LJ
ch (2)
où
cf>
Cs
kli
aï, éi
(1) Toujours dur, uiêuie entre deux voyelles : Ilasun se prononce llaçan.
(2) Keprésenté par sk dans les textes anglais, par sch dans les textes allemands; mais rien ne légitime cette dernière transcription dans un texte français. Notre groupe ch rend parfaitement le ^ sans qu'il soit nécessaire de recourir au groupe sch qui suivant l'expression de M. dk Slane «est trop tndcsque^.
Nous rendons toujours ^\ par hen même au counaenccmeut des mots, au lieu de ihn (ju'il faudrait alors régulièrement : Ben 'Adl. Nous avons même été sur le point d'adopter ])our notre philosophe la dénomination de Bénadi ijue l'on trouve déjà dans les anciens catalogues.
L Manuscrits de Yahyâ ben 'Adî.
Nous connaissons scise manuscrits de Ben *Adî ainsi répartis dans les bibliotlièques d'Europe : six à la Bibliothèque Nationale, neuf à la Vaticane, mi à la Bibliothèque Royale de Munich. (^1)
Certains contiennent ce que nous appellerons les Grands Traités de l'auteur c'est-à-dire le traité de la Trinité et le traité de ITncarnation en réponse aux objections d'Aboû *Isâ-al-Ouarrâq; les autres manuscrits donnent des traités de moindre étendue que nous grouperons sous l'appellation générale d'Opuscules.
Pour faciliter les références, chaque manuscrit sera désigné par une lettre capitale.
A. Paris 167; 248/251 feuillets. (2) Dimension 25X18; 17 lignes par page.
2'exte des Grands Traités. Sur la tranche du livre nous lisons le titre : Questions d'Aboû 'Iséi et réponses du maitre
(1) Voir plus loin, p. 31, ce que nous disons du uianusorit d( Florence, n" G8 de la Bibliothèque Palatine de Médicis.
(2) Voir page 16. note 2, la raison de cette double i)aginati()u.
14 YAUYÀ BEN 'ADÎ.
Yahyâ heu ''Ad't (1). Mais le titre du Diême ouvrage varie avec les manuscrits. Ainsi D, également de Paris, porte : lléfntation du livre d'Aboù 'Isa sur les ]}rincipes de la religion, la Trinité et V unité [de Bien] (2).
Le premier feuillet manque. La date du manuscrit, le pays d'origine et le nom du copiste sont indiqués dans le coloplion du folio 251 : «Ici finit la copie exécutée sur le manuscrit original qui est un très vieux manuscrit en écriture de l'Iraq. L'humble Joseph ben Kou'il fils du prêtre Georges fils d'Abou Bekr, surnommé Anbâ Michel évêque de TouvvA et de TantanA (3), devenu moine au monastère de Saint Jean a transcrit le présent manuscrit de sa main et pour son usage personnel. Il a terminé cette copie au monastère de Saint Philothée à Birkat-el-Habach (= près du lac des Abyssins) (4), dans la banlieue du Caire la bien gardée, le mercredi 24 de Tout (Septembre), 944 de l'cre des Martyrs qui correspond au 8 de Chaouâl 624 de Vhégire». (1228 de J. C).
« Ce manuscrit et l'original ont été collationnés avec tout le soin possible, grâce au concours du maître et père saint, le distingué, le docte, le spirituel prêtre Anbâ Dâoud; que Dieu garde ses ouailles et qu'il nous accorde la
(1) 3^- Cy. C5
(3) M. DE Slake (Catalogue des manuscrits arabes, ]). 41) a lu \jj^; le manuscrit porte Ux^L (luil faut bien lire LLX^ comme l'a fait Mai dans E : episcopus Tuae et Tantanae (in .Egypte inforiore), Cat. IV, p. 258. Yàqolt, T. III. p. 550, donne la forme Ui;Uiï. — Gams, p. 460, indi(jue l'évéché de Touvvâ, mais non de Tantanâ.
(4) Voir sur ce (piartier : P. Casanova, lEssai de reconstitution topographique de Foustât, T. I. fasc. III dans Mémoires de VJnstitut Français du Caire, T. XXXV. — Au lieu de àSy, Mai a dû lire à^^ et il traduit: in solitudinem Habissinoj-um, p. 258. Notre manuscrit rcrit -,:LJ>.\ au lieu de -c;^i.\ .
BIRLIOGUAI'lllE. 15
bénédiction de ses prières, Amen. — Au monastère déjà nommé.» (1)
Ce magnifique manuscrit très correct, d'une exécution parfaite, nous offre la copie la plus ancienne que nous ayons des Grands Traités de Ben 'Adî, et, s'il est vrai qu'il ait été fait sur l'original de l'auteur, il faut convenir que peu d'ouvrages anciens nous ont été transmis par une voie aussi sûre. De temps en temps, des corrections marginales écrites de la même main redressent une leçon fautive ou réparent des omissions insignifiantes. Il y a tout lieu de croire que ces corrections ont été faites par Joseph ben Kouîl lorsque, aidé de Anba ben Dâoud, il revisait sa copie sur le manuscrit original.
B. Vatican 114; 249 feuillets. Dimension 26X18; 17 lignes par page.
Manuscrit tout à fait semhlahle au précédent auquel il correspo}ul ligne par ligne; môme écriture; les corrections indiquées en marge de A ont été ici insérées dans le texte qui a dû parfois être resserré pour maintenir la concordance des lignes entre les deux manuscrits; preuve évidente que B est bien une copie de A exécutée sans doute par le même scribe.
j.^ii.\ à^,^^^s>.À} à^Ls^. l^lij /jXll As-L^w.^)! i^A ^\ (yà'U* iis;^
^^ -j.^LXij ^è^Sl^^Jl A^iji^l A^^m^Xj <^jl.^J»..M,*.Jtt ^«Oli.la ?-^ y à-^'*^
16 VAHVA BEX 'ADÎ.
Il manque les deux derniers feuillets (1). Les folios 250 — 251 de A suppléent ;i cette lacune, comme les folios 1 et 2 de B suppléent aux folios 1 et 2 disparus dans A (2).
