‹ ÿleméns de philosophie catholiqueChapitre 39 sur 77 · lib. Regum, ch. 3, v. (i el sûW... ch. 8, aS · texte numérisé non relu

lib. Regum, ch. 3, v. (i el sûW... ch. 8, aS

Rien de plus louchaul , de plus poéti(|UC niemc , que les prières de la lilurgie catholique.. Le clianl des psaumes, l’oilicc des prêtres, rotTice des religieux, rcnreruicDt toul ce que l’ascélismc a de plus pur, de plus suave, de plus mélodieux...

d i ; CoogI

KI-ÈMENS' UE 1MII1.0.SOPUIE.

La lillérnlnrc grecque, présente k chaque instant des formules de prières, pleines encore des primitives traditions , sur les misères profondes de l'homme, sur ses besoins comme sur ses espérances.

Les vers orphiques, Hésiode, Homère, les poètes tragiques et lyriques de la Grèce, nous offrent des prières souvent très-animées.

Dans une de scs tragédies , Eschyle fait ainsi prier le chœur : a Dieux puissans, saints et saintes de cette terre,

• écoutez les vierges, écoutez comme il est juste, les priè- »rcs suppliantes! Génies amis de cette ville. Vous ses li-

• bérateurs, et ses protecteurs, montrez qu’elle vous est

• chère. Vous aimez le culte qu’on vous rend, souvenez » vous de nos pompes sacrées, et de nos sacrifices » .

La littérature latine a aussi scs prières. Virgile, Horace, Ovide, Cicéron, Tite-Live, en fout foi; et chose remarquable! au seiti de la dégradation païenne ellemême, on ne rencontre pas un peuple, pas un seul peuple, qui ait cru, comme certains gouvernemens modernes, dégoûtés de Dieu, que l’athéisme légal éloit un progrès des lumières. Ainsi, lu prière est un besoin, une loi de l’humanité.

, § II. Culte , sacrifice.

Le culte nous présente, comme la prière, un caractère de permanence, qui ne permet pas de douter, que ce no soit encore Ih, un article du symbole social. La prière, l’offrande, l’adoration, le sacrifice, voilîi ce que l’on retrouve partout et à tous les instans di; la durée du genre humain.

ÉLÉMF.KS DE PniLOSOPHIE.

Avant la venue de Jésus-Christ, le culte antique se ^ composoit, comme le cuite catholique, de l’adoration et du sacrifice ; mais la crainte faisoit le fond du culte primitif. Le culte du Sinaï, lui-même, n’étoit que le culte de la crainte , le culte de l’enfance d’une société figurative. De Ui, ces innombrables sacrifices sanglan$,que l’on retrouve chez toutes les nations idolâtres, et qu’a détruits à jamais le sacrifice du divin Rédempteur (i).

Le salut par le sang, étoit, et fut toujours, comme il est encore, un des points fondamentaux de la foi du genre humain, et tant de sang répandu en attestoit l’impuissance. Ce sang, incessamment versé, appeloit un sacrifice plus grand, prophélisoit une autre effusion sanglante, accomplie depuis dix- huit siècles, et qui, sous de mystiques symboles, se renouvelle sur tous les points de la terre, pour le salut du monde.

En parcourant les monumens traditionnels, on décou vre des rites, des cérémonies sacrées et religieuses, pratiq'ués universellement et uniformément, chez toutes les nations de la terre, aux difl'érens âges de la vie des hommes.

En établissant par le témoignage universel, le fait de la dégradation primitive de l’homme, et de la transmission du péché originel, à toute la race humaine, nous avons

(i) Gilon , vainqueur des Carthaginois , fit avec eux un traité de paix, où il stipula l'abolition des sacriGecs humains .

« Si les diables ou les géants, ayant chassé les dieux , avoient » usurpé l’empire et la seigneurie de ce monde, de quels autres s.i- • criGces, dit Plutarque, se réjouiroient-ils, et quelles autres oITrandcs » pourroient-ils demander aux hommes ? »

DiQiti.-cu uv ‘‘^^II

ÉLÉMEISS DE PHILOSOPHIE.

parlé des cérémonies expialrices en usage chez tous les peuples 5 la naissance des enfans (i).

Mais la naissance, n’éloit pas la seule époque de la vie, marquée par des signes religieux.

Les cultes superstitieux eux - mêmes, embrassoicnt toute la vie de l’homme; ils l’environnoient au berceau, l’accompagnoient à l’autel où s’olTroicnt les sacrifices; marquoient son entrée dans l’âge viril, suivoient la jeune épouse au temple, et venoient se placer près du tombeau où descendoit la dépouille mortelle du vieillard.

