ALAIN
, C’est justement .tout comme.
La femme est en effet le potage de l'homme;
Et, quand un homme voit d’autres hommes parfois Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts,
11 en montre aussitôt une colère extrême....
ÉTUDES
jeunes gens d'aujourd’hui ne dirait pas h la dernière des prostituées une seule des plaisanteries ignobles que dit ce jeune athénien à cette malheureuse.
Après un chœur que l’on n’a plus, les spectateurs voyaient entrer Mercure.
Hermès, toujours affamé (voir ci-dessus l’analyse de la. Paix, p. 61 ), déserte le parti des dieux, à qui les hommes n’offrent plus de sacrifices depuis que Plutus règne sur la terre. Il vient se mettre au service de Ghrémyle, hôte de Plutus.
« Quoi! lui dit l’esclave Carion, tu quitterais les dieux pour rester ici?
— On est beaucoup mieux chez vous, dit Hermès.
— Mais déserter? crois-tu que ce soit.honnête? »
Hermès, déclamant un vers de tragédie :
La patrie est partout où l’on se trouve heureux !
Il ne faut pas perdre de vue qu’Hermès, quoiqu’il soit gourmand et voleur, est le dieu des arts et de l’éloquence : ce n’est pas sans intention que le poète nous le fait voir, en ce temps de ploutocratie , désertant les hauteurs-célestes pour venir, lui aussi, offrir et ses hommages et ses services à la divinité de l’or; allégorie qui parle d’elle-même , mais que de trop nombreux exemples pourraient au besoin commenter.
Un prêtre même de Jupiter abandonne les autels du maître de l’Olympe, et se consacre au culte de Plutus, souverain des hommes et des dieux ! Eu d’autres termes, la Religion, aussi bien que l’Art, s’agenouille devant la Richesse. Les exemples de cela ne manqueraient pas non plus.
De pareils traits, de pareilles scènes, est-ce là ce que
Voltaire appelle « des farces dignes de la foire Saint- Laurent? » car c’est ainsijqu’il qualifie les comédies d’Aristophane. La Harpe, disciple trop fidèle en ce point, se hâte de jurer in verba magistri. Au reste, le grand Eschyle lui-même n’était-il pas à leurs yeux « un barbare? » Et Fontenelle, moins poliment, ne disait-il pas en parlant de ce Shakspeare athénien :« C’est une manière de fou? » — Pourquoi Aristophane aurait-il trouvé grâce devant ces Français entichés de leur pays et de leur temps ?
Lucien, qui à certains égards a mérité d'être appelé le Voltaire grec, a mieux compris Aristophane, et s’en est souvent inspiré. Timon est un reflet de Plulus : l’un, comme l’autre, est une satire de l’injuste répartition des biens, et une peinture des péripéties qu'amènent la richesse et la pauvreté. Plusieurs personnages de ce dialogue, Richesse, Pauvreté, Hermès, sont les mêmes que ceux de la comédie. — Shakespeare, àson tour, a repris ce sujet, dans sa pièce intitulée : Timon d'Athènes.
Les Aristophanes de nos jours ont refait le Plutus de diverses manières et sous différents titres : Bnlwer, l’Argent ; Alexandre Dumas fils, la Question d’ Argent ; Balzac, Mer cadet; etc.
George Sand, admirant Plutus comme il convient, en a fait une imitation ! . Le tort de l’illustre écrivain est d’avoir mêlé à cette fable antique des sentiments modernes : par exemple , d’avoir donné à Ghrémyle une fille qui aime un esclave nommé Bactis.
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Si cette comédie de Plulus n’est pas une des plus vives