FIN DE L'ERE COMMUNALE
Louis de Maie mourut peu de mois après le siège d'Ypres (30 janvier 1384 n. s.) Des guerres intérieures, puis rinvasion française avaient ruiné le comté, et une politique antinationale et dissolvante avait peu à peu réussi à saper dans leurs bases, les libres institutions des communes et du pays de Flandre.
Marguerite de Maie succéda à son père; elle avait apporté en dot à Philippe de Bourgogne le comté de **Flandre. Le 24 avril 1384, Philippe, duc de Bourgogne, dit le Hardi, et Marguerite de Maie tirent leur joyeuse entrée à Ypres. — Nous avons décrit les fêtes qui furent données à cette occasion (i). — Les nouveaux seigneurs du pays jurèrent « d'être pour la ville d'Ypres et ses bourgeois bon, loyal seigneur et dame et de les garder, défendre et maintenir en leurs loix, privilèges, franchises, libertés, bonnes costumes et usaiges par eux maintenues (i). » Mais ce serment ne fut qu'une vaine formalité, peut-être un hommage rendu à de séculaires traditions.
Fils, frère, oncle de rois de France, élevé dans une cour où dominait sans obstacles le régime autoritaire et absolutiste, le duc de Bourgogne et comte de Flandre chercha constamment à substituer aux antiques institutions de la Flandre, le système de centralisation imposé aux villes françaises (h); ses suc-
(1) Ypriana, II. 925.
(2) Voyez la formule de ce serment, Ypriana, H. 330. ,3) Voyez note Conseil de Flandre à Ypres, p. 81.
cesseurs suivirent la voie tracée par le fondateur de de la dynastie bourguignonne dans notre pays. Puis sous leurs règnes, se modifièrent non seulement les institutions de nos communes, mais aussi les mœurs traditionnelles de nos populations. La puissance de ces « grands ducs de Bourgogne » fut bientôt immense; réclat de leur cour ne tarda pas à éclipser les splendeurs des cours royales; leur faste n'eut plus de bornes — Texemple venant d'en haut est toujours contagieux; — les communes imitèrent leurs princes et les bourgeois, les seigneurs de la cour. Alors le luxe d'une part, des guerres constantes de Tautre, achevèrent la ruine de nos villes et celles-ci, pendant cette période de (c misère dorée », perdirent complètement, avec leur autonomie et leur indépendance, les quelques libertés et franchises que Louis de Maie n*avait pu leur enlever. Enfm aux libres institutions d'origine germanique, qui avaient fait la puissance et la splendeur de nos antiques communes flamandes, fut substitué peu à peu un régime municipal emprunté en grande partie aux traditions de la centralisation latine.
Nos opulentes, redoutables et libres communes flamandes du moyen âge avaient vécu!