CHAPITRE Il
Visite de la Santé et de la Douane, — On débarque. — La vertu des fonctionnaires. — Les rues et le Métropolitain. —- Le Pare central. — La cathédrale catholique.
Le lendemain matin tout le monde se lève de bonne heure. Impossible d'ailleurs de faire la grasse matinée, alors même qu'on en aurait envie. On entend partout, dans les couloirs et dans les cabines voisines, un bruit confus de caisses qu'on cloue, de malles et de valises qu'on traîne jusqu'à l’entrepont. et, à moins d'être sourd, il ne faut pas songer à continuer son somme au milieu de tout ce remue-ménage.
Dès qu'on a fini sa toilette et préparé ses bagages, on monte sur le pont pour jouir du coup d'œil. Après huit jours passés sur l’eau, on est avide de revoir la terre et elle est là, devant soi, à quelques milles.
A droite, on découvre les plages de sable fin de Long Island; puis, toujours dans la même direction, on aperçoit le pont gigantesque qui relie New-York, à Brooklyn.
En face s'étend la ville de New-York, dont on ne voit guère que la pointe méridionale appelée la Balte-
rie, et à gauche apparaît Filot sur lequel on à placé la statue de la Liberté, œuvre du sculpteur français Bartholdi. La statue est énorme; mais elle est, vue à cette distance, d'un effet assez maigre. Ce n’est qu'en passant tout près, qu'on se rend compte des mérites arlistiques de ce monument. Ce que les Américains, paraît-il, aprécient le plus dans ce présent de la France, c'est le phare qu'ils ont installé au sommet de la torche que porte la Liberté. Elle n'éclaire pas tout à fait le monde, comme l'indique le titre pompeux qui lui a été donné; mais, la nuit, au milieu du vaet-vient des bateaux qui s'entrecroisent, sa lumière électrique est fort appréciée des capitaines et des pilotes.
Cependant la Touraine s'est arrêtée : on attend la visite de la Santé. Un médecin officiel arrive, et, après un colloque d'une minute avec le médecin du bord, il délivre la libre pratique.
Celle fois on va pouvoir se mettre en route cet accoster. Erreur! Après quelques minutes de marche, notre navire s'arrête de nouveau; on attend la douane.
En effet, une heure plus lard, arrivent quelques messieurs galonnés qui s'installent aux extrémités des ables, dans la salle à manger, et c'est devant ce tribunal improvisé que doivent défiler les voyageurs.
La scène est d'une solennité bouffonne. Vous vous présentez devant l'officier de douane, qui, après vous avoir interrogé sur votre nom, votre âge, votre lieu de naissance et le but de votre voyage, vous demande combien vous avez de colis, de quelle nature sont les objets que vous apportez et mille autres choses plus embarrassantes les unes que les autres.
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