‹ Yih-kingChapitre 14 sur 31 · COMMENTAIRE VI · texte numérisé non relu

COMMENTAIRE VI

Aux parties traduites jusqu’ici, nous croyons devoir ajouter le sixième appendice du Yih-King, dont il a été parlé vers la fin de notre Introduction. Il montre, en effet, que son auteur concevait le plan et la nature du Yih, comme je le fais ici, et avait conservé un souvenir intact du sens des mots qui forment les en-têtes et les objets des soixante-quatre sections.

11 y a certainement quelques différences entre ses explications et les miennes, mais elles sont tout à fait accessoires.

La plus importante est l’absence du koua 31. Kan : « affection, sentiments excités ». Faut-il croire qu’il n’existait point dans le texte dont s’est servi le commentateur? Ce serait une hypothèse peu probable. Il nous semble plus admissible que quelques mots sont tombés du texte du commentaire lui-même. La dernière phrase de la section première contient le mot K’an han avec le même sens. Il suffît de quelques mots de plus pour le faire entrer dans la série des termes expliqués, d’autant plus que la phrase finale de la section I n’a pas la même forme que toutes les autres.

Parmi les mots auxquels notre auteur donne un sens différent et tout propre à lui, nous citerons S/iih ho (21) auquel il attribue celui de « correspondre » (ho) et li (30) qu’il fait égal à li « dévoué, attacher à » . Ces significations ne sont nullement ordinaires et se justifient difficilement, à moins qu’on ne suppose une substitution de termes dans le texte que nous possédons. 11 est plus probable que l’auteur aura forcé le sens pour arriver à ses fins et poursuivre son mode d’explication à travers tout.

Peut-être qu’à son époque les deux ho et les deux li s’écrivaient de la même manière??

Nos lecteurs, nous le pensons bien, trouveront que l’enchaînement établi ici entre les divers sujets des chapitres n’est pas très naturel. Nous sommes entièrement de ieur avis et nous ne plaiderons certainement pas la cause de l’inventeur, qui a voulu faire accorder ce qui est sans rapport. L’important, du reste, est uniquement dans le sens de ces mots que l’on a trop longtemps négligés et qui donnent pourtant la clef de l’interprétation du livre

mystérieux que plus de quinze cents interprètes et plus de vingt-cinq siècles de travail n’avaient pu éclaircir. Si l’on veut bien comparer ses explications avec les significations que nous avons données à ces mots avant d’avoir lu ce commentaire, on verra que nous nous sommes partout, ou peu s’en faut, rencontré avec lui. Cette coïncidence merveilleuse pourrait-elle être l’etïet du hasard et le fruit d’une erreur?

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