‹ Yih-kingChapitre 15 sur 31 · COMMENTAIRE VI · texte numérisé non relu

COMMENTAIRE VI

Ordre des hexagrammes d’après leur signification.

Il y eut (d’abord) k'ien, le ciel (1), et kven, la terre (2), puis tous les êtres particuliers naquirent. Ce qui croît entre le ciel et la terre ce sont ces êtres, c’est pourquoi le ciel et la terre sont suivis de tchun (3). Tchun c’est croître; la croissance est le commencement de la naissance des êtres. Quand les êtres naissent, ils sont incomplets, informes; c’est pourquoi « pousser » est suivi de meng, incomplet, non encore formé (&), ce qui est incomplet, frêle encore et délicat; tout être en cet état ne peut se passer de nourriture, c’est pourquoi délicat, non formé, est suivi de su, opposition, pluie (5).

La pluie est le moyen de produire les aliments. Mais les aliments sont immanquablement l’objet de différends; c’est pourquoi su est suivi de song, « procès, dispute, appel au prince » (6).

Les procès soulèvent tout le monde; aussi song est suivi de sze, foule, peuple (T). Sze c’est « tous, la foule »; et comme les hommes doivent être unis, sze est suivi de pi, « unir, égaler » (8). Pour être unis, il faut qu’on soit « formé, élevé; » aussi pi est-il suivi de siao tchu, « élever, former, éduquer » (9) quelque peu (ou les petits). Quand les êtres sont ainsi éduqués, ils ont alors des rites (à suivre); c’est pourquoi tchu est suivi de li, « marcher, se conduire » (10).

Si la conduite est bonne et paisible (t’ai), on vit en paix; c’est pourquoi li est suivi de t’ai (paisible, concorde) (1 1). La concorde implique pénétration harmonique (long). Or, comme tous les êtres ne peuvent pas toujours être en harmonie, t’ai est suivi de pei, opposition (12).

Celte opposition ne peut pas non plus être perpétuelle; aussi pei est suivi de union (13). A celui qui cherche l’union, les êtres doivent venir; c'est pourquoi long est celui de la yen (14), « grande possession ». A qui a grande possession, on ne peut rien ajouter; c’est pourquoi la grande possession est suivie de k’ien, bienveillance et complétion (15). Celui qui a de grands biens peut être bienveillant, digne et stable, satifait, yu (16). Celui qui est digne est obéi; c’est pourquoi yu est suivi de sui, soumission (17). Ceux qui obéissent avec joie reçoivent des charges et l’administration des affaires; c’est pourquoi sui est suivi de ku, « délibération, réflexion » (18). Ku est synonyme de sze, affaires, service. Celui qui est chargé des affaires acquiert grand pouvoir; c’est pourquoi ku est suivi de lin, « charge, fonction » (19). Lin signifie « grandeur, haute position, grande affaire ». Quand une affaire, une position est élevée, elle parait avec éclat, kwèn l; c’est pourquoi lin est suivi de kwên, « voir, paraître, dignité extérieure, etc. » (20).

Ce qui se montre trouve facilement ce qui y correspond; c’est pourquoi kwên est suivi de shih ho (21). Ho est la même chose que ho, correspondre.

Mais il ne suffît pas que les choses correspondent tellement quellement; c’est pourquoi ho est suivi de pi, « art, éclat » (22).

Ce qui a de l’art est ornementé, ce qui est orné se perfectionne, puis arrive à son achèvement; c’est pourquoi pi (art) est suivi de poli, « se dégrader, dépérir, détruire » (23).

Mais les êtres ne peuvent pas toujours s’achever et se détruire, un premier épuisé en fait recroître un second ; c’est pourquoi poh est suivi de fu, restaurer (24). Ce qui est « restauré, réparé » est sans défaut, c’est pourquoi fu est suivi de wu ivang (25), sans trouble. Ce qui est sans trouble, désordre ou vice, peut être convenablement formé et entretenu; de là vient à la suite ta tchu , « grande formation, grand entretien ». Les choses ainsi entretenues se nourrissent et se développent (( yang ) (27); aussi la tchu est-il suivi de 1, « entretenir, soutenir », car / égale yang, « entretenir, nourrir » . Mais si elles ne sont pas nourries, soutenues, elles ne sont pas capables d’agir; c’est pourquoi 1 est suivi de Ta kouoh, « grand défaut, manquement, etc. » (28).

( Quand une chose est grande, elle se voit aisément, ou attire les regards.

Or, les êtres ne peuvent pas être indéfiniment défectueux (sans périr); c’est pourquoi Ta kouoh est suivi de k’an, péril (29); or, k’an, péril, est égal à lian, « impliqué dans ». Celui qui est en péril trouve quelqu’un qui lui est dévoué, attaché (//); c’est pourquoi k’an est suivi de li (30); or, li (cl. 198) est égal à li (172), attaché à.

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