‹ Ypriana. Notices, études, notes et documents sur Ypres (volume 2)Chapitre 3 sur 56 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

Après avoir tâché de retrouver, au milieu des obscurités du haut moyen âge, le berceau du «bourg d*Ypres r> (i) et quelques vestiges de ses primitives magistratures locales (s), nous avons recherché comment y naquit « une commune d (3) et quels furent les origines puis, avant le milieu du XIV'' siècle, les développements des institutions administratives, judiciaires et politiques de cette « vassalité bourgeoise » (4). Pour compléter notre étude, il nous reste à faire connaître les modifications que cette organisation subit de 1345 à i384, date de Tavènement des ducs de Bourgogne qui marque la fin de Fère communale en Flandre.

L'histoire de ces institutions locales puis communales se divise en plusieurs périodes distinctes, cor-

(1) Ypriana, III. 38.

(3) » ni. 153.

(4) » lY. 295.

respondant à la formation successive de nouvelles couches sociales, dans la communauté urbaine.

A Forigine du bourg, ses manants ne jouissaient d*aucun droit, ils étaient « les hommes », pour ne pas dire « la chose » de leur seigneur.

Plus tard, naît la commune ; comme le constate Warnkœnig, c*est un a être juridique » qui représente la collectivité communale. Les seigneurs féodaux cessent d*ètre omnipotents, car des manants du bourg, affranchis de toute servitude personnelle, participent à Tadministration de la <c vassalité bourgeoise » nouvellement constituée ; dès lors, élevés au rang de « bourgeois » — de citoyens, dit Viollet le Duc, — ils ont aussi des droits et des devoirs légaux.

Au début, la direction des affaires communales à Ypres est confiée aux seuls représentants de « la haute bourgeoisie», composée de patriciens, de riches marchands (poorters) et de propriétaires urbains (mri hereditati)^ mais de nouvelles classes sociales — « formant bientôt, d'après Warnkœnig (i), de nombreuses gradations» — , s'élèvent et, dès que leur situation morale et matérielle s'est améliorée, elles aspirent à partager, avec la haute bourgeoisie, le droit d'administrer la communauté.

L'organisation première de la commune s'était faite sans secousses, mais, chaque fois que des éléments

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