La date du manuscrit a disparu avec ces deux derniers feuillets, mais les indications précédentes permettent de l'attribuer à la première moitié du XIII" siècle, et non au XV' comme le conjecture le catalogue de Mai (p. 233).
C. Vatican 113; ll'S feuillets. Dimension 245X164; 19 lignes par page.
Texte des Grands Traités. Travail très soigné; l'un des nombreux manuscrits orientaux dont J. Assémaxi a enrichi la Bibliothèque Vaticane.
«La transcription de ce livre, nous dit le colophon, a été achevée le vendredi 22 du mois de Toiihah (Janvier) de Van 946 des Martyrs (1230 de J. C.) au monastère de Saint Antoine Abbé, à Arbeh en Egypte» (cf. Mai p. 233). Ce manuscrit est donc presque aussi ancien que A.
H) La dernière ligue de B. f. 249" est exaotenK'iit la dornirre ligne de 4249 ''/246'^ dans A :
(2) Le texte commence au folio 2 dans B. Cela fait donc en réalité une lacune de deux pages dans A (l'équivalent de B fol. 2. recto et verso). Avec la pagination actuelle A fol. 1 correspond à B fol. 3. Mais la pagination en caractères coptes de A est celle de B. Pour que les nombreux renvois que nous faisons au cours de ce travail s'appliquent uniformément à A et à B, nous avons adopté, pour A, la pagination primitive copte. Le fol. 1 de la pagination actuelle devient fol. 3 dans nos références; 6 devient 8. Un folio n'avait pas été numéroté entre 6 et 7, ce folio devient 9, et, dès lors, 7 devient 10. Cetie différence de 3 se maintient jusqu'à la ftn. Ainsi, par exemple, l'indication A fol. 56 s'applique pareillement à B fol. 56; mais elle renvoie, dans A. au folio 53 de la pagination actuelle.
D. Paris 168; 285 feuillets. Dimension 250X165; 17 lignes par page.
Texte des Grands Traités.
Quand on consulte ce manuscrit à la Bibliothèque Nationale, on admire tout d'abord sa magnifique reliure où sont gravées en or, au dos et sur le plat, les armes de France et le double L entrelacé de Louis XIV. Sur le dos, en lettres d'or, le titre : Traité de Théologie chrétienne] sur la tranche, le titre arabe que nous avons déjà indiqué à propos de la description de A. Le manuscrit lui-même n'est pas indigne de cet extérieur; beau papier, écriture grosse et très lisible, texte d'une correction remarquable. Détail qui n'a pas été signalé dans le catalogue dressé par DE Slane : ce manuscrit appartient à deux époques dilTérentes; les feuillets 138 — 178'', 189 — 268 et le dernier, 285, c'est-à-dire près de la moitié du Ms., sont prohahlement du XIIT siècle, on du XIV'. C'est donc seulement à l'autre moitié, d'une écriture plus anguleuse, que s'applique le colophon ajouté de la même main au folio 285, et qui donne la date 1S02 des Martyrs, (1684 de J. C).
«Ce manuscrit, nous dit encore le colophon, a été coUationné sur un exemplaire du monastère d'Arbeh daté de Toubah de l'an 946 des Martyrs. » Il s'agit donc, à n'en pas douter, du manuscrit précédent C. Cf. Catalogue, p. 41.
E. Vatican 133; 572 feuillets. Dimension 136X091; 12 lignes par page, relié en deux volumes : T. I, fol. 1 — 287'', T. II, fol. 288-572\
Texte des Grands Traités.
IVIanuscrit fortement détérioré par l'effet de son encre corrosive qui en faisait tomber les feuillets en lambeaux. On a dû, pour les protéger, les revêtir d'un papier jadis transparent, aujourd'hui jauni, qui rend la lecture très difficile.
Le colophon de A est reproduit textuellement, fol. 168, et ainsi complété : « La transcription de ce manuscrit a été
rérier. 2
18 ^ AljVÂ J5KX 'ADÎ.
achevée le lô du mois de Babeh 1029 de Vhre des Martyrs qui correspond au 11 de Joumàdù second, 712 de Vhrgire, (131H de J. C.) par riuimble serviteur de Dieu MattA-l- I.Iosnî. »
Mais cette date 1029/1313, reproduite dans le catalogue de Mai, ne saurait convenir au Ms., car la nature de l'encre corrosive et la qualité du papier vergé ne sont pas antérieurs au XVP siècle. (1) D'ailleurs, le colophon se poursuit pendant deux pages encore après le nom de Mattâ - 1 - Hosnî ; et si le papier protecteur ne rendait la lecture impossible, on y trouverait, sans doute, Tage exact du manuscrit. Nous devons donc conclure que E est une copie du manuscrit daté de 1313. lequel, à son tour, est une copie faite directement sur A de Paris. 1 2)
F. Vatican 115; 295 feuillets. Dimension 273X185; H lignes par page.
(1) Nous devons la précision de ces détails technitiues à l'obligeance de M. TissERANT qui attribue le Ms. au 17' siècle, sans e.\clure absolument la fin du 16*.
