‹ ÿtudes sur Aristophane par ÿmile DeschanelChapitre 57 sur 119 · Sans doute, le poêlon et la bouteille · texte numérisé non relu

Sans doute, le poêlon et la bouteille

BDÉLYCLÉON

Très-bien ! Alors nous avons tout ce qu’il nous faut ; — pardon ! excepté -la clepsydre !

PHILOCLÉON

Et ce pot *? n’est-ce pas une clepsydre?

BDÉLYCLÉON

On ne saurait mieux trouver : et ainsi toutes les formes sont observées. Allons! qu’on apporte au plus vite du feu, des branches de myrte et de l’encens, et, avant d’ouvrir la séance, invoquons les dieux.

LE CHŒUR

Et nous, en leur offrant des libations et des actions de grâces, nous vous bénirons pour la noble réconciliation qui a mis fin à vos querelles.

Oui, faites entendre des paroles favorables.

LE CHŒUR

O Phœbos Apollon Pythien! Donne une issue heureuse pour nous tous à l’affaire que celui-ci prépare là devant sa porte, et délivre-nous de nos erreurs, ô Péan secourablel

BDÉLYCLÉON

O puissant dieu qui veilles à ma porte devant mon vestibule, Apollon Agyiée*, accepte ce sacrifice nouveau; je te l’offre pour que tu daignes adoucir l’excessive sévérité de mon père. Il est aussi dur que le fer; son cœur est comme un vin aigri; verses-y un peu de miel. Qu’il devienne doux pour les autres hommes ; qu’il s’intéresse plus aux accusés qu’aux accusateurs ; qu’il se laisse attendrir aux prières ! Calme son âpre humeur; arrache les orties de son âme irritée !

LE CHŒUR

Nos chants et nos vœux s'unissent aux tiens, dans ces nouvelles fonctions que tu exerces ; ton langage a gagné nos cœurs, parce que nous sentons que tu aimes le peuple plus que pas un des jeunes gens d’aujourd’hui.

1. Le pot de chambre. La clepsydre, nous l’avons dit, était une horloge à eau : de là, l’analogie et la plaisanterie.

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