Ibidem
ÉTUDES
plutôt à corrompre les hommes qu’à les rendre meilleurs. Bref , Aristophane est conservateur et fébrile réactionnaire enragé. L’analyse de cette comédie montrera que le mot n’est pas très-fort.
CfÿJ
Quoi qu’en dise le proverbe arabe : « La parole est d’argent, et le silence est d’or, » il peut être vrai dans la vie privée, il est faux dans la vie publique. La parole, même avec ses abus et ses excès, vaut mieux que le silence. La parole, c’est la liberté, la vie; le silence, c’est la compression, la mort; c’est tout au moins, la léthargie. En voulez-vous une preuve entre mille? « Une des premières mesures de l’oligarchie des Trente fut de défendre, par une loi expresse, tout enseignement de l’art de parler. Aristophane raille les Athéniens pour leur amour de la parole et de la controverse, comme si cette passion, avait affaibli leur énergie militaire; mais, àce moment, sans aucun doute, ce reproche n’était pas vrai, et il ne devint vrai, même en partie, qu’après les malheurs écrasants qui marquèrent la fin de la guerre du Péloponnèse. Pendant le cours de cette guerre, une action insouciante et énergique fut le trait caractéristique d’Athènes, même à un plus haut degré que l’éloquence ou la discussion politique, — bien qu’avant le temps de Démosthène il se fût opéré un changement considérable *. »
Dans la vie des Athéniens telle qu’elle était constituée, « l’habileté de la parole était nécessaire non-seulement à ceux qui avaient dessein de prendre une part mar- -quante dans la politique, mais encore aux simples citoyens pour défendre leurs droits et repousser des accusations dans une cour de justice. C’était un talent de la plus grande utilité pratique, même indépendamment de tout