(2) Il y a deux parties très distinctes dans la finale de E (jue traduit Mai dans son catalogue, p. 258 : V, le colophon do Taris 167 et 2". l'addition qu'y t'ait, pour son compte personnel, le C()i)iste du manuscrit intermédiaire entre A et E. Faute de connaître A, Mai les a confondues, et il en est résulté (jucl(pies légères inexactitudes inévitables : le colophon de A est attribué au copiste du Ms. intermédiaire ; le Ms. très ancien, l'original de Ben 'Adî, en écriture de rira(|, reproduit par Joseph ben Kouîl, est devenu le propre travail de ce .Josei)h lien Kouîl : « in ejus dausula, fol. 168 (il faut lire 568) haec a calligrapho. adnotata reperies : exl)licit (|uod inventum est in apogra])ho. unde hic codex descriptus. Dicitur autem illud esse peranti(juuni, araconsiltus littcris exaratum a Josepho filio Chavaili . . . eto
A noter enfin cette indication insi'rèe i)ar le copiste du Ms. intermédiaire, dans sa transcrii)tion du colophon de A : Dâoud (ou David) (pli avait aidé à collationner le Ms. A devint patriarche (il fut i)atriarche d'Alexandrie du 17 juin 1235 au 10 mars 1243; Mai, p. 259) et il sacra évOque Josejih ben Kouîl, le copiste de A.
lilDLlOGKAPlIIE. 19
Ce manuscrit contient P un texte aljrfgé des Grands Traites] ^^ quel([ues Opuscules de Ben 'Adî et 3° des traités d'autres auteurs. Nous n"indi(iuons que les traités de Yahyâ.
Fol. 1 — 159. Texte abrégé des Grands Traités. (1)
Fol. 159^ — 169\ Traité du célibat. (2)
¥o\. 169' — 179. Béimnse à trois questions sur le même sujet qui lui furent posées au mois de Moharrem 353. (3)
Fol. 193 — 209. Dissertation sur V Tncarnation contre les Nestoriens. — Sans titre et sans nom d'auteur; mais le traité est bien de Ben 'Adî, ainsi que l'indique la réponse de Cyriaque (4) qui suit immédiatement, (fol. 210—219). Et, d'ailleurs, un fragment du même traité, avec le nom de Yal.iyâ ben 'Adî, nous est conservé dans M, fol. 30 — 32, (voir plus loin, page 24).
Fol. 219 — 235, Apologie de Yahyâ ben 'Adi. Il défend ses ouvrages contre un certain Egyptien qui y avait relevé beaucoup de contradictions.
Fol. 235" — 269. Même sujet, sous forme de liéjwnses à dix-sept questions — la septième manque — que lui avait posées le même Égyptien.
Au folio 164, nous lisons ce colophon : «Tel est l'ouvrage que le diacre Sa'îd s'est chargé de transcrire; cette copie a été achevée le 26 du mois de Barmoudah (Avril) de Van 976 (5) des 3Iartyrs», (1260 de J. C). (Cf. Catalogue, page 234).
G. Vatican 141; 142 feuillets. Dimension 153X100. Le nombre de lignes est très variable : de 21 à 33, dans la partie qui contient l'œuvre de Yahyâ.
(2) Se trouve également dans Vat. 134 J. fol. 117—131.
(3) La première moitié de ce traité est encore dans Vat. 134 J, fol. 131-143\
(4) Voir sur ce personnage: Asskmani, B. or., III, p. .518.
(5) Le catalogue de Mat dit par erreur 9GG.
20 VAflYÂ BEN 'ADI.
Les folios 91 — 119 nous donnent un texte abrégé du Traité de la Trinité, c'est-à-dire de la première moitié des Grands Traités.
Quelques titres seulement et certaines reprises du dialogue sont en caractères arabes; le texte lui-même est transcrit en caractères carchounis ou syriaques. II diffère du texte abrégé que nous lisons dans le manuscrit précédent.
Date probable : XVT siècle. (Cf. Catalogue, p. 266).
H. Paris 169; 98 feuillets. Dimension 205X145; de 18 à 21 lignes par page.
De fol. 2'' à 51, ce manuscrit contient don^e Opuscides, dont le titre est donné plus loin, p. 68, dans la liste générale des ouvrages de lien 'Adî.
Elégant petit volume, d'une écriture fine et très soignée, mais malheureusement fort incorrect.
Le folio 1' est orné d'une croix dorée portant, aux quatre angles, les deux premières lettres des mots "Irjaoîç XQiavoç vlàç Qeov. Sur le piédestal est inscrit le mot Osmlovyog (sic).
Voir encore notre Introduction aux Pefits Traites apologétiques de YaJiyâ heu '^Adi.
Date : 23 Safar 1064 de Vhégire, (1654 de J. C.j. Cf. Catalogue, page 41.
J.Vatican 134; 143 feuillets. Dimension 157X120; 12 lignes par page.
Texte abrégé de trente trois Opuscules de Yahyâ ben 'Adi. Nous trouvons tout d'abord les douze traités de H de Paris, et ensuite une vingtaine d'autres (1), dont quelques uns tiennent dans une page. Le manuscrit a perdu les premiers et les derniers feuillets. Le texte commence, fol. 2, au milieu du Traité de Vunité (2) et est interrompu fol. 143'
(1) Voir les titres plus loin, p. 68 — 72.
(2) Cela fait supposer la ))erte des dix premiers feuillets.
BIBJ.IOGRAPHIE. 21
vers le milieu du traité intitulé : liéponse à trois questions qui furent posées en Moliarrem 853] (traité déjà vu dans F.). C'est, sans doute, le plus soigné des manuscrits de Ben 'Adî pour l'exécution calligraphique; les lettres sont munies de leurs points, les mots sont abondamment vocalises, le texte est très correct. L'élégance de l'écriture nous paraît être de la première moitié du XIII' siècle, plutôt que du XIV'' qu'indique le catalogue de Mai, (p. 259).
