‹ ÿleméns de philosophie catholiqueChapitre 46 sur 77 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

POURQUOI UNE THÉORIE GÉHÉRAIE DE l’eSPRIT BDMIIR , OU UN STSTÈME.DE PHILOSOPHIE UNIVERSELLE A-T-IL ETE VAINEMENT CHERCHÉ jusqu’à CE JOUR ?

1“ Parce que l’explication universelle des choses étoit impossible, tant qu’on s’est obstiné à la chercher dans des voies directement opposées b la loi de l’esprit humain.

2” Parce que l’humanité n’avoit point assez vécu, pour qu’une théorie universelle de l’esprit-humain fût réalisable.

Nous disons d’abord, qn’un système d’explication universelle étoit impossible, aussi long-temps qu’on l’a cherché dans des voies directement opposées à la loi de l’esprit-humain. Celte loi, que nous avons reconnue à son caractère de permanence, est, l’ordre de foi et l’ordre de conception, dont la simultanéité donne lieu à cettcgraïule loi du progrès : le mouvement varié dans C unité.

Pendant 40 siècles, les hautes intelligences, qui ont cherché b expliquer Dieu et l’univers, ont pris pour point de départ le moi solitaire de l’homme seul ; et sans ontologie précédente, elles ont demandé b la synthèse ou b l’analyse individuelles, la science de Dieu et de l’univers. Mais vains labeurs, stériles tentatives I car le moi indivi-

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duel, n’appi'cndra jiiiuais ù riioininc, si les nolious d’absolu el de relatif, d’infini et de fini, qui l’afFectent, ont une existence objective, ou ne sont que des modifications inhérentes an moi; mais sans réalité distincte du moi : aussi, nous avons retrouvé le panthéisme avec tontes ses phases, et le scepticisme lui-même, au fond de toute spéculation individuelle. Point donc, de théorie générale de l’esprit humain possible, par la philosophie purement individuelle.

Nous disons en second lieu, que le genre huiuain n’avoit point assez vécu, pour qu’une théorie universelle fût réalisable.

Une théorie générale de l’esprit humain consistant à déterminer les lois qui régissent Dieu el la création, il falloil de toute nécessité, que ces lois pussent être reconnues iufailliblement. Mais pour parvenir à ce but, il falloit d’une part , que les lois du monde moral , eussent revêtu un caractère de permanence, d’unité et d’universalité; et de l’autre, que l’ordie entier des conceptions scientifiques , pût être mis en harmonie avec l’ordre immuable.

Ainsi, deux choses pouvoient seules, placer le génie sur la voie d’une théorie générale de l’esprit humain.

1° L’unité, l’uni versalité, la perpétuité des croyances,, invinciblement reconnues par l’infaillible témoignage des traditions universelles. ..

2° Un mouvement scientifique tellement développé, en dehors de la loi immuable de Vunité, que l’esprit humain fût forcé de consacrer l’hurmonie complète de In science, avex la foi; ou que, consommant sa révolte, et achevant de violer pleinement la loi de sa nature, il tombât dans

ÉLÉMENS DE PIIILUSOPIItE. a5l

le sceplicisine, el expirât clans une irrémédiable anarchie.

Or, ce u'est qu’au dix-neuvième siècle, que la logique catholique a été amenée par la logique de l’erreur, àconstoter ce grand fait : que la foi du catholicisme est lu hase de la raison humaine, el qUe hors des croyances catholiques, il n’y a poiut d’autre asile pour la raison, que le tombeau du scepticisme. D’un autre côté, c’est au dixneuvième siècle, et au dix-neuvième siècle seulement, que le travail de la conception scientifique, a amené cette gr.inde conclusion, qui est le dernier mot de chaque scienee : toute science aboutit à un article du symbole catholique.

Ainsi, d’une part, connoissance des traditions universelles du genre humain, et harmonie connue de ces traditions avec le symbole de la foi catholique; do l’autre, vide, anarchie, scepticisme do l’ordre scientifique tout entier, cl de chaque science en particulier, du moment oi'i la science prend son poiut de départ et le but de ses recherches, en dehors des lois du monde moral. D’où il résulte, «luc le moment est venu de réaliser une théorie générale de l’esprit humain; et de résoudre le grand problème philosophique do la science, sur Dieu el ruuivcrs( i ).

(i) Nous avons dSj.’i dit, qu'un illuslrc écrivain, se préparoit dans Icsilcnpu, à fournir celle immense camère.

ÉLiHBNS DE PHILOSOPHIE.

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