FRÉGATES
La Coquette , 32 , supérieure sous la voile.
Notes i
Monté par M. le duc de....
Monté par M. le comte de....
Etc.
Monté par M. le prince de
Montée par M. le chevalier de.,..
Telle autre « louvoie à merveille; » telle autre est un « bâtiment pqou; » telle aulrp, un a bâtiment plat, mais solide; » telle autr'ê « a plus d’apparence que de solidité ; * etc. — Les noms de la troisième colonne, indiquant par qui chaque bâtiment est monté, sont en toutes lettres dans la pièce originale, dont il courut plusieurs •opies.
Cette pièce est comme le développement à grand orchestre de la plaisanterie jetée ici, en passant, par Aristophane, mais qui revient, du reste, assez souvent dans se3 comédies.
présentation de la pièce, est une réclamation du poète contre le succès insuffisant, à son avis, de la première. Il p 'avait obtenu que la troisième place; Cratinos, la première, par sa comédie de la Bouteille ; Amipsias, la seconde, par sa comédie de Connos.
C’est le coryphée ou la coryphée du chœur des Nuées qui parle au nom d'Aristophane :
Spectateurs, je jure par Dionysos, dont je suis l’élève, de vous dire franchement la vérité. Puissé-je obtenir victoire et honneur, aussi vrai que je vous croyais des spectateurs habiles et que je regardais cette comédie comme ma meilleure, quand je vous offris la primeur d’une œuvre qui m’avait coûté beaucoup de travail. Mais je me retirai injuslemenfvaincu par d’ineptes rivaux. C’est un reproche que je vous adresse, à vous gens éclairés. Cependant je ne renoncerai jamais volontairement à conquérir le suffrage des habiles....
Plus loin, le poète reprend l’apologie des Nuées, il vante la modestie et la décence de cet ouvrage, en le comparant à ceux de ses rivaux. Eu effet, dit-il, on n’y voit ni phallos de cuir, ni cordax, ni plaisanteries sur les chauves. Il critique ainsi et passe en revue les moyens bas ou obscènes auxquels avaient recours, pour exciter le rire, ses confrères les poètes comiques, et luimême quelquefois; pour le moment, il fait le chaste et le pudique, désavoue de pareils moyens et en témoigne une sainte indignation. Il développera les mêmes idées dans la parabase de la Paix. Il fait étaiage de moralité au moment où il calomnie Socrate. On en pensera ce qu on voudra; mais, à notre avis, 1 obscénité de Lysislrata et des Fêtes de Cèrès est bien moins blâmable que les outrages des Nuées et des Grenouilles contre Soorate et contre Euripide.
Ma comédie, continue-t-il, ne se fie qu’en elle-même et
ÉTUDES
en ses vers. Et, quoiqu’on sache ce que je vaux, je n’en ai pas plus d’orgueil. Je ne suis pas de ceux qui cherchent à vous tromper en reproduisant deux et trois fois les mêmes sujets. Sans cesse j’en invente de nouveaux, aucun ne ressemble aux autres, tous sont agréables et plaisants. J’ai attaqué Cléon dans sa puissance, je l’ai frappé au ventre; mais je ne l’ai pas foulé aux pieds après l’avoir renversé.
Ceci n'est pas exact, nous l’avons vu, et trente vers plus bas on peut le voir encore : il se vante d’une délicatesse ou d’une modération qu’il n’a pas eue, et qu’il n’a point dans cette parabase même.
Ensuite il accuse Eu polis d’avoir pillé les Chevaliers et de les avoir maladroitement retournés pour en faire la comédie de Maricas. Il reproche également à d’autres rivaux de lui avoir pris tel personnage, telle comparaison, telle idée, — comme cet historien de nos jours qui disait d’un confrère : * Il m’a volé mes faits! »
Il ajoute, un peu plus dédaigneusement encore que ne feront Virgile et Boileau : « Puissent les gens qui s’amusent de leurs pièces ne pas se plaire aux miennes! Pour vous qui m’aimez, moi et mes ouvrages, votre bon goût sera loué dans l’avenir. »
Quoique ce ne soit pas le poète en personne qui prononce ces paroles, quoiqu’elles soient dites par le coryphée, quoique ce coryphée soit une des Nuées, enfin quoiqu’on puisse toujours, ce semble, apercevoir un demi-sourire au coin de la lèvre de ce beau parleur altique, qui sait si bien, comme le veut Plalon, mêler le plaisant au sérieux, cependant la franchise naïve de ces vanteries a quelque chose qui étonne, et il est difficile de partager l’opinion des critiques qui trouvent le ton de ces parabases plein de modestie.
