‹ ÿtudes sur Aristophane par ÿmile DeschanelChapitre 67 sur 119 · COVIELLE · texte numérisé non relu

COVIELLE

Tant de chaleur que j’ai soufferte à tourner la broche à sa place!...

Etc., etc.

CHRÉMYLE

Mais de toi on ne se rassasie jamais! Qu’on ait treize talents, on désire d’autant plus en avoir seize. Si on atteint ce chiffre, on en veut quarante sans quoi on ne saurait vivre!

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Plutus consent enfin à rester chez" Chrémyle, qui, en brave homme et en bon cœur (le caractère se suit bien) invite aussitôt les laboureurs ses voisins à venir partager sa joie. Ce sont eux qui forment le chœur de la pièce.

Pour guérir Plutus de sa cécité, il veut le faire coucher une nuit dans le temple d’Esculape*. Comme il s’apprête à l’y conduire, une femme lui barre le chemin; c’est la Pauvreté, — qui ne souffrira pas qu’on essaye de la chasser de partout. — Ici vous sentez un peu l’abstraction. Pourtant l’allégorie est belle, et soutenue avec une éloquence qui fait songer encore à Prodicos, à Xénophon, à Platon et à Socrate.

La Pauvreté leur prouve que, loin d’être l’auteur de tous les maux comme on le croit vulgairement, elle est l’auteur de tous les biens; et que rendre la vue à Plutus, ce serait faire la plus grande des folies : supposé, en effet, que Plutus, la Richesse, se donne à tous également, personne ne voudra plus rien faire ; c’est la ruine de l’industrie et du commerce; des sciences, des lettres et des arts. « Qui se souciera de forger le fer? de construire des vaisseaux? de faire des habits? de fabriquer des' roues? de tailler le cuir? de faire de la brique? de blanchir, de corroyer; de labourer la terre pour én tirer les dons de Cérès, — si l’on peut vivre sans travailler, dans une oisiveté parfaite? »

Un phalanstérien aurait réponse prête : la théorie du

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