PREFACE
res et philosophiques, <juc le tems provoque , et qui grandissent comme les siècles et avec les siècles.
Ainsi, quand le Verbe incarné , parut parmi les enfans des hommes , il parla à ceux qu’il appeloit ses frères , la langue de leur tems ; et il est à remarquer, qu’outre les formes paraboliques et populaires, dont le Sauveur du monde se servoit habituellement, il parloit aussi, la langue familière aux deux sectes qui existoient de son tems en Judée, celle des Pharisiens et celle des Sadducéens (i).
L’influence de la philosophie néoplatonicienne, sur les écrits des pères de l’église grecque , est frappante : et leur enseignement catholique, se revêt constamment des formes de la philosophie alexandrine , et de celles de la littérature grécoorientale.
(i)Un jeune orienlatiste, que l’église eomplera peul-étre unjour, au nombre de ses défenseurs, nous faisoit observer, qu’il existe dans le Talmud, dont la plupart des traditions écrites, remontent bien au-delà del’ère eli retienne, une foule de formules philosophiques , littéraires, poétiques et paraboliques, reçues dans le langage ordinaire des Sadducéens et des Pharisiens; qii’employoient habituellement les deux grands rabbins, qui représentoient ces deux sectes au tems du Sauveur; et dont iln’u pas dédaigné de se servir lui-mémc plus d’une fois, en conversant avec les enfans des hommes.
PBËFICE.
Au moyen âge , les écrits et la prédication catholiques , sont visiblement empreints, sous le rapport philosophique „ thcologique et littéraire , des formules scolastiques et des catégories fastidieuses de la philosophie d’Aristote, qui dominent toute cette époque.
Depuis trois siècles, les' systèmes de Bacon, de Descartes et de Leibnitz, se partagent l’empire du monde philosophique; et toute la littérature de cette époque , en recèle les élémens. Le rationalisme cartésien , a exercé une influence marquée sur renseignement etsur laprédication catholique en France, et la méthode de Descartes, se combinant avec les formules de la littérature grecque et latine, a donné naissance à la littérature du siècle de Louis XIV. Avec l’élément de la scolastique , les germons et les livres de ce siècle trop exclusivement vanté, peut-clrc, sont visiblement composés sous les inspirations de la philosophie carté.sienne , et des formes passagères de la littérature idolâtre des siècles de Périclès et d’Auguste (i).
(i) Les grands orateurs et les grands écrivains du siècle de Louis XIV, renferment, sans aucun donic, des beautés littéraires du premier ordre ; mais ces beautés sont de tous les siècles, ce sont des beautés bibliques, des beautés universelles, qui avoient leur source dans le catholicisme, et qui dominoient la pensée de ces écrivains, alors même que léduils par l’attrait des littératures de Rome et d’AthèucS,
PfibFACE.
En Allemagne, l’enseigneinenl religieux, s’c"'t ressenti plus ou moins, de l'action de l’idéalisme; et la philosophie positive de Bacon, modifiée par Locke , se révèle sans cesse , dans les productions théologiques et littéraires de l’Angleterre.
Mais remarquons, que ces. systèmes de philosophie successivement modifies, ayant accompli leur mission; et étant dans une radicale impuissance , de s’identifier avec le vrai et le beau, envisagés dans leur développement progressif ; l’enseignement catholique ne sauroit se revêtir, soit dans les livres, soit dans la chaire, des formes qui sont propres à ces systèmes , sans perdre par-là meme, son ascendant sur les intelligences; et sans déserter sa mission , qui est à' attirer tout à lui, et d’imprimer à la science et à la littérature , comme à tout ce qui peut être l’objet des pensées de l’homme, le«cachet de sa splendeur, toujours croissante et toujours infinie.
Ainsi, la prédication catholique, devra se dépouiller des clémens divers du rationalisme, de 1 idéalisme et du sens^ualisme , impuissans à réaliser le vrai et le beau , dans leur forme grandissante
ils clierciioicnt le type du beau <l;ms ces formes païennes cl sensuelles de la pensée. Mais il n’est pas moins certain, que l’élément rationaliste en philosophie, et que l’élénient païen en littérature, dominent les prodHcliousintelleclucllcs de ce siècle.
l*aÛFACE.