Au surplus, les poètes dans tous les temps se vantent avec la même désinvolture. Horace s’écrie :
Exegi monumentum ære perennius !
« J’achève là un monument plus durable que l’airain ! » — Corneille dit, de son eût* 4 , au moment même où il vient de faire de larges emprunts à Guillen de Castro :
Je ne dois qu’à moi seul toute ma renommée!
De nos jours on y met moins de naïveté, plus de modestie ou d'hypocrisie: vous voyez le moi le plus colossal s’eiïondrer en humilités, plus maladroites que la vanteriet
Suit, dans la strophe, une invocation à Jupiter, h Neptune, à l’Éther, au Soleil ; et, plus bas, dans l’antistrophe, une autre à Phébus, à Minerve, à Bacchus. — On voit là manifestement que la parabase ne tenait pas à la pièce, puisque c’est ici le chœur des Nuées qui parle, et qu’on les entend invoquer ces mêmes divinités qu’elles ont détrônées et qu’elles prétendent remplacer, dans le courant de la comédie.
Supposera-t-on que le demi-chœur, qui adresse ces invocations aux dieux, était peut-être séparé du chœur principal des Nuées et ne portait pas leur costume? Bien ne l’indique, et cela n’est pas probable.
Non: celte contradiction, sans doute, ne frappait pas l’esprit des spectateurs. L’usage était qu’à tel endroit de la comédie il y eût une invocation aux divinités : l’invocation arrivait à sa place ordinaire, sans qu’on y fit autrement attention, et saDS qu’on songeât, dans ce moment-là, à l’idée de la pièce, contradictoire ou non avec cette forme usitée.
Et pourtant, dans l’épirrhème qui suit la strophe, et dans l’antépirrhème, qui suit l’antistrophe, le poète reprend sa fiction, — pour la quitter de nouveau et la reprendre encore.
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. Les Nuées se plaignent aux Athéniens de leur ingratitude envers elles, et de ce qu’ils ne tiennent pas compte de leurs avertissements, de leurs présages. 4 « Aussi dit-on que la folie préside à vos conseils, mais que les dieux font tourner à bien toutes les fautes que vous commettez. »
Enfin elles se font les interprètes des plaintes de la Lune. On venait de réformer le calendrier, et il en était résulté quelque confusion dans le retour des fêtes et des cérémonies religieuses.
Comme nous nous disposions à venir ici , la Lune nous a abordées et nous a chargées d’abord de souhaiter joie et bonheur aux Athéniens et à leurs alliés; puis elle nous a dit qu’elle était en colère, et que vous la traitiez fort mal, elle qui vous rend à tous de signalés services, non en belles paroles, mais en réalité. Premièrement, chaque mois, vous épargnez, grâce à elle, une drachme au moins de lumière; car, le soir, en sortant, chacun dit à l’esclave : « Garçon, n’achète pas de torche, il fait un beau clair de lune. » Sans compter mille autres bienfaits. Et vous, voilà que vous bouleversez les jours et les nuits, et que vous mettez tout sens dessus dessous ; de sorte que les dieux ë’en prennent à la Lune toutes les fois qu’ils rentrent à la maison frustrés du festin et du sacrifice sur lesquels ils comptaient d’après l’almanach Lorsque vous devriez sacrifier, vous êtes occupés, à donner la question ou à rendre la justice. Ou bien, lorsque là-haut c’est jour de jeûne, pour la mort de Memnot) ou de Sarpcdon *, vous autres vous vous livrez aux libations et aux rires....
Ainsi, une fois admise la fiction des Nuées, le poète en tire tout le parti possible, et groupe alentour tout ce qui s’y rapporte. — De même dans les Guêpes et dans les Oiseaux.