Le culte judaïque avoit scs innombrables rites; et si la loi morale descendue du Sinaï, n’étoit que l’expression de la loi donnée aux premiers humains, pour être la réglé de leur foi, de leurs volontés et de leurs œuvres; la loi rituelle du peuple figuratif, lui étoit propre; et devoit à cet âge de son enfance, lui servir de préservatif contre l’idolâtrie.

Ainsi, le culte catholique, avec scs rUes sacrés, ses cérémonies majestueuses , ses divins sacremons, n’est que la manifestation complète, que le perfectionnement du culte antique, dont les formes avoient été profondément altérées par les superstitions païennes, mais qui, par ces superstitions mêmes , n’en attestoit pas moins, un besoin générai, une loi fondamentale de l’humanité.

Et, le catholicisme , considéré dans sa foi, dans ses croyances, dans sa morale, dans son culte, dans ses sacremens, n’est que la religion primitive, élevée â sa plus

(1) Du tant de religions düTérenles, dit Voltaire, il u’en est aocnne, qui n'ait pour but prineipal , les eipiatioiis, L’homnic a toujours senti, qu'il avoit besoin de clémence.

tLÉMËKS DË FIllLUSOPUIE.

haute puissance; il n’est, sous tous ses ospects,. que ia loi perpétuellement une, dans ses développomens mêmes, du progrès indéfini de l’humanité, dons le vrai et dans le bien.

§ ill. Du sacerdoce.

Le sacerdoce, aussi ancien que le monde, aussi étendu que l’univers, est comme les rites religieux, comme les cérémonies sacrées, comme les sacrifices dont le prêtre est le ministre, une loi du monde moral.

Le sacei'doce se présente sous trois aspects, correspondans aux trois formes de société par lesquelles le genre humain a passé, en gravitant vers le catholicisme.

La forme primitive du sacerdoce, est la forme patriarchale (i). Le chef de la famille, aux premiers jours du monde, étoit ii la fois, l’homme père, et l’homme prêtre; le ministre de Dieu pour la propagation de la race humaine ; le pontife de la religion primitive; le gardien des traditions antiques, et l’interprète vivant de la loi divine, charte éternelle de la société.

Le sacerdoce devint une fonction sooialo et religieuse. Sacerdoce patriarchal :

Faclamqac est post matlos diqs , ut offerret Gain de fructibuR terræ', maucra Domino. C«n., 4> 3-

Id., 4 . Abel qooque obtulit de primogenitis gregis sui, et de adipibus coruni, et respoxit Domious ad Abel... .

fd. , 8 , 00 . ÆdiGcavit autum Noë allarc Domino, et., obtulit hu.> locausta super altarc...

— Gen. (Abraham) la, 8 . ÆdiGcavit quoque ibi altare Domino..

i4i iG. Al vero Mejcbisedcc, rcxSalcQi, prpforcns paaom et vinqm, eral enlm sacu'dos Dumini.

ËLÙ.MF.:iS DE PlIlLU.SUl’niE

distincte de la faïuille, quand la société passa de l'état pa- Iriarchal et nomade, à la forme de société publique ou politique.

Le sacerdoce, au temps du patriarche Joseph, étoil depuis long-temps en Égypte, constitué publiquement. Les familles sacerdotales, h cette haute antiquité, et bien avant la consécration du sacerdoce lévitiqric, formoient une tribu à part, une caste sacrée, seule en possession des cérémonies du culte, seule chargée d’offrir les sacrifices, d’interpréter les saints oracles, de faire connoîlrc la volonté du ciel, de faire observer la loi morale.

Il en étoil ainsi chez les outres nations de la terre , comme l’atteste le pcntatcuque en plusieurs endroits (i).

L’Inde, la Perse, l’Égypte, la Chine, tout l’Orient, nous présentent des familles .sacerdotales, dépositaires do. tout ce qui avoit rapport au culte de la divinité, chargées d’interpréter la loi morale, et de Iransmcttro aux peuples les oracles du ciel.

Le sacerdoce lévilique(a), investi d’im pouvoir sii|)réine, s’offre à nous comme l’immortel gardien de la loi divine,

(i) SacerJoct chez la gcntililé.

Gen , 4 i , 5 o. Kali suiit aulrin Josrpli , niii ttuo.. (|uiis pi'perilef Asrnclli , tilia Palipharc , ancerdotis tieliopolcos..

Id. 4 a. Præler lerr^ini saceidotum qiiæ à rego trmlila ftity at ois.

Exod., 2, i6. Eiant .Tiilcm saerrdoli Mddi.'iii scpicin fili.-p.

Id., i8, 1 2, Obtulit crg6 Jctliro ( s.icerdos Miidiim . lioloc.iusl.'i el hoütias Dco , vcnci util'piv Auron , cl oiniicii sriiiorcs Isnicl ut coiiicdcmil paiiciD ciim co, corain Dco.

