XII, 4, 6, 7, 8, 10; XIII, 3; XIV, 1, 2, 3, 4 ; XV
Liv. Il, 1, 5, 7, 9; II, 1, 2,3, 4; III, 2, 4, 7, 8, 10; IV, 2, 3, 7 ; V, 8;
VI, 10; Vil, 1, 5, 7, 10; VIII, 2, et d’autres encore.
Que l’on veuille bien enfin mettre en regard la section LII du Yih avec le chant II, III, 7 du Shih, et l’on se croira devant deux parlies du même
ouvrage.
Voici ce Shih
\. Les oies sauvages, volant çà et là, font bruire (sou sou) leurs ailes.
Dans cette expédition nous nous donnons mille peines Dans les champs déserts, dans ces vastes plaines.
Dignes de pitié! Hélas! ces veufs et ces abandonnés.
2. Les oies sauvages, volant çà et là, se posent réunies au milieu d’un marais.
Ces hommes construisant un mur, cent coudées s’en élèvent subitement
3. Les oies sauvages, volant çà et là, poussent leur cri plein de tristesse.
Ces hommes bons et sages ont déclaré notre travail pénible.
S’ils avaient été peu intelligents, ils auraient taxé nos dires d’insolence.
Outre ce genre d’allusions, de figures et d’énigmes posées en tête des sentences comme au commencement des strophes, il est encore dans le Yih beaucoup d’expressions figurées qui paraîtront, à première vue, bien singulières et peu naturelles.
Citons comme exemple :
« Un dragon sans tête » est « un grand sans arrogance » ; « marcher sur le verglas » veut dire « agir avec précaution »; « des piliers de roc » sym-
bolisent « un avancement plein de difficultés » et « un sac fermé », soit « le contenu de la terre » , soit « la sûreté dans la prudence » . On aura peut-être peine à croire à ces explications des lexicographes. Mais si l'on y fait une sérieuse attention, si Ton examine la chose de près, on trouvera sans peine que nos langues européennes abondent aussi en ce genre d’expressions et de métaphores, principalement dans le langage familier, qui n’est point étranger au Yih-king.
Nous disons en français : envoyer à la moutarde: moutarde de capucins; se faire tirer l'oreille; prendre la pie au nid; tuer la poule aux œufs d’or; vendre la peau de l’ours avant de l’avoir couché par terre; trouver les raisins trop verts; avoir du foin dans ses hottes; c’est le pot de fer contre le pot de terre; faire sauter la grenouille; battre la campagne; faire un four; un vrai sans-culotte; un soliveau; une moule; entre chien et loup; perdre la tramontane; un cul-de-jatte; boutefeu; timbre fêlé; chercher le poil à l’œuf; un panier percé; une manne sans fond; l’anse du panier, et cent autres choses qu’un étranger ne saurait comprendre sans le secours d’un regnicole.
Le chinois, d'ailleurs, contient encore une foule d’expressions qui ont la plus grande analogie avec celles du Yih-king, dont quelques-unes même s’y retrouvent, pour ainsi dire, entièrement. Yoici quelques exemples :
Mà laô shïng kong « achevé par ce qu’un cheval atteint » = rapidement fait.
Long wëi « siège du dragon » = le trône.
Long fi « dragon volant » est « l’empereur ».
Shing long « monter un dragon » est « se marier » .
Shih tze <» mordere umbilicum » = « se repentir ».
Fait seû « nettoyer la barbe » exprime la servilité.
Ting fé « le chaudron bout » = être en insurrection, émeute.
Tsln-shû « la masse des branches » = les fils d’une femme secondaire.
Yih mao pu h pâ « ne point arracher un cheveu » = être avare.
Kit shit « battre la langue » (comme un tambour) = semer la discorde.
« Régler l’étoffe et la doublure » = composer son maintien et son cœur.
« Un loup dans l’herbe » = quelqu'un qui se remue rudement.
« Capturer un dragon, un tigre » = être adroit et brave.
Yih isô « changer sa naüe » = mourir.
P'ï ko tshün tsiü « le printemps el l’automne sous la peau » = juger en silence et justement.
Pn hü seü « tirer les poils du visage d’un tigre » = être courageux.
« Se lier la tète à une poutre » = étudier fort.
« Une perle sous le menton » — une chose difficile à atteindre, etc., etc.
Pour l’explication des figures, qui abondent au Yih-king, nous avions une ample moisson à faire dans ces mêmes commentaires; ils s’égarent, il est. vrai, quand il s’agit d’interpréter les hexagrammes et les lignes, mais ils avaient pour ces métaphores une abondante source d’élucidation dans les faits de la langue et les usages dont leurs auteurs avaient une connaissance sûre encore, puisqu’ils leur étaient contemporains. (Comp. Appendice I.)
C’est seulement au cas où ils veulent donner un sens aux diverses lignes des hexagrammes qu’ils se perdent dans des recherches sans issue et des rapprochements impossibles, un symbolisme de fantaisie. (Comp. App. II.)
Le symbolisme n’était pas étranger au Yih primitif; on peut du moins l’admettre hypothétiquement. Mais, en tout cas, il y était d’une nature tout autre qu’on ne le suppose; on l’a complètement défiguré en voulant lui faire dire la bonne aventure. Les premiers kouas n’avaient, ce semble, que trois lignes, ce qui bornait nécessairement leur nombre à huit.
Ces huit kouas ou trigrammes représentaient le ciel et la terre, l’eau céleste, le soleil et la lune, le feu et le tonnerre, le vent, les montagnes et les eaux courant sur la terre; ils indiquaient, figuraient aussi les qualités essentielles de ces éléments et de ces corps.
Ciel. Terre. Eau céleste Éclair. Tonnerre. Vent. Montagne. Eau
et courante. Soleil. terrestre.
Lune.
Combinés deux à deux, ces huit trigrammes ont formé les soixante-quatre hexagrammes dont la signification a quelque analogie avec l’idée représentée par les deux trigrammes superposés et leur position relative.
Ainsi, la figure du ciel répétée, le ciel au-dessus et par-dessous, ou six lignes pleines, représentent le principe actif, producteur de toutes choses. La terre, figurée deux fois de la même façon, ou six lignes coupées, figurent le principe passif, réceptif. Le feu sous l’eau représente la germination ou l'obstacle (koua 3), etc. Ce genre de symbole peut s’expliquer comme on le verra à la fin de cette introduction. Le second commentaire l’interprète à sa façon; nous le citerons aussi pour autant que cela pourra être utile.
Les qualités attribuées à ces divers éléments sont :