Fol le Scoth
vellement se lit sans opposition des magistrats sortants, car, d'après la rumeur publique, plusieurs seigneurs de la loi s'étalent laissé gagner par le prince, depuis le 24 août. L'échevinage fut alors composé en majeure partie d'éléments nouveaux; neuf des magistrats — tous Léliaerts sans doute et dévoués au prince — choisis par ses commissaires, n'avaient jamais siégé dans la loi, ni comme échevins, ni même comme conseillers (s).
Tout cela s'était fait au grand dépit {ghinc jeghetis therte) des bonnes gens, toutefois, il fallut souffrir ce qu'on ne ne pouvait empêcher. Mais le commun fut moins endurant (4); bientôt les gens des métiers murmurent hautement, ils crient d'une voix que la commune est trompée et trahie; puis, ils quittent leur travail, se mettent en grève et s'attroupent. Tout fait prévoir une nouvelle et redoutable waepenynghe; aussitôt les échevins Léliaerts somment les manifestants de retourner à leurs métiers; alors un d'eux, Hannin de Werd, plus audacieux que les autres, s'écrie au milieu d'un groupe tumultueux que la grève doit continuer; il est arrêté, traîné devant le BesarU et immédiatement décsipiié Çt hooft afgeslegm).
Cette exécution sommaire, sans forme de procès,
11 à 13, pas retrouvés encore.
Sources 1 à 5. CarL de 8^ MarUn, N« 599. (23 septembre 1377.)
» 6 et 7. Cart. de S^ Martin, N« 601. (22 février 1378 n. s.;
» 2, 5, 8, 9 et 10. Cari, de S^ Martin, N« 602. (4 juillet.}
(3) Tous les détails qui précèdent nous sont donnés par Olivier van Dixmnde, au début de sa chronique, passage que M. Lambin a omis de publier. — D'après une de nos chroniques (Bibliothèque de rantenr), c'est en 1378 seulement que Téchevinage dTpres aurait pour la première fois été renouvelé par les commissaires du comte.
(4) Passage cité.
irrita les plébéiens, mais ils sont sans armes; on disperse les rassemblements; les gens des métiers s'enruyent dans diverses directions puis reprennent leur ouvrage. L'ordre est ainsi rétabli; il ne fut plus troublé cette année, toutefois pour le maintenir, les échevins durent encore faire souvent a sévère et grande justice », car le commun continuait à méditer des projets de révolte (t).
L'année suivante, le mécontentement grandit et se gêDéralise; les esprits s'aigrissent de plus en plus; cependant la tranquillité publique ne fut pas sérieusement troublée; le commun et les métiers murmuraient, mais ils n'osaient se mettre en waepenynghe, car les échevins, nommés par les commissaires du comte, continuaient à (aire régner le « régime de la terreur», inauguré l'année précédente.
Une situation aussi tendue ne pouvait se prolonger et tout laissait prévoir que des troubles sérieux éclateraient, si le 24 août i378, le magistral était encore renouvelé exclusivement par les délégués du prince. Louis de Mate se décida à intervenir personnellement; espérant ainsi prévenir ces troubles et faire cependant exécuter ses desseins, le 10 août, il se rendit à Ypres, avec une suite nombreuse et brillante ; après avoir cherché à calmer les bourgeois et les manants, de plus en plus mécontents, le comte leur lit les plus belles promesses s'ils consentaient à laisser renouveler la loi comme l'année précédente; il s'engagea formellement à octroyer, en ce cas, de nouveaux privilèges à la commune et même à gouverner désormais le comté avec le concours et d'après les conseils de « ses chers avoué et échevins d'Ypres » (s).
(1) OuviiK VAN DnuuiiB, p. I.
fi] Ch. M(. citéei.
Ces belles promesses séduisirent un certain nombre de bourgeois; les privilèges promis devaient favoriser le développement des industries et du commeroe, peut-être même des franchises de la ville; d*un autre coté, Tentente entre le prince et ses magistrats assurerait le calme et la paix !
D'après nos chroniqueurs» la loi dTpres fut renouvelée, le 24 août, sans opposition, par le comte lui-même (i) ; les nouveaux échevins auraient donc été nommés par le seigneur seul sans Tintervention ni de commissaires, ni de prud'hommes (s).
En cette circonstance, comme en beaucoup d'autres, Louis de Haie trompa nos boui^eois; il quitta la ville, sans leur avoir octroyé le moindre privilège nouveau (3) et bientôt, loin de gouverner le comté
[IJ Mêmes chroniques.
(2) On trouve dans divers actes du 24 septembre 1378 an 24 septembre 1379 les noms des échevins qui suivent :