispensable qu'on se préoccupe
de l'éducation du corps comme de celle de l'âme. Mais on dépasse certainement le but quand on donne à ces exercices physiques une publicité et une prépondérance que n’obliennent pas les exercices intellectuels.
L'université d'Harvard est prodigieusement riche ; les fondations diverses dont elle bénéficie mettent à sa disposition un revenu de plus de cinq millions de francs. Scs ressources sont telles, qu'elles permettent de diminuer de moitié le chiffre de la pension des élèves. Il en résulle que, pour une somme relativement restreinte, les enfants peuvent y recevoir une éducation libérale fort soignée.
Eufin, ce qui a excité chez moi un profond étonnement, c'est que, dans ces différents bâtiments, il n'existe pas un seul gardien : le publie y entre librement ; il visite comme bon lui semble les salles et les collections, sans courir le risque de rencontrer à chaque porte un monsieur galonné qui vous dit :
« On ne passe pas ! »
En France, pour un édilice moins considérable, nous aurions une nuée de concicrees, d'huissiers et de gardiens ; en Amérique, les objets artistiques les plus précieux sont, comme les crocodiles de notre jerdin des Plantes, placés « sous la bonne for et la protection du publie ». Décidément je crois que lorsqu'il s'agit de liberté, les Américains sont nos maitres, el, à cel égard, nous aurions beaucoup de choses à leur emprunter.
Outre son université, la petite ville de Cambridge possède deux curiosités qu'un louriste ne doit pas négliger.
C'est d'abord l'ormeau sous lequel s'est placé
DC
Dee miss CCE SRE Re
(l ul r | à , Ë |
LS
| f | Ur LE |
DETTE doom
EI à
Washington, le 3 juillet 1775, pour prendre le commandement des troupes américaines. On à protégé l'arbre par un cercle de tôle et par un banc de pierre qui contourne le tronc. Un peu plus loin, on montre l'église que fréquentait le grand homme. Je comprends le respect et la vénération dont les Bostoniens entourent ces deux monuments. Un peuple s’honore toujours quand il garde intact le culte du passé.
En sortant de Cambridge pour revenir à Brighton on me fil visiter l'autre curiosité de la ville, je veux dire le cimetière. Il est difficile de rien imaginer de plus gracieux. Évidemment, pour les Américains, la mort n'a rien de lugubre. J'avais déjà rencontré, au cours de mon voyage, des enterrements dans lesquels je n'avais pas été peu surpris de voir de fort Jolies toilettes et des robes rouges, bleues où couleur lilas. Mais la vue du cimetière de Boston ajouta encore à mon étonnement. À vrai dire, ce n’est pas le séjour de la mort, mais l'une des promenades les plus riantes ct les micux fréquentées de la ville. Les pelouses gazonnées, les lacs et les quinconces y sont savamment disposés pour l'agrément des yeux. Partout aussi des tombes fort soignées, bordées de buis et couvertes de fleurs. On me montre en passant le monument du poète Longfellow, sur lequel je relève cette inscription :