K. Munich 94 8 (242 ">) ; 193 feuillets. Dimension 230 X 1 70 ; 18 lignes par page, dans la partie qui contient l'œuvre de Ben 'Adî.
Assemblage, sous une même reliure, d'écrits disparates, (1) tous incomplets, et transcrits à des époques différentes.
Les Ojjuscules de Ben 'Adî, fc.de abrégé., identique a celui du manuscrit précédent, (nous avons relevé à peine cinq ou six variantes insignifiantes), occupent les folios 51—122". Cette copie nous paraît également du XIIP siècle, mais l'absence fréquente des points diacritiques en rend la lecture assez difficile au premier abord.
(1) Fol. 1 — 12, Commentaire du premier chapitre de la Genèse.
Fol. 13 — 50^, Traité d'ayologétique où l'auteur anonyme invoque, fol. lA", l'autorité de Yahyâ ben 'Adî « qui a composé contre Abou 'Isa al-Ouarrâq un traité en 350 chapitres ». Ce dernier détail prouve que dans les Grands Traités, l'objection de Aboû 'Isa suivie de la réponse de Yahyâ était considérée comme un chapitre.
Fol. 123 — 142^', l'réceptes de discipline ecclésiastique.
Fol. 143 — 162'', Martyre de Saint BipJiam pli..» .U, soldat du Christ, sous Dioclétien. — Sa fête est célébrée dans l'église copte le 1 de Baounah (26 Mai). Cf. Nau, Les Ménologes des évangéliaires eoptes-arahes, p. 40.
Fol. 163—163'', en blanc.
Fol. 164 — 193, Prières liturgiques coptes, avec traduction arabe juxtalinéaire.
Des feuillets ont été lacérés ou arrachés dans le manuscrit a\ant la pagination actuelle.
22 VAl.IV.V HKN ADÎ.
Le texte tiuit aux dernières lignes du traité : Explication de termes phïlosoplùques (1). J possède donc, en plus, les traités du Célibat et des Trois questions adressées en Moliarrem 353. (2)
L. Vatican 127; 100 feuillets. Dimension 192X133; 13 lignes par page.
Deux traités de Ben 'Adî nous sont conservés dans ce manuscrit parmi les œuvres de Ben Zor'a, disciple de notre philosophe.
Fol. 84" — 88. Baisons du jeûne, de la prière, de l'amnône, des vœux; leur utilité. Le traité est sans nom d'auteur, mais il y a tout lieu de l'attribuer à Ben 'Adî ainsi que la déjà fait Mai, (p. 252).
Fol. 88" — 100. Défense du dogme de la Trinité contre les objections d'al-Kindl. C'est sans doute le plus intéressant des opuscules de Ben 'Adî, que contient également H, fol. 47 — 51. (3) Mais tandis que la copie de Paris est fort défectueuse, l'une lacune d'une trentaine de lignes rend le début inintelligible), L nous donne un texte parfaitement
(1) Le feuillet où nous lisons ce petit traité est devenu par suite de l'ignorance ou de la distraction du relieur fol. 52—52'^: il devrait être placé après 122^^.
(2) G. Gkaf ne paraît pas avoir soupçonné que J et K donnent un texte identicpie. Après avoir indiqué dans Clirisllich-arahische Literatur, p. 50. les opuscules de Ben 'Adî d'après H et J, il écrit: « Langere Ausziige ans Schriften des Jahia ben 'Adî enthalten die anonyme Apologie des Christentuuis in Cod. Med. Laur. 63. und besonders cod. monacli. ar. 948 (242 '"), fol. 52—122. > C'est un exemple du risque que l'on court, en parlant des œuvres d'un auteur sur la seule foi des catalogues. Le catalogue de Florence j'Evode Assé- MAKi dit. d'ailleurs, (pie le ms. 63 donne une compilation, dans la- (pielle l'auteur anonyme défend le Christianisme, en produisant les œuvres de Ben 'Adî et d'autres auteurs (Ibrahim ben 'Aun, Élie de Nisibe, Israël évêque de Kaskar, Aboîi 'Isa ben Ishaq). Ce n'est donc pas, à proprement parler, un traité de Ben "Adî.
(3) Le texte abrégé de ce traité se trouve encore dans J. fol. 55'— 61^ et dans K, fol. 89"— 92'.
i;ilîlJ(»(iK'AlMIIK. 23
correct. Le colophon, loi. 100, nous fait connaître le nom du scribe et la date exacte du manuscrit : « La transcription de ce livre a été achevée le mardi de la deuxième dizaine de Dhoûî-Qa'da de Van 603 de V hégire^ (1206 de J. C.) par le chrétien Aboû Ghâlib ben Aboû-1-Ghanam ben Aboûl-l.Iasan.» (1) Nous avons donc ici, avec la date 120G, le texte le plus ancien de Ben 'Adî.
M. Vatican 92; 99 feuillets. Dimension 169X120; 15 lignes par page.
La reliure seule constitue l'unité de ce manuscrit dont l'écriture indique diverses époques; les traités sont d'auteurs différents. (2)
De fol. 30 à 32, nous avons de Ben 'Adî, la Dissertation sur V Incarnation contre la doctrine des Nestoriens. C'est le même traité que nous avons déjà vu dans F, fol. 193 — 209. Mais après avoir transcrit trois ou quatre pages, le scribe
(1) ^^^ (^s à^s.-^^ ^^ Oj^^^ 0^^3 *7-*^^ ' )^X^]\ ^3 f\.^ï ~^S
^.**^L\ ^A ^i (0-iÀJ\ sic yi\ ^i ( JVs. sic ^j i^^x^^ ii.^[^^{^)
Xous avons inséré, dans la date, ^ qu'exige la correction : il faudrait également lire ^i\, au lieu de y, ^\, au lieu de ^A. On voit que si le copiste sait transcrire un texte, il est néanmoins peu lettré.
