‹ ÿtudes sur Aristophane par ÿmile DeschanelChapitre 39 sur 119 · Encore un trait qui prépare la comédie des Guêpes · texte numérisé non relu

Encore un trait qui prépare la comédie des Guêpes

toujours dans son panier à viande : c’est sa manière de se montrer aux étrangers pour la première fois, comme ' un dieu dans son nimbe et dans sa gloire. Strepsiade lui présenta son fils :

« Il a de l’esprit naturel. Tout petit, il s'amusait déjà chez nous à fabriquer des maisons, à creuser des bateaux, à construire de petits chariots de cuir; et, avec des écorces de grenade, il faisait des grenouilles. Qu’est-ce }ue tu dis de cela? Napprendra-t-il pas bien les deux i abonnements, le fort, et puis le faible, qui renverse le fort par un coup fourré. Ce sont surtout ces coups fourrés que je te prie de lui enseigner par tous les moyens.

SOCRATE

Je chargerai l’un et l’autre raisonnement en personne de venir l’instruire.

STREPSIADE

Je me retire. Ne perds pas de vue qu’il s’agit de le rendre capable de battre là vérité sur tous les points.

On apporte le Juste et l’injuste (c’est-à-dire le raisonnement droit et le raisonnement sophistique) dans une cage, comme deux coqs de combat : ces combats étaient à la mode alors. Ainsi se mêlent toujours habilement la discussion morale et la fantaisie.

Ce spectacle bizarre, cette escrime curieuse où s’entrechoquaient des paradoxes spirituels et des pensées élevées, dans un dialogue plein de verve, devait charmer l’esprit des Athéniens. Un Athénien de Paris, Alfred de Musset, n’y prenait pas moins de plaisir. « C’est, dit-il, la plus grave et la plus noble scène que jamais théâtre ait entendue. »

Mettons encore au-dessus, toutefois, celle de la Pauvreté, dans Plutus , que nous analyserons plus loin.

ÉTUDES

Les deux coqs se provoquent et sortent de la cage ; ils ergotent et se livrent un assaut.

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