CHAPITRE XXIII
LE catholicisme EST LE PRINCIPE CÉNÉRÀTEDR DE l’iNDL'STRIE ET DD COMMERCE.
§ I. Origine de i’induslric et du commerce.
I/industric cl le commerce, remontent comme l’ngr'tcullure, h l’origine des siècles.
Le profond changement survenu dans les destinées temporelles de l’homme, après sa dégradation originelle, fit du commerce, de l’industrie et de l’agriculture, une nécessité pour le genre humain. L’industrie et le commerce naquirent du besoin où l’homme tombé se trouva, de se vêtir et de s’abriter. Incapable de fournir seul à scs nouveaux besoins, qu’accroissoit encore l’asservissement au corps, il dut recourir aux échanges, cl mettre en communauté les produits do son activité, et les créations de son industrie. Mais tant que le genre humain vécut de la vie nomade et palriarchalc, l’industrie no sortit point du cercle tracé autour d’elle par cette forme passagère d’existence sociale.
Pendant l’ère des patriarches, le commerce se produisit sous la forme d’échange, car l’origine des signes de valeur ou de la monnoio, est de beaucoup posiérietire au tems
KLEME^S DI. rillLO.SOPilU:.
(lu déluge. Mais il importe de remar(juer, (|uc l'iiiduslrie
le commerce ne sont réalisables que par la religion ; car, la conscience, la justice, l’équité, la bonne loi, sans lesquelles on ne conçoit pas In possibilité du commerce , même sous sa forme primitive, et pour ainsi dire, origiginellc, ne sont que la religion appliquée aux actions de l’homme vivant en société. Sans religion point de conscience, point do foi d’homme h homme, point de garantie dans les engagemens, point de sécurité, point d’industrie, point de commerce par conséquent.
Mais le commerce et l’industrie ont revêtu une nouvelle forme, à mesure que la société s’est étendue; et quand les familles devinrent des nations, les arts de bâtir, de fondre, de forger les métaux; de tisser , de teindre la laine ou le lin, se perfectionnèrent, se développèrent comme la société elle-même, par les mêmes causes cl pour les mêmes motifs. Ces arts chez les nations de la Haute-Asie, earent leur enfance, et un commencement de luxe dans la construction des cités, des temples, dans les produits de l’industrie et du commerce, n’eut lieu que par une civilisation plus avancée.
$ II. De l'industrie et du commerce dans le monde ancien.
L’industrie et le commerce dans le monde ancien . passèrent par différentes transformations, correspondantes aux divers degrés de civilisation que l’ancien monde pouvoit acquérir sous l’influence de la religion primitive et des traditions, successivement altérées par les erreurs de l’esprit humain, sur Dieu cl l’univers. L’inifustrie et le commerce se renfermèrent long-temps dans le cercle des
KLF.MERS DE (■IIILOSOrilli:.
i-clations de j)cin)lc à peuple, el leur forme, h ccl âge de la société, fui [’échan^e. Plus tard, on aperçoit l’usage des signes de voleurs; on voît naître la monnaie, el le commerce s’agrandir.
L’art de la navigation, ne vint qu'aprés la naissance des cités. Tyr, Sidon, Carthage, puis Alexandrie, firent un commerce maritime assez étendu. Les républiques grecques et romaine brillèrent par un genre de gloire tout différent. Les flottes égyptiennes et celles de Salomon , sillonnèrent la Méditerranée, et peut-être l'Océan. Dans la suite, une colonie de Phocéens fonda la ville de Marseille, dont le commerce est encore une des gloires de la civilisation catholique. Mais chose étonnante ! la prospérité du commerce et de l’industrie , leur plus grand développement dans le monde ancien, remontent aux tems antérieurs aux conquêtes de la Grèce et de Rome. 11 faut indiquer lo eause de celte décadence de l’industrie et du commerce.
5 III. Influence des êgaremens de l’esprit humain sur l’industrie et le commerce.
L’industrie et le commerce, n’ont pu se développerdans une certaine mesure , au sein des nations anciennes, et dans leurs relations mutuelles, que sous l’influence de la loi morale, encore vivante dans la conscience du genre humain, plus voisin des traditions primordiales. Ils durent s’altérer par le dépérissement, de la loi morale régulatrice de la conscience, de l’équité, do la justice; cl sous l’influence des erreurs partielles de l’esprit humain. Le panthéisme indien, Icndoil h anéantir l’induslrie cl le com-
ÉLÉMF.NS DE PHILOSOPntE.
mcrcc comme l’agricullnrc, par les mCmes raisons. Le dualisme, faisant de la matière le principe du mal, loin d’être favorable anx progrès de l’induslrie et du commerce, devoit en amener la ruine. Le matérialisme épicurien, ne laissant subsister que le sentiment des jouissances brutales, et égoïsanl profondément l’homme, devenoit mortel h l'industrie.
Lo paganisme, par rétablissement des religions nationales, enfantoit ces haines de peuple h peuple, que rien nepoiivoit vaincre, pas même le besoin des jouissances, dont il divinisoit cependant tous les excès.
De plus, en élevant entre chaque peuple, une muraille plus infranchissable que celle de la Chine, il brisoil l’élément civilisateur, anéantissoil le droit des gens, et creusoit ainsi 1e tombeau du commerce et de l’industrie. On voit pourquoi, l’industrie et le commerce, qui sous l’empire encore durable des traditions de justice, et de la loi morale, jetèrent h Jérusalem, h Tyr, h Sidon, à Carthage, et h Alexandrie un si grand éclat, languirent et s’alTaissèrcnt, sous l’influence homicidc'du paganisme.