(2) Fol. 1, Homélies.
Fol. 5, Prières pour sexte.
Fol. 14, Chronologie des ^patriarches d' Alexandrie.
Fol. 20—30, fragment d'un Livre de Sévère.
Fol. 33—40, fragment d'un Traité dogmatique, où l'auteur démontre la divinité de Jésus-Christ avec des passages de l'Évangile et de Saint Paul.
Fol. 40 — 68, troisième et quatrième chapitres d'une Histoire des conciles et des hérésies.
Fol. G8— 99^, traité de Grammaire arabe en vers.
24 vahyA ]5i:n 'adî.
de M, peu désireux de continuer, coupe court en disant que «le philosophe Yal.iyâ ben 'Adî a fait encore d'excellentes réponses à d'autres questions», et il termine par la doxologie : « A J. C. notre Seigneur et notre Dieu, louange et gloire dans les siècles des siècles ».(!)
Du moins, nous avons dans M le titre du traité et le nom de l'auteur qui manquent dans F. (2)
L'écriture dans cette partie du Ms. paraît être du XV^ siècle. (3)
N.Vatican 182; 1G5 feuillets. Dimension 182X129; 12 lignes i»ar page.
Du folio 47' à 103, nous avons un Traité de morale intitulé : Livre de la correction des mœurs, omvre du sage, illustre^ excellent Ahoii ZaJcariyâ Yahyâ hen 'Adi.{4:) Une note marginale écrite de première main et perpendiculairement au titre exprime, il est vrai, un doute sur l'exactitude de cette attribution : < On dit que l'auteur est Abofi4-l7[asan ben al-Hasan ben al-Haïtham», (5) le célèbre naturaliste. Mais les manuscrits qui ont servi pour les deux éditions parallèles de Beyrouth et du Caire (6), un manuscrit de l'université Saint Joseph de Beyrouth, un autre manuscrit
(1) On voit combien (r. Guaf s'est mépris en doununt pour ce
traitr les références: Vut. 5^^, fol. 3— 67 et 113, fol. 113—209. Christ.
Aral). Lit., p. 49. Il faut lire : 02, fol. 30-32 (3 au lieu (le 30 est déjà dans Mai) et 115, fol. 193—209.
(3) Mat, p. 199, attribue en bloc ce Ms. au XV» siècle ; il nous semble du XIII« de fol. 1 à 30 et de fol. 68 à 99^'.
(4) j.^9^\ J^'^\ ^-^i-i ^i^iu" ^'y^^\ ^-^.^-i^ ^^^^ Ua
(G) Éilitiuu (le Beyrouth 1866; édition du Caire 1891.
BIBI.KKJHAl'IUK. 25
que le P. Ciieikho a consulté dans une collection particulière sont unanimes à attribuer ce traité à Ben 'Adî.
A la fin de ce traité de morale, fol. 103, nous lisons : « la transcription de ce livre a été achevée le jeudi 15 du mois d'Emchir (Février) de Van 1017 des Martyrs, (1301 de J. C.)>.
0. Paris 173; 170 feuillets. Dimension 255X155; 17 lignes par page. Manuscrit du XIV® siècle, d'après le catalogue; il manque les derniers feuillets.
De fol. 113 à fol. 117, nous avons un fragment de Ben 'Adî correspondant à fol. 39 — 41 de H (Paris 169). C'est donc approximativement la seconde moitié du traité : «Béponse à une objection des adversaires des Chrétiens contre les attributs que Von donne an Christ considéré comme homme. »
Dans 0, la première ligne à lencre rouge tient lieu de titre : < L'Illustre Yahyà hen '^Adi le phllosoplie a dlt^ (1), et le catalogue de de Slane nous renseigne sur le contenu de ces quelques pages par l'indication assez inexacte : « Extrait d'un traité sur la divinité de Jésus-Christ », p. 43. (2)
P. Paris 2346, ancien DCCCLXXXII. A; 380 feuillets; de 21 à 24 lignes par page. Dimension 43X30; mais la dimension du texte, en ne tenant pas compte des marges, est seulement de 31-32 sur 19-20.
(2) G. Graf, dans Christliche arablsclie Literatur, p. 49, s'est borné à reproduire cette indication : « Ein Ausziig aus einem Traktat iiber die Gottheit Christi». Il a ignoré, à la suite du catalogue, que les deux manuscrits 169 et 173 donnent un même traité. Après avoir indiqué, p. 48, le traité de 169: «Erwiderung auf den Einwand der Gegner des Christentums, dafi das Bekenntnis der Inkarnation die Wiirde des Schopfers beeintraclitige » — traduction du titre donné très inexactement par le catalogue, p. 41 — il range le fragment de .173 sous la rubrique : « Andere Schriften », Autres écrits.
26 ^'Ai.iYÀ i;i;.\ -adî.
Manuacrlf des jironicres années du Xl^ siècle. La date •409 de l'hégire (1019 de J. C.) se voit encore, quoique difficilement, au fol. 107'. Nous lisons au fol. 65' qu'une recension du texte fut faite en l'an 418/1027.
