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CHAPITRE X

ACTIOX DE L'AXALYSE.

Un livre où la philosophie analytique est employée ; lus doctrines d’une école, et mieux encore, celles d’un siècle , où celte philosophie domine, peuvent servir de base, pour envisager l’action de l’analyse^

Considérons l’action de la méthode analytique en France, pendant le dix-huitième siècle. Or, qu’apercevons -nous pendant toute la durée de ce siècle si peu philosophe ,avoc tant de philosophie?

1 ° Discrédit, mépris absolu de la métaphysique, qui est In science des généralités, l’union de toutes les sciences. Placée sous l’influence de l’analyse, chaque science dut sc renfermer dans son territoire propre , ainsi , plus d’unité, plus de liens entr’elles ; de là, anarchie effrayante, chaos immense dans le monde de la pensée.

2 ° La méthode analytique détruit toute idée de morale, comme nous l’avons vu.

La tendance de l’analyse, relativement aux lois morales, étoit de les réduire, au dix-huitième siècle, à des lois mathématiques.

3° La même tendance se retrouve dans la politique. Montesquieu, le publiciste du dix-huitième siècle, n’établit qu’un grand motérialisme de la science politique. Son influence des climats sur les vices et les vertus des peuples, n’est qu’une action extérieure, qui peut se réduire à des lois mathématiques.

4” La politique générale, ou le droit des gens, ne fut

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qu’un balancement de forces matérielles réduit h des lois mathématiques. Pour la constitution intérieure des états, c étoit la balance des pouvoirs, réduite encore à des lois mathématiques. Ainsi, aux provinces on substitua les départemens j et pendant la révolution, tout le langage mathématique avoit passé dans l’ordre politique et civil. On disoit la section de Paris, etc.

5“ La médecine chercha tout dans l’organisation.

6° La logique subit la même dégradation. On déclara, qu’il n’y avoit d’autre logique, d’autre méthode, pour raisonner juste, que la méthode mathématique ; on réduisit tout à des procédés de cette science.

7 ° La poésie fut toute descriptive, l’architecture ne marqua que des rapports de ligne, elle devint mathématique, géométrique, au Heu qu’au moyen âge, elle avoit été poétique, vivante, pleine d’enthousiasme et de foi.

8° En général, au dix huitième siècle, toutes les sciences dépouillèrent leurs formes propres, ponr revêtir la forme mathématique.

Ainsi, la méthode analytique est le fondement de tous les systèmes matérialistes,' comme la synthèse individuelle est le fondement de tous les systèmes idéalistes.

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