‹ Ypriana. Notices, études, notes et documents sur Ypres (volume 2)Chapitre 25 sur 56 · VII · texte numérisé non relu

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la Flandre. En tous cas, nos communes cessèrent, dès lors, d*ètre efficacement protégées soit par TÂngleterre, soit par la France; des bourgeois flamands furent même bientôt molestés et maltraités sur mer, par les deux belligérants, dont les vaisseaux couvraient le détroit et interceptaient toutes les communications avec les ports de la côte flamande.

En 1370, des marins du pays de Ponthieu, de S* Valéry et d'autres localités françaises, saisirent des marchandises et des vaisseaux appartenant à des marchands d*Ypres et de Bruges ; mais, sur la réclamation des magistrats de ces villes, Charles V chargea deux chevaliers, Guillaume Blondeel et Jean Barreau, de faire restituer ces prises et de mettre en liberté lés flamands faits prisonniers; il défendit en même temps à tous ses sujets de faire de nouvelles prises sur les vaisseaux des flamands (i).

L'année suivante, ce fut des anglais que nos flamands eurent à se plaindre. Des navires de Flandre chargés de vin avaient rencontré, dans le havre de Torbay, des vaisseaux anglais; une querelle éclata, on ne sait trop à quelle occasion, entre les marins des deux nations; un combat s'engage; il dure pendant plus de trois heures, « finalement la place demeura aux anglois et furent les flamands décoinfits (â). »

Après cet incident de Torbay, Edouard III avait mis « grans gens sus mer à rencontre des flamens et les commanda à guerroyer... et à clore le pas (s), entre Zandwich et Calais (4) » ; toutes les relations

(1) Areh. Yp. Inv. 634. Lettres du 5 décembra 1970.

(2) Froissart cité par Kbrvyn.

(3) Le Pas: le détroit, le pas de Calais.

(4) Froissart, VIII. 96 et 99.

commerciales de la Flandre étaient ainsi interrompues ; ce n'est pas tout: Tétape des laines qui se tenait à Calais fut « close » (4), au grand |)réjudice des drapiers Yprois.

Cet état de choses était insupportable et ne pouvait durer; les échevins des bonnes villes se réunirent et décidèrent, en assemblée générale, que les flamands ne pouvaient s'exposer à v avoir la guerre avec les anglois leurs bons voisins pour l'oppinion de leur seigneur, le conte, aidier à soutenir»; les communes séparèrent donc leur cause de celle de leur seigneur et résolurent d'envoyer directement des députés en Angleterre, pour donner des explications à Edouard III et faire la paix. Louis de Maie « oy les raisons et les complaintes de ses gens », craignit de se brouiller avec les bonnes villes et de provoquer peutêtre de nouveaux troubles; il consentit à adjoindre cinq députés aux commissaires des communes.

Cette députation était composée de négociateurs habiles — « bons treitteurs » — et de bourgeois notables — « souffîsans hommes » — ; deux échevins d'Ypres, Wautier Croeselin et Henri Rugghinvoet (2), y représentaient leur ville. Nos députés apaisèrent facilement * le roi, désireux du reste de conserver l'amitié des flamands; on se mit donc bientôt d'accord et la paix fut signée à Marcq, le SO Mars 1372 (n. s.)

Le rétablissement de la paix et, comme conséquences,

(1) Froissart, VIII. 100.

(2) Et non Oauthier Troseelin et Henri Rogghebroet, comme le disent des aoteors, entr'aotres Kervyn (III. 413). Les noms de Wautier Croeselin et (le Henri Rugghinvoet sont mentionnés dans des actes du 9 mai et 23 juin 1372 {Arch. Tp. Inv, 2276 et 2277) et dans un acte du 12 décembre de la méme*année. [CaH. de S^ Martin, n» 589.)

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de rétape des laines à Calais et des relations cammerciales avec TAngleterre et d'autres pays, ouvrit pour la ville d'Ypres une période de calme et de prospérité. L'ordre y avait alors été rétabli, mais non sans peine; on voit en effet par nos registres de sentences criminelles qu'en 1370 et i371 , les menus métiers et le commun, toujours agités, y avaient souvent encore ourdi des conspirations et tramé des complots (alleances), que des «meutes» (i), des attroupements et des tumultes y avaient été fréquents, enfin que ces conspirations, — dont aucun de nos chroniqueurs ne fait mention — eurent parfois .un caractère ti*ës grave ; Ton constate aussi par ces registres que nos magistrats punirent alors avec sévérité, toute tentative de complot contre le seigneur ou contre la loi de la ville.

Le 20 novembre (1370), dix-buit individus sont bannis par contumace (( à tous jours sour le hart, de faire et quere promeches et alloiances de meute et conspiracion contre le seigneur et le loy » (s), et le 18 décembre de cette année, six autres manants, convaincus de tentatives de mêmes crimes, sont punis de la même peine (3).

L'année suivante (1371), est tramée une conspiration des plus dangereuses. De « mauvais conspireurs » complotent de s'emparer des portes de la ville, de se rendre maîtres du Besant et de jeter ensuite les seigneurs de la loi en |irison. Mais trois chefs de cette conspiration sont arrêtés (25 juin 1371), condamnés à mort et exécutés « de le gybet », porte notre

tl; M<utes,ée esmouvoir: émotions agitations, attroupements, tamultes, etc.

(2) Annexe K, N« 1.

(3) Annexe K, N« 2.

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