Tous les ressorts de l'humanité éloient détendus, quand le christianisme vint régénérer l’univers. 11 nous reste h examiner son action sur la prospérité induslriello et commerciale des nations qti’il a civilisées; et ce que le genre humain deviendroit sous le rapport industriel, par l'action du catholicisme maître de l’humanité toute entière.
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5 IV De rinflucnce du catholicisme sur rindiislric cl le commerce, depuis rétablissement de l'église jusqu’à nos jours.
Pendant toute la période qui s’écoula, depuis l’origine du christianisme jusqu’aux grandes découvertes du seizième siècle; l’église travailla 5 placer dans la conscience humaine la loi morale, que le paganisme avoit presque effacée du milieu des nations. Une fois maître de l’Eii rope, par l’influence de scs dogmes, de sa morale, de son culte cl de son sacerdoce; il introduisit dans les veines du corps social un principe de civilisation, et le droit des gens fut fondé. La justice sociale détrôna la force; cl l’égoïsme fut vaincu par l’amour dont le christianisme est la source infinie.
Nourries de la vérité et do la charité qui dcsccndoient de la chaire éternelle, les nations de l'Europe commencèrent à se connoître, et bientôt h s’aimer. De l.’i, un mouvement prodigieux, imprimé aux sciences, à l’agriculture, ou commerce et h l’induslrlc.
La découverte de la boussole, de rimprimcric et du papicr-monnoie, coïncidant avec celle de l’Amérique, le commerce et l’industrie prirent un essor immense. Les llollcs de Venise , de Gênes , du Portugal , de l’Espagne , do l’Angleterre et de la France, sillonnèrent la Méditerranée et l’Océan, et portèrent dans tout l’univers, avec des prêtres cl des moines catholiques, les élémensde civilisation , dont le nouveau monde surtout, recueille mointcnanl les fruits.
C’est un fait incontesté , que depuis l’établissement social du christianisme, on retrouve eu Europe , un pro-
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grès toujours croissant de l’industrio et du commerce , dont il faut chercher la cause dons l’ascendant que le catholicisme a exercé sur celte portion du globe , en la civilisant.
L’industricet le commerce, ces secondes nourrices de l’homme, dévoient, par le catholicisme, prendre un essor nouveau: car le catholicisme éclairant d’une part, les profondeurs do l’être infini, et jetant de l’autre, sa vive et féconde lumière , sur la création et ses lois , il est évident , qu’il devait dilater le monde de l’industrie et du commerce comme celui des arts , de la science et de r agriculture ; et il est de fait aussi , que les nations chrétiennes , sont les plus industrielles et les plus commerçantes de l’univers. .
^ Mais l’humanité toute entière, ayant participé au mouvement d’ascension que le catholicisme imprime au genre humain, le monde moderne , considéré dans son en semble , olTre un développement toujours progressif de commerce cl d’iuduslrie.
Disons maintenant un mot, de l’influence que le catholicisme complet exerceroit sur l’industrie et le commerce.
Quand le monde moral comprendra, que le catholicisme est le père de la science de l’amour et de la vraie liberté, alors s’accompliront les grandes destinées du christianisme, sur la régénération du genre humain. L’erreur et le crime sans être entièrement détruits ici bas, seront subjugués , et le monde entrera dans l’ère de sa civilisation complète.
L’univers ne formant plus qu’une grande famille , régie par les lois de la société éternelle des intelligences, la vie . dont le catholicisme est le centre , s’épanchera sur
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lui; et niors l’industrie et le commerce, atteindront le plus haut point de leur développement et de leur gloire; car Vulilc dont le commerce et l’industrie , «ont la ma nifeslalion sociale et progressive , a son type dans l’infini , comme les arts expression du beau. Or le catholicisme seul, nous donne la notion précise de l’utile, soit dans son ly|>c immortel , soit dans sa forme sociale; donc, le catholicisme et le catholicisme seul, peut dilater, pleinement l’industrie et le commerce. D’un autre l'ôlé, si le christianisme soumet un jour le monde entier Il scs lois, les communications sociales, deviendront par l’industrie et le commerce, aussi rapides entre tous les habilans de la terre, qu’elles le sont maintenant, entre les habitans d’une même patrie.
Ainsi, en supposant le monde pénétré de la science et de la charité du catholicisme pleinement développé dans les arts, dans l’industrie, dans les mrcurs et dans les lois, il n'y auroit plus de distance entre les habilans du globe terrestre ; la vérité et la charité circuleroient dans l’humanité, par la presse devenue croyante, et par les iniroar ginables merveilles de l’industrie devenue catholique, d’égoïste , de païenne ou de protestante qu’elle est, comme le sang et la vie circulent dans les veines du corps humain.
Ainsi, remarquons le bien, tous les rêves de l’industrie anti catholique , ne sont qu’un instinct corrompu , de ce que le catholicisme seul , peut réaliser; puisque lui seul, renrerme, cpinme nous venons de le voir, le principe générateur, de toute perfectibilité sociale , scientifique , industrielle , etc. ; et puisqu'en assignant les bornes , que Wlilc peut atteindre, ici-bas, il promet à la pensée , h la liberté et à la scitncc humaine, un développement sans
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terme, et sans fin, dans un monde, dont le monde présent n’est qu’une ombre impermanenlc. Non habemus hic manenlein civitatem, sed faturam tnquirimu!)...{i)
Et nous comprenons maintenant la profonde leçon d’économie politique, renlerméedans ces paroles du Sauveur: «Cherchez avant tout le royaume de Dieu cl sa justice , et le reste vous sera donné comme par surcroît (2). »