‹ ÿleméns de philosophie catholiqueChapitre 61 sur 77 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

LG CATHOLICISME EST LE PGINCIPE GÉnÉRATEFS DE LA CIVILISATIOK.

§ I. Notion catliolique de la civilisation.

Il n’est point de paroles dans le livre, par excellence, qui se soient accomplies plus littéralement, que cet oracle d’Isaïe : ambulabunt gentes in lamine Uio, el reges in splendore ortûs lui ( 2 ).

Le christianisme en effet , a été la cause première de la civilisation des peuples. Les faits prouvent cette vérité, que la raison conçoit d’ailleurs , avec une irrésistible évidence.

Car, en quoi consiste la vraie civilisation ? La civilisation , est dans sa. notion radicale , la production sociale du vrai, et du bien. Tout peuple qui réalise, è un degré quelconque le vrai el le 6ïen , possède au moins, un *

,{i) Isaïe, 66, is.

( 2 ) Iil., 60 , 5 .

Jized by CoogU

éll'mesh nE pniLosopiiiE. 5o5

commencement de civilisation ; et comme il n’exista jamais sur la terre de horde sauvage tant dégradée fut elle , qui ne manifestât dans son existence, qnelqn’élémens du vrai et du bien; il n’en est point par conséquent, qui ne possède quelques germes civilisateurs.

Le vrai et le bien , principes de toute civilisation , en sont aussi la mesure et la règle; en sorte que la civilisation d’un peuple croit , ou diminue , à mesure que le vrai et le bien croissent ou diminuent dans sa conscience , dans sa législation , dans ses habitudes et dans ses mœurs...

Le vrai et le bien , expliquent tous les genres de perfectibilité chez uii peuple, et dans le genre humain luimême; car, le beau, le saint, le juste et l’utile, sources de la religion , des mœurs , des arts, de l’industrie , de l’agriculture et des luis , iie sont que le vrai et le bien, envisagés sous divers aspects.

$ il. De la civilisation ÿvant Jcsii.s-Christ.

Pour comprendre d’une part, l’élat du genre humain avant Jiisiis-Christ , sous le rapport de la civilisation ; et de l’autre, l’action immense que le christianisme a exercée sur lui , pour le régénérer, il faut partir du fait social de la dégradation originelle do l’homme ; et du fait accompli , de la régénération. Sans cette double notion , que la raison ne sauroit révoquer en doute , sans être directement conduite au scepticisme , le problème de la civilisation ancienne et moderne, est h jamais insoluble.

L’introduction du mal dons le monde; la tyrannie des sens sur l’intelligence; l’obscurcissement des traditions l)rlmitives; l’action des erreurs j>artlclles de l’esprit hu-

i;li:md>s de l’iiiLosorii ie.

niainsuriu sociélc; Icllcs fnrcnl les sources tle la dégr/ulalion inlclleclucllc cl morale des nalions de la lerrcel les grands, les invincibles obslacics aux progrès de la civilisation. Avant Jésns-Christ, il y cul civilisation ascendante, lîi où les traditions primitives sur la science de Dieu , de l’homme cl dernnivers, furent conservées plus fidèlement.

Et voilà pourquoi le peuple juif, avant rétablissement de l’église , fut le peuple le plus avancé dans la vraie civilisation. Il y eut chez lui , science plus profonde , amour plus vrai de Dieu , de l’homme et de la société ; connoissanco plus explicite des faits primitifs , de la dégradation originelle et do raccomplissemcnl futur de la régénération de l’humanité.

Les notions du vrai, du bien, du juste, du saint et du beau , altérées plus ou moins profondément chez les nalions idolâtres , cufanlérenl des constitutions bâtardes; des cultes superstitieux , des législations liberticides, cl des moeurs abominables. Ainsi , le panthéisme , le dualisme , le fatalisme , le sensualisme et le paganisme , se partagèrent dans l’ancien monde , l’empire du mal , et vicièrent tous les élémens de civilisation, au sein des sociétés où ils pénétrèrent.

