CHAPITRE
m; 8CF.PTICISMK.
J 1. Notion du scepticisme. : <
Etre sceptique, c’est douter de son existence cl de celle de tous les êtres. Cet état de l’âme s’il éloit possible, seroil la plus profonde maladie d’un être intelligent, l’abjurntion complète de toute foi, le tombeau do toute vérité. Mais nulle intelligence ne sauroit parvenir, quoi qu’elle fasse, à un doute complet, absolu, invincible. Ce seroit s’anéantir, se suicider elle- même; or, il n’est pas donné à une intelligence d’éteindre pleinement sur elle le flambeau qui l’éclaire, et de voiler toutà fait le soleil de sa vie. Elle vit, par une adhésion nécessaire à une série de vérités innombrahles, sans lesquelles, elle ne peut ly être conçue ni exister. Telle est cependant, la prodigieuse dégradation de la raison hu-
l3a ÉI.ÉMENS DE PHILOSOPBIE.
maine , qu’il est de fait, que l’homme peut en venir H abjurer presque toute vérité; et fantôme d’erreur, se persuader qu’une nuit éternelle, qu’un abyme sans fond, engloutit son être et lui ferme à jamais, la route du vrai.
§ II. Source (lu KCCpUcisme.
La raison qui, abjuront la fol du genre humain, veut seule pénétrer dans les profondeurs de l’infini et du fini, de l’être et de la limite, du nécessaire et du variable, pour en comprendre la raison, pour en pénétrer l’essence itiUiue, esi directement CSnduile ou scepticisme dogmatique; pourquoi? parce que, explorant les régions de l’être, avec une raison bornée dans sa nature, comme dans sbn action, il est évident, qu’elle ne peut embrasser dans sa compréhension l’être des êtres; et que dès lors, ou elle rentre par une soumission volontaire, sous le joug de la foi; ou consommant sa révolte, elle doute de la réalité de l’être infini, et par conséquent d’elle-même, et tombe ainsi dans l’abyme d’un scepticisme dogmatique. L’orgueil donc, mais un immense orgueil, est la source de cette perturbation morale, de cette maladie désespérée de l’esprit.
En second lieu, toute philosophie Individuelle, aboutit nécessairement au scepticisme; car, soit qu’elle parle de la sensation pour expliquer l’univers ; ou qu’elle descende de la couse aux effets particuliers, ne trouvant jamais que sa raison, pour expliquer les procédés de sa raison; après avoir roulé dans un cercle infini de contradictions, elle est forcée de proclamer qu’elle est tout ou quelle n’est rien; et le scepticisme est le terme où elle arrive nécessairement...
ÉLÉMBN5 DS PHILOSOPHIE.
Ea conleoiplant les deux méthodes de philosophie individuelle, en action dans le monde depuis plus de trente siècles, on reste convaincu qu’elles n’ont abouti partout et toujours, qu’à ces deux termes : le panthéisme et le scepticisme...
Mais le panthéisme idéaliste, dualiste, matérialiste et logique, comme le matérialisme ou le sensualisme, ne sont qu’un scepticisme déguisé; parce que ces profondes déviations morales, n’ont de raison, ni en soi, ni dans l’autorité du genre humain qui les réprouve, ni dans la raison solitaire qui s’y arrête, ne se sentant pas assez de force, pour se plonger dans l’abymc du doute absolu. En un mot, l’ordre de conception ou de vision intellectuelle, mis à la place de l’ordre de foi, séparé radicalement de l’ordre de foi, et pris seul pour guide dans la recherche de la vérité: voilà la source du scepticisme, parce que, toute démonstration, toute recherche, reste contestable, douteuse par conséquent , pendant qu’elle n’a d’autre base que la raison particulière, qui l’a produite.
§111. CoDsiqucnccs du scepticisme.
1 ° Envisagé par rapport à Dieu, c’est l’athéisme théorique et pratique, la négation complète de l’être absolu.
2 ” Par rapport à la création : nulle réalité, mais le rêve inexplicable d’un rêve éternel.
3® Par rapport à l’homme : ni pensées, ni amour, ni liberté, ni force, ni existence, ni cause, ni destinées, ni avenir; mais un sommeil éternel de tout son être; la nuit d’un étemel tombeau, pour toutes ses facultés.
4° Dans C ordre social, l’inertie absolue, la mort de la société, le dernier jour de l’humanité.
l’I.KMKNS I>l PHILUSUPHIR.
a" Un littérature, le scepticisme, seroit la plus pro- Cundo anarchie. Dans les sciences, et dans les arts, iiii vide complet.
6° Toute négatioD d’une vérité formant un article du symbole des intelligences, mène droit ou seepticisme.. .
7° Le scepticisme enfin, est la conséquence logique, extrême, inévitable, de toute raison individuelle, qui n’n pas, qui dédaigne l’assentiment de la raison générale ou du sens-commun.
§ IV. RciotHc à ctllc cITrajantc mal.-uliu de la raison.
S’il u’exisle point de sceptique complet, il n’existc que trop d’hommes, qui doutent des croyances catholiques. Parmi ces sceptiques, les uns dédaignent toute recherche de la vérité, et se dédommagent de sa privation, par de honteuses jouissances. Un grand nombre d’autres cherchant la vérité par la science, par les méthodes philosophiques individuelles, sont condamnés k errer sans fin dans le dédale du doute. Quel remède h cette perturbation profonde, h celle maladie morale?
Le scepticisme dogmatique de ceux qui doutent, parce que la philosophie individuelle les a conduits, logtijuc • ment, dans cet abyme, ne peut se combattre efficacement, qu’en essayant de leur faire apercevoir d’une part,que l’ordre de Coi, est le principe de vie qui leur reste; et que l’abjuration complète, absolue de toute foi, seroit l’anéantissement même de leur être, il faut leur appren^ dre d’une autre part, que le christianisme satisfait h tous les besoins de l’humanité, par sa foi et par sa science. (Jü’ainsi, les vérités, du symbole universel, étant admises^ loin d’interdire l’effort do la raison qui cherche il les
ÉLÉME^$ DE PUILONÜPIIIE.
coui|>t'cndre et à les expliquer, le chrislianisnie au contraire, proToque un développement toujours progressif, et aussi complet que le permettent les bornes de l’esprit humain.
Le catholicisme présenté, sous le double rapport do son unité immuable, et d’uu développement perpétuellement progressif, dans cette unité même; voib’) , le grand secret, pour éclairer une foule d’hommes anti-catholiques, qui ne sont tels, que parcequ’ils s’imaginent, que le catholicisme est l’éleruel ennemi de tout progrès.
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