‹ ÿtudes sur Aristophane par ÿmile DeschanelChapitre 61 sur 119 · LA JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE

Ne dis pas de mal des jeunes filles! c’est dans les lignes pures de leurs jambes fines et de leur jeune sein que fleurit la volupté; mais toi, vieille, tu es là étalée et embaumée comme pour tes funérailles, amante de la mort!

La vieille cependant tient bon, ayant la loi pour elle : « Les femmes ont décidé que, si un jeune homme désire une jeune fille, il ne pourra la posséder qu’après avoir satisfait une vieille. » Dura lex, sed lex! La vieille, à • cheval sur son droit, prétend user, et en long et en large, du bénéfice que la loi lui confère. Pas moyen de lui échapper! Cruelle vieille! il faut en passer par là! pauvre jeune homme !

En vain la belle fille vient en aide au garçon, et continue d’apostropher la vieille qui se cramponne à lui : « Allons donc, vieille 1 il est trop jeune pour toi; lu serais sa mère ! songe à Œdipe 1 ! »

En vain aussi le jeune homme déclare qu’il n’a pas besoin de vieux cuir. — S’échappant des mains de la première vieille, il tombe dans celles de la seconde, et de celle-ci dans la troisième : c’est pis que Charybde et Scylla, ici il y a trois monstres et trois gouffres !

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