Tous les débris do civilisation qu’on retrouve dans lo monde , avant Jésus-Christ , ne furent que les ruines vivantes des traditions primordiales , que ces vastes et effrayantes perturbations dont nous venons de parler , n’avoient pu anéantir tout à fait.

ÉLÉME>S t)E rHILOSUPIIIE.

5 111. Oc la civilisaljoii , depuis l’élablisscmeiit de l’cgliso jusqu’à nos jours.

Le calholicisine. a fécondé cl développé au sein de toutes les sociétés qu’il a conquises à sa vérité et son amour, tous les principes de civilisation qui reposoienl en elles. Ce fait éclatant est au-dessus des alleinles du doute. Il est certain aussi, que la civilisalion marche chez un peuple, en raison directe de l'influcncc du catholicisme sur lui! El un fait qui n’est pas moins certain que les précédens, c’est que tout peuple qui n’a pu parvenir au catholicisme, est plongé dans la barbarie. Il y a plus : tout peuple qui cesse d’être catholique , recule pou li peu , et quelquefois tout d’un coup, vers l’étal sauvage; et les sociétés protestantes, schismatiques, philosophiques ei incrédules, SC sont éloignées de la vraie civilisalion , au degré oii la vérité catholique s’est allérée dans leur sein. Mais il faut indiquer la cause de l’action immense du catholicisme sur la civilisalion. Nous avons dit que la civilisalion prise dans sa notion radicale , n doit qüe la production sociale du vrai et du bien. Or, le catholicisme révéle au monde d’une part , la notion précise du vrai et du bien , et de 1 autre , il communique b I etre social la puissance de réaliser cl le bien et le vrai ; il est donc le principe civilisateur.

Le calholicisine révèle au monde la notion précise du zo ntcl du bien, puisque hors de sa vérité et de son amour, il n y a pour la raison , que le panthéisme , que le sen ■ suahsmo ou le scepticisme. Il communique , en second lieu à 1 cire social , la lorcc de produire le vrai et le

ÉLtMEXS UE PlilLOSOPniE.

5oü

Lien; puisque les unlious calholiques , mnrchenl, cl ont toujours marchti, dons le vrai et dans le Lien; pendant que tout peuple qui s’éloigne des dogmes et des lois du catholicisme , s’enfonce de plus en plus dans le mal et dans l’erreur.

§ IV. De l’action du calliolicismc complcl sur la civilisation.

Le progrès de la civilisation , n’est que le progrès dans le vrai cl le Lien. Et comme le catholicisme renferme tonte vérité, qu’il est la source intarissable, l'nlinic, de l’amour et de la vie des intelligences, il est évident qu’en se développant pleinement , non seulement dans un peuple , mais dans le genre 'humain , il donneroil h la civilisation , toute la perfeclibililé qu’elle peut atteindre, dans les limites du teras. Si la notion et le sentiment catholique du vrai , du Lien , àu juste , du Lcau , de l’utile et du sailli , pénélroient autant que les bornes de la création le permettent, dans la conscience, dans l’amour, dans le culte, dans les arts, dans le commerce, dans l’industrie et dans les constitutions des nations de la terre , alors , sans aucun doute,* le genre humain atleindroit parle catholicisme , le plus haut degré de civilisation où il lui soit donné de parvenir. Cette proposition évidente pour la conscience catholique, demeure inébranlable au doute, jusqu’à ce qu’on établisse, que l’idéalisme, le sensualisme ou le scepticisme peuvent enfanter une civilisation sinon supérieure, au moins égale à celle qu’enfante le catholicisme. Et quiconque travaille 5 hâter sur les intelligences, le triomphe du catholicisme, travaille pour la civilisation du monde. L’incrédule est le missionnaire de

ÉLÉMESs nG rniLOSOPniE.

in barbarie ; et il est écrit, que les nations et les rois , marcheront au (lambeau civilisateur de l’église éternelle : «AmbulabinU génies in lumine tuo, et reges in splendore ortûs lui. »

Page 1