En quoi il se trompait, je crois
3. Platon, Apologie de Socrate. — Et Morel, Histoire de la Sagesse et du Goût.
ÉTUDES
politique. « La politique des Socratiques à Athènes, dit M. Havet, comme en France la philosophie du dixhuitième siècle, était en opposition avec l’ordre établi; mais il y avait celte différence considérable, que la philosophie française s’appuyait sur l’esprit de la démocratie, tandis que la philosophie athénienne était anti-démocratique , comme -paraît déjà l’avoir été la philosophie pythagoricienne, dont elle recueillait les traditions. C’est que les philosophes , impatients du mal et ne pouvant manquer de l’apercevoir autour d’eox, ne sachant où trouver le mieux qu’ils conçoivent, et poussés pourtant, par un instinct naturel, à le placer quelque part, l’attachent volontiers à ce qui se présente comme le contraire de ce qu’ils connaissent. Les Pythagoriciens voyaient la multitude régner, par ses chefs populaires ou tyrans, daus les cités d’Italie ; les Socratiques la voyaient régner par elle-même dans Athènes. Les uns et les autres désavouèrent également la démocratie, ou du moins ce qu’on appelait de ce nom, car, on le sait, il n’y avait là qu’une apparence 1 ....» Toutefois, comme le remarque encore M. Havet, « on pourrait dire qu’en vain leurs systèmes étaient aristocratiques, leur instinct ne l’était pas. Ils ne s’y sont pas trompés, ceux qui ont condamné Socrate. Leur indépendance à l’égard des traditions religieuses suffit pour montrer qu’ils ne sont pas véritablement du côté du passé, même lorsqu’il le semble, même lorsqu’ils le croient. Et, à ce seul signe, l’esprit moderne reconnaît en eux des frères. Par là leur philosophie est encore aujourd’hui toute vivante, leur action se perpétue; elle ne sera à son terme que le jour où le fantôme des superstitions , dissipé enfin à la lumière qu’ils ont les premiers allumée, aura cessé de peser sur l’humanité, réveillée pour jamais d’un lourd sommeil. Je ne doute