Texte arabe de h( lUicloru^ue, de la Foédque et de VOnjiuion d'Aristote, de VIsagoge de Porphyre, dû aux traducteurs les plus célèbres du X" siècle.
« Llrre ires ancien, ires rare, et peut être toiique», dit une excellente petite notice latine insérée avant le premier feuillet.
Les traités se succèdent dans l'ordre suivant :
Fol. 1' — 65''. LaBliétoruiue, en trois livres. Cette partie du manuscrit paraît encore plus ancienne, mais le très mauvais état du folio 65' ne permet plus d'y lire une date ou le nom du traducteur; sans doute, Ishaq ben Honéin. (1)
Fol. 66 — 130', Les premiers Analytiques, en deux livres, dans la traduction de Tadhârî. (2)
Fol. 131 — 146''. La Poétique, dans la traduction d'Aboû Bichr Mattâ (3) ; il manque les dernières lignes. (4)
Fol. 147 — 156'. IJlsagoge de Porphyre, dans la traduction d'Aboû 'Othmân Dimachqî; le premier feuillet a disparu. (5)
Fol. 157 — 178\ Les Catégories traduites par Ishaq ben Honéin. (6)
(1) Le Fihrist, p. 250, ne mentionne pour ce traité, en plus d'une traduction ancienne, que la traduction d'Ishaq et un commentaire d'al-Farabî.
(2) Fol. 66. ^^j\XS JiJ ,^^3^\ li^iïj)y\. —Voir Fihrist, p. 244.
(3) Fol. 131. ^ib^^\ ^^ JJl;JL3\ ^^^. ^i ^X^^:> ^^ JJL3
(4) Ce qui correspond aux 17 dernières lignes de l'édition Dioot, T. I, p. 481, à partir du passage ix yî(Q ônoiaaovv /ui^uiîafio-; nXiîov; Tçayipi^LUi. yîvovTca.
(5) Fol. 156^. ^\ |J.ij j^^i-^cl-ob ^^^j.^]\ ^j^tri,yi,.s J.:Lj^^^j"
(6) Fol. 178^ a-::^=^ o-? 3^*^\ ï»3=^ ^^^^ Jh^^\ y^^^> ... La notice latine attribue à tort cette traduction à Ben Zar'a.
j!ir.i.i(H;i;.\i'iiii:, 27
Fol. 17'J l'Jl'. L'JIerDirnciitiqitc ou Traité de ITnlerprétation, traduction de Isljaq ben ITonéin. (1)
Fol. 192 — 241. Les derniers Analytiques ou Traité de la Démonstration, eu deux livres, traduits par Abofi Bichr Mattâ, sur la version syriaque d'Isl.iaq ben l.lonéin. (2)
Fol. 241'' — 327. Les Topiques, en huit livres. Les sept premiers livres ont été traduits par Aboû 'OtbmAn Dimacbqî (3), et le buitième par Ibrahim ben 'Abd-Allah qui a fait sa traduction sur la version syriaque d'Isbaq ben Honéin. (4)
Fol. 327" — 380. />« Sopliisti(que (naoi aocpiOTr/.ûjv èléyycov). Ce traité nous est donné dans trois traductions : 1° Celle de Yahyâ ben 'Adî faite sur le syriaque; (le Fihrist nous apprend que c'était la version syriaque de Théophile) (5) : 2° celle de 'Isa ben Zar'a, faite sur la version syriaque d'Athanase (6); 3° une version ancienne attribuée à NTumî.
(1) {ntQÏ ào^uijPiiccg) ^^\.^X^.^j\ ^jb ^y^-v) IL ^L-vo . \ i, >\X'S ^'S
f. 191 ^ cj'y.^=^ O^ l5=^"^1 J^ 6j(^\ ^\
(2) ^Ia^.-.)\ i >lXSo <-s^jSt.^\\ ^Jbof -li-lj^l l.i-s.l>^3il ^UlS
f. 192. ^ib^^JÏ ^n o---- cj'. 3^^\
(3) Le nom d'Aboû 'Othmân Dimachqî n'est en réalité indiqué
que pour le 1"' et le 1^ livres : li-;^.}^!» i )U^ ^^ i^^3^^ i3li.^l\
. . . iik.jj.AAt.^J \ ii.JlA.«J\ cu.«.i' — f. 253' ^À^yc> ^^[^i ^\ jj.ij
f. 314' j^JLti^wiv>3l t j^Ji-s»-^ •».> Jv.-vjj.aaj ^-X^Xt. ^^iî i}-^^ 'i lïi'^is il
est probable que si les livres intermédiaires étaient l'œuvre d'un autre traducteur, le copiste nous en aurait informés.
f. 315. ^3s:•^\ J-J'-'b Js^^ij-^^^ O"* <— -^''^^ «^j^^\
(5) Fihrist, p, 249. — Tiiéophile d'Edesse, mort vers 785. Voir sur cet auteur : Eubens Duval, Littérature syriaque, pp. 214, 292, 325, 384.
(6) Athauase de Balad, ou peut-être George sou disciple qui avait donné une traduction de VOrganun d'Ari.stote. Voir R. Duval, Lit. si/r., p. 378.
28 Y AU Y A BEN 'ADÎ.
Elles sont accompagnées du commentaire d'al l.lasan ben Souâr, un disciple de Ben 'Adî.