{■ijSnrertIocc Idvitigue

Kxod. . 28, I. Applic.n (pioqiir .nd In .^.iion.. rmii filii.s sid.s.. ni ancerdolio (niigiiiilni milii..

2g, g. Erunli|uo .unerdulcs inild, rcliglonc prrpcliia.

KLÉMCNS DE PHILOSOPHIE.

parmi les dcsccndans de Jacob. La tribu des enfans de Levi , rangée autour do l’arche sainte, d’où sortoient les oracles qui dévoient régir le peuple de Dieu, offroit nu Seigneur les sacrifices figuratifs, lui présentoit les prières du peuple, et transmettoit b la nation, la connoissaucc de la loi.

Le paganisme, en altérant les traditions primordiales-, n’anéantit pas le sacerdoce. On le retrouve toujours pendant la période qui précède l’établissement du sacerdoce catholique, et les liltlératures grecque et latine, nous font assez connoilrc la place que les castes sacerdotales occupoient chez ces nations corrompues. Comme dans l’antique Orient, elles furent perpétuellement chargées de tout ce qui avoit rapport au culte religieux. Les rites, les pompes, les sacrifices, f interprétation des oracles sacrés, la garde des traditions, telles furent les attributions du sacerdoce chez les nations idolâtres.

Ainsi, le sacerdoce en s’altérant au milieu de l’univers, no s’anéantit pas plus que les traditions elles-mêmes; pas plus que la parole primitive, pas plus que l’humanité. 11' fut toujours l'élément de toute sociabilité, le principe civilisateur dans la famille et dans l’étal, l’interprète vivant de la loi de justice.

Enfin, le sacerdoce de la loi de grâce, le sacerdoce im . mortel est fondé(i). Jésus-Christ pontife des biens futurs, prêtre éternel selon l’ordre du roi de Salem, investit de sa

(iJ Sacerdoce de Jésus-Christ

Tu es eaeerdos in æternum... Psal., log, 4- — Hic aulcm.. sempiternom Imbcl saeerdotium. fleb.. 7 , 24. — Talis cnim deccliat ul nobis cssi-l poiilircx sancliis , innoeens , iinpolliilus , sogiogaliis à

SIEMENS nE PHILOSOPHIE.

aô5

toule puissance quelques disciples qu’il a choisis: il les revêt de sa vertu divine, il en fait les sacrificateurs de la nouvelle loi, il met dans leur bouche la parole éternelle; il leur commande d’être la lumière du monde et le sel de In^ terre, les auxiliaires de Dieu dans la structure de la céleste Jérusalem, ses ambassadeurs auprès des nations, les dispensateurs de ses mystères, les interprètes de sa loi, les médiateurs de son éternelle alliance. Une tribu nouvelle, un sacerdoce inrimortel, se forme au milieu de la gentililé, et devient l’élément qui doit régénérer l’univers. Une grande mission s’ouvre pour lui , et pendant dix-huit siècles, le sacerdoce catholique chargé de perpétuer sur la terre la médiation de Jésus-Christ, conserve, impérissable dans la conscience des peuples, qu’il a soumis h l’évangile, la foi des vérités saintes, qui sont le principe de toute civilisation , l’indestructible élément de tout progrès social.

Et nous comprenons maintenant la place que le sacerdoce complet, occupe dans le monde. Détruisez le sacerdoce de la loi de grâce; avec lui périt l’Église catholique, et sa ruine entraîne infailliblement celle du genre humain, qui ne vit que des vérités conservées impérissables, dans son sein , par ceux à qui la vérité vivante ellemême a dit : « Vous êtes la lumière du monde, vous êtes

pcccatoribus. Heb., 7, 46 - — Assumam rx pis in sacerdolcs et Icvitas. I'<AÎE, 66, 21. — Hue facile io meam commemorationem. Lee, 22, 19. — Dei cnim adjutores sumns. /Cormtâ. 3 , 9. — 51 inistrosChristi. Iti. — Dispcnsalores mj'sleriorum Dci. Id. 4 . i- — Pro Chrialo Icgalione fangiiuur. II Corinth. 5 , 20. — Sacerdotca mundi fundainenta. Gheg. da iVaz. — Sacerdotes columuæ qoæ nutautis orbis statani suslinent. S. Eucii. — Sacerdotes munis Ecclcsiai. S. Chrisost. — Januac civilatis ælcrnte. S. Ai'c. Vos cslis lux mundi : vos cslis sal Icrrsc. S. Mattii. 5 , i 4 .

a54 ÉLtMliNS UE l’IIlL^tSUEmE.

«le sel <lc la lerrc. « Ainsi, le sacerdoce envisagé dans son action sur riuiinanité , est une portion essentielle de sa vie, et il n’est pas plus possible de nier sa perpétuelle existence, que denier l’existence même de l’univers.

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