‹ ÿtudes sur Aristophane par ÿmile DeschanelChapitre 66 sur 119 · C’était un riche avare · texte numérisé non relu

C’était un riche avare

2. Voir dans Hérodote la théorie et les exemples de cette jalousie des dieux ou du destin. C’est par là qu’il explique les vicissitudes de l’histoire.

CHRÉMYLE

Tu visiterais les bons?

PLUTUS

Assurément. Il y a si longtemps que je n’en ai vu!

CHRÉMYLE

Ce n’est pas étonnant : moi qui vois clair, je n’en aperçois pas non plus !

Et il regarde les spectateurs.

Chrémyle promet à Plutus de le guérir et de lui rendre la vue, s’il consent à demeurer chez lui. Plutus veut rester aveugle, il craint la colère de Jupiter. — « Mais, dit Chrémyle, que serait, au prix de ta puissance, celle de Jupiter et de ses tonnerres, si tu recouvrais la vue, fût-ce peu d’instants? » Et il le lui prouve par une série de questions et de répliques subtiles, qu’on pourrait prendre, par moments, pour -une page détachée des dialogues de Platon. Le ton comique se maintient par toutes sortes de plaisanteries et d’allusions aux choses et aux personnes du temps, que le poète, habilement, entremêle aux subtilités philosophiques. Le dialogue se termine ainsi.

CHRÉMYLE

Enfin, Plutus, c’est par toi que tout se fait; tu es la seule et unique cause du bien comme du mal ; n’en doute pas!

CARION

A la guerre, la victoire est toujours du côté où tu fais pencher )a balance 1 .

PLUTUS

Quoi! à moi seul, je peux faire tant de choses?

CHRÉMYLE

Et bien d’autres encore ! Aussi jamais personne ne se lasse de toi. On se rassasie de tout le reste : d’amour,...

1. Ou, comme on dit aujourd’hui, « du côté des gros bataillons. »

De pain,

De musique, De friandises, D’honneur,

De gâteaux, De gloire,

De figues, D’ambifion,

# De bouillie, De pouvoir, De lentilles',

ÉTUDES

CARION

CHRÉMYLE

CARION

CHRÉMYLE

CARION

CHRÉMYLE

CARION

CHRÉMYLE

CARION

CHRÉMYLE

CARION

1. Au troisième acte du Bourgeois gentilhomme, scène ik, Molière, emploie ce même procédé d’antithèses comiques, lorsque Cléonte et son valet Covielle, parlant l’un de l’ingrate Lucile, l’autre de la servante Nicole, non moins oublieuse que sa maîtresse, disent tour à tour :

CLÉONTE

Après tant de sacrifices ardents, de soupirs et de vœux que j’ai faits à ses charmes 1

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