La version de Ben 'Adî vient en tOte et occupe la première moitié environ de tous les versos, depuis 327" à 379'; de 13 à 10 lignes par page. Le texte de Ben Zar'a est placé en dessous et empiète, quelquefois, sur le folio suivant qui contient la version ancienne et le commentaire de Ben Souâr. Ce commentaire s'arrête au fol. 342, en sorte que, jusqu'à la fin du manuscrit, la seconde moitié du recto reste en blanc. Ainsi, le manuscrit ouvert présente simultanément les trois versions : à droite, Ben 'Adî et Ben Zar'a; à gauche, l'ancienne version de Nâ'imî. (1)
Ce magnifique in-folio, l'un des plus précieux manuscrits arabes des bibliothèques d'Europe, semble avoir été exécuté par trois copistes, peut-être quatre, mais sous une direction unique : même disposition des titres (2) et des colophons, même grosseur de l'écriture, mêmes marges et interlignes. La partie de la Bhétorlque., plus ancienne, croyons-nous, a dû servir de modèle. Tous ces traités ont une conclusion
(1) Le coloplion de cette dernière version nous donne un détail qui peut être retenu : Le manuscrit reproduit une copie de Ben Souâr, lequel, ù son tour, avait copié un manuscrit écrit de la main d'al-Farfibi : ^^i.\ ^/\ ^^^\ Li^ J.s.'^^ ^^ J.i^\ \ v3ob 'à-s."^
f. 380 ^i\^iJ\ j^^i ^A Li? (^'A ^)\ Jl^ '<Ck^^ ^^ J.i-^^\ \«>-A
(2) Le titre de ces traductions dues en majeure partie à des Chrétiens est toujours précédé de l'invocation ^^l^j^Jl ^J\ (o-»*^^ ^..^2^ J\. Elle n'indique pas, contrairement à l'opinion exprimée par M. G. Colin drais son Avenzoar, p. 35, que les co])istes étaient probablement des musulmans. Nous trouvons, par exemple, cette invocation dans le Ms. du Vatican 127, fol. 88'', en tête du traité où Y^ahyâ ben 'Adî réfute les objections d'al-Kindî contre la Trinité. Par contre, les quatre auteurs de la recension de l'an 418/1027, qui ont apposé leurs signatures au fol. 65^', étaient musulmans, car ils ont ajouté à l'année de l'hégire la foriiuilo on l'honneur de Mahomet : jft.XAO a <*.^Xs àSW i^X^o.
uniforme : Le texte reproduit un manmcrit d'al-Hasan hen Souûr; (cette indication manque pour les livres 3 — 8 des lopiques) ; et Ben Souâr avait fait sa copie sur un manuscrit de Yahjà hen'Adi.{l) Cependant une copie intermédiaire des Derniers Analytiques, due à Ben Zar'a, se place entre la copie de Ben Souâr et celle de Ben 'Adî.
Ainsi, bien que le Fihrist nous apprenne que notre ])hilosophe avait traduit la Portique et presque tout V Organon d'Aristote, le manuscrit de Paris ne nous donne une de ses œuvres que dans la seule SopTiistique. Nous savons, d'autre part, que Yal.iyâ était un copiste infatigable des travaux d'autres traducteurs, transcrivant jusqu'à cent pages par jour. (2) Ses copies très estimées, très répandues, dont il ignorait lui-mOme le nombre (2) multipliaient les textes et en ont certainement sauvé quelques-uns de la destruction. (3) Peut-être sommes-nous redevables à Ben 'Adî de la riche collection de traités que renferme notre manuscrit.
La description trop longue que nous en avons faite (4) trouvera son excuse dans cette conclusion. Elle était en outre nécessaire pour corriger deux erreurs courantes : Wp:n-
(1) Voici, H titre d'exemple, le colophon de V Herméneutique^ fol.lOP:
.<>.Ls.-^3 ^s^\ jy^^^i l.^.> J-^U" ^:Ù\ ^^s- ^i est^s:-?. ii*^-'
(2) Fihrist, p. 264.
(3) Si nous en jugeons par le Fihrist, il ne nous reste que des débris de l'immense production de la littérature arabe à cette époque.
(4) Elle n'est cependant pas complète. Nous aurions pu signaler que ce manuscrit nous présente une véritable édition critique du texte arabe d'Aristote : les marges sont surchargées de variantes relevées dans d'autres manuscrits ou d'autres traductions. La description de ce Ms., telle que nous la lisons dans le Catalogue de la B. N., p. 411, est insignifiante; elle se borne, d'ailleurs, à reproduire ce qu'en avait écrit Mink dans ses Mélanges de philosophie Juive et Arabe, p. 313; on y chercherait vainement le nom du traducteur pour chaque traité.
oO VAI.IVÀ 1!1:N 'ATtî.
Kicii, que suivent Rkxan et le docteur Leclkrc attribue ù Yal.iyû ben Adî la traduction des Analytiques {\) et de la Poétique (2) du manuscrit de Paris, tandis qu'il ne signale pas la traduction de la Sophistique. Bkockelmaxx, dont l'opinion est partagée par i\I. Huakt et G. Graf, ne se trompe pas moins, quand il croit que nous ne possédons plus rien des traductions de Ben 'Adî. (3)
Q. Paris 2457; 219 feuillets. Dimension 180X135; 25 à 31 lignes par page.
Fol. 187 — 188. Traité pour démontrer que toute quantité continue, qui se divise en parties, peid se siddiviser à Vinfini. (4)
En parcourant le catalogue de la B. N. nous avons été frappé par ce titre (^ui est exactement celui de l'un des traités philosophiques dont Ben al-Qiftî nous a conservé la liste. (5) Ce serait déjà une forte présomption en faveur de notre philosophe, mais le style apporte un argument
(1) «' . . . cadem Analytica e syriaco in arabicum scrmoneni tianstulit Jaliia filins Adi cujus versioiiis exemplnm obviam est in bibiiotheca reg. Par. Cod. DCCCLXXXII A». Wexrich, De uuctorum Grœcorum versionibus, p. 132. — Leclerc, Histoire de la médecine arabe, T. I, p. 205. — Renan, De philosophia peripcdetica apud Syros, p. 61.
