‹ ÿtudes sur Aristophane par ÿmile DeschanelChapitre 34 sur 119 · Voir Morel, Hisl. de la sagesse, etc · texte numérisé non relu

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2. t-i toutefois on n’a pas mêléensemble deux hommes différents, portant le même nom de Diagoras.

ÉTUDES

suite d’une injustice dont il fat victime, il se métamorphosa complètement. « Un de ses amis refusa de lui rendre un dépôt, et appuya son refus d’un serment prononcé à la face des autels. Le silence des dieux sur un tel parjure, ainsi que sur les cruautés exercées par les Athéniens dans l’île de Mélos, étonna Diagoras et le précipita du fanatisme de la superstition dans celui de l’athéisme. Il souleva les prêtres, en divulguant dans ses discours et dans ses écrits les secrets des Mystères; le peuple, en brisant les effigies des dieux; la Grèce entière, en niant ouvertement leur existence. Un cri général s’éleva contre lui : son nom devint une injure. Les magistrats d’Athènes le citèrent à leur tribunal et le poursuivirent de ville en ville : on promit un talent 1 à ceux qui apporteraient sa tête, deux talents à ceux qui le livreraient en vie; et, pour perpétuer le souvenir de ce décret, on le grava sur une colonne de bronze. Diagoras, ne trouvant plus d’asile en Grèce, s’embarqua et périt dans un naufrage*. »

Le retentissement d’aventures aussi éclatantes prédisposait la foulé aveugle à détester ou à laisser vilipender quiconque faisait profession de philosophie, c’est-à-dire de libre pensée. La haine, qui avait ainsi commencé à s’attacher au nom de « chercheur de sagesse,» devait atteindre et tuer le plus irréprochable des Grecs, le bon et ingénieux Socrate.

Aristophane, sans le vouloir, préluda par le ridicule et la calomnie au supplice de ce juste. •

Il nous le montre donc juché dans un panier à viande,

1. Monnaie fictive, d’une valeur que l'on suppose avoir été égale à 5700 francs environ.

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