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NEW-YORK at
droits s'ils ne viennent pas exercer ici leur lucrative industrie.
Il s'agit maintenant de faire visiter les bagages par la douane. Vous allez trouver un officier supérieur qui siège devant un bureau; il cherche votre feuille de déclarations et la remet à un douanier subalterne qui va être chargé d’inspecter vos ellets. C'est de lui que dépend votre sort; vous avez donc tout intérêt à le ménager.
De deux choses l’une : ou bien vous avez dans vos malles des objets soumis à l'impôt, ou bien vous n'avez rien.
Dans le second cas, laissez faire, laissez bouleverser vos vêtements et vos chaussures : vous en serez quitte pour y remettre de l'ordre.
Mais si vous avez cu l’imprudence de venir en Amérique avec des vêtements neufs, avec des dentelles, des liqueurs, ou tout autre objet frappé d’un droit, résignez-vous à faire un sacrifice. On dit que quelques dollars adroitement glissés dans la main, ou délicatement placés dans un coin de la malle, ont la vertu de désarmer le farouche inquisiteur; mais encore faut-il que la somme en vaille la peine, et qe la chose soit faite discrètement.
Certains voyageurs y vont plus rondement.
« J'ai tant de colis, disent-ils au douanier. Il y à vingt dollars pour vous (cent francs) si vous Îles laissez passer.
— Votre carte, » répond l'employé.
Vous la lui remettez, et il y inscrit, en même temps que votre adresse à New-York, le chiffre que vous avez vous-même fixé.
Cela fait, il ouvre, pour la forme, une malle et la referme aussitôt en disant: All right!
Seulement, le lendemain malin, vous êles encore au lit et Tout à la Joie de vous reposer des faligues de la traversée, lorsqu'on frappe à votre porte. C’est le douanier de la veille qui vous rend visite, Il vous présente votre carte el vous réclame la somme promise. Nalurellement vous n'avez qu'à vous exécuter.
Vous saurez maintenant à quoi vous en tenir sur Ja vertu des fonctionnaires américains. Que voulez-vous! Pensez que tous ces pauvres diables seront révoqués au prochain changement de gouvernement. Is le savent; aussi sont-ils obligés de profiter du temps où ils sont en fonctions pour assurer leur avenir. S'ils se laissent corrompre, c'est moins leur faute que celle des institutions.
A quoi bon, se disent-ils, être vertueux comme Caton, quand tout le monde autour de nous se crée des ressources de cette manière?
Ce que je dis là n'est pas pour les excuser, mais pour expliquer la corruption universelle qui règne, du haut en bas, dans toutes les administrations. EC dire que ces gens-là ont rougi de honte quand ils ont su qu'en France quelques députés avaient reçu de largent du Panama...
Vous voilà donc sorti des mains de la douane. Il vous faut une voiture pour vous conduire à lhôtel. Un commissionnaire Joqueleux ira vous en chercher une. Mais n'oubliez pas de faire votre prix à l'avance. Sinon, pour un trajet de deux ou trois kilomètres, vous ne vous en lirerez pas à moins de vingt francs. En débatlant vigoureusement le prix, J'ai réussi à
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