(2) <t De arte poetica traclatnm . . . e syriaco in arabicum sermonena transtulcrunt abu iJasclir Mata cl Jahia filins Adi. Jahya vcrsionein arabicam continct biblioth. reg. cod. ante jani nnmeratns»; id. p. 133.
(3) « Aile seine Ubersetzungen, von denen, wie es scheint, niclits erhalten ist . . . » Geschichte der arabischen Litemtur, T. 1, p. 207. — HuAUT, Littéral lire arabe, p. 230. — Gu.xr. Cliristl.-arab. Liieratur, p. 47.
(4) ^AvJLo '^iol ^\ ^.,^'ÀJ.^ «xi là |J...o.iU ^5 ^\ ^^h J^-*-^^
(5) Le titre est ainsi donné dans Ben al-Qiftî, p. 363 : ^ ^JU.-*
RII'.LKHJlJAl'IilK. 31
que nous croyons décisif. (1) Nous n'hésitons donc pas ù voir dans ces soixante-seize lignes un opuscule de Ben 'Adî, et c'est peut-être l'unique spécimen qui nous reste de ses œuvres philosophiques distinctes des traductions.
Le manuscrit Ci^t un recueil de cin((uante et un traités de mathématique d'auteurs différents, écrit presque tout entier de la main de Ben 'Abd al-Jalîl al-Sijzî mathématicien distingué qui florissait au X*^ siècle, (2 ) donc contemporain de Ben 'Adî.
Nous mentionnons seulement pour mémoire un manuscrit de la Bihllothrque de Florence, dans lequel le catalogue signale un traité de Yahyâ ben 'Adî : la traduction du frolsihrw livre du Traité de Vâme, tteqi ipi'x^/^i texte arabe transcrit en caractères syriaques. (Bib. Pal. Med. de Florence, n" 68.) (3)
Ce traité fut traduit en syriaque par Honéin. Il en existait un commentaire de Macidore, dans la même langue. L'auteur du Fihrist dont l'exactitude est rarement prise en défaut, a lu une simple copie de ce commentaire écrite de la main de Yahyâ. (4) En s'en tenant à ces indications, il ne paraît pas possible d'attribuer à Ben 'Adî une traduction arabe du traité de l'âme. Le manuscrit de Florence ne peut contenir qu'un traité copié par Ben 'Adî. (5)
(1) Nous y relevons, par exemple, plusieurs fois l'expression "ii ^\ ^\.s:i très fréquente dans les autres écrits de Yahyâ.
(2) Catalogue, p. 434.
(3) Le catalogue est d'ÉvoDE Assemam. Nous y lisons, p. 123, dans la description du ms. LXVIII: « Aristotelis liber tertius de Anima in duodecira sectiones distributus quem e syriaco in arabicum sermonem transtulit Jahia — seu Joliannes — ben Adî. » Wenrich, p. 134; Renan, De phil. per. aprid Syros, p. 61, et GnAF, Chr. ar. Lit., p. 47, note 2, ont répété ces mêmes indications.
Fihrist, p. 251. ^J^t- ^^ es^^^ ^^'* ^^^ (5) L'erreur provient d'une fausse interprétation de ternies, et
32 YAIJYÂ BEN 'ADÎ.
IL Traités de Ben 'Adî déjà publiés.
Traité de Morale. Le livre de la correction des mccnrs ^"}'jL^\ <^X^. Beyroutli 186G, (édition aujourd'hui introuvable qui formait le 6™^ fascicule d'une petite revue dont il ne parut que quelques numéros). — Le Caire, imprimerie copte 1891, 2'- édition 1913, in-8° de 64 pages.
Cheikho (P. L.), a publié dans le Machriq de Beyrouth, 1902, T. V, pp. 368 — 372, l'opuscule intitulé : <<Que les Chrétiens ont raison de croire que le Créateur est une substance unique douée de trois attributs^. Traité publié également dans : Vingt traités théologiques d'auteurs arabes cln-étiens, n° XII, pp. 70—75, 2' éd., Beyrouth, 1920.
Périer (Augustin). Un traité de Yahyéi ben 'Adt : Défense de la Trinité contre les objections cVal-Kindi. Texte arabe édité pour la première fois et traduit en français dans la Revue de V Orient Chrétien, Z' Série, T. II (XXII), nM. 1920.
id. Petits traités apologétiques de Yahyâ ben'Adi, Cj^Và.^ J5J.C o-f c5Tr=s^>^- Texte arabe édité pour la première fois d'après les manuscrits de Paris, de Rome et de Munich, et traduit en français. Thèse complémentaire pour le doctorat èslettres présentée à la Faculté des Lettres de l'Université de Paris. Paris, 1920.(1)
cette fausse interprétation a causé une multitude d'erreurs dans l'histoire des traductions ou dans les catalogues des bibliothèques. On a donné aux mots ^i**^, kî., Ls.^. 'S.-k^^ le sens de traduction, alors qu'il s'agit d'une simple copie ou transcription d'un texte. C'est toujours ^J-ii que l'on emploie pour indiquer traduire d'une langue dans une autre, mais comme ce verbe signifie encore copier, transcrire, il faut déterminer le sens d'après le contexte.
(1) Nous avons dit, dans l'Avant-propos, le sort que les Turcs avaient fait à notre édition des Grands Traités commencée à Beyrouth en 1914.
BIBLIUdRAI'IIIE. 33
m. Ouvrages cités ou consultés.
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