COMÉDIES LITTÉRAIRES
Après les quatre comédies politiques et les quatre comédies sociales, il nous reste à analyser les trois corné; dies littéraires. Ce sont :
Les Femmes aux fêtes de Cérès ,
Les Oiseaux.
De même qu’il y a deux comédies politiques contre Cléon, les Acharnèens et les Chevaliers, il y a deux comédies littéraires contre Euripide, les Femmes aux fêles de Cérès et les Grenouilles, outre une scène des Acharnèens, et un grand nombre de traits épars dans toutes les pièces ; sans compter celles que nous avons perdues , Proagon Lemniæ, etc.
On nous permettra de revenir en quelques mots sur la scène des Acharnèens, que nous avons mentionnée seulement.
ÉTUDES
On se rappelle que Dicéopolis , ayant dessein de prendre la parole devant le peuple pour le convertir à la politique de la paix, imagine d’aller emprunter à Euripide les haillons d’un de ses héros tragiques , afin de mieux émouvoir l’Assemblée.
Il frappe à la porte du poète. C’est Céphisophon qui vient lui ouvrir. Céphisophon était le collaborateur et l’ami d’Euripide, et un peu celui de sa femme, dit-on.
Encore une chose que notre siècle n’a pas inventée : le collaborateur 1 *
DICÉOPOLIS
Holà! quelqu’un !
céphisophon. ,
Qui est là?
dicéopous.
Euripide est-il à la maison ?
céphisophon.
Il y est et il n’y est pas.
DICÉOPOLIS
Comment peut-il y être et n’y être pas?
céphisophon.
Sans doute, bonhomme : occupé à chercher des vers subtils, son esprit n’est pas au logis ; mais son corps y est. Mon maître, perché en l’air, compose une tragédie.
La réplique de Céphisophon à Dicéopolis : « Il y est et il n’y est pas, » semble une parodie de celles qu’Euripide prête souvent à ses personnages; par exemple à Hippolyte : « La langue a juré, mais non pas le cœurl » Ou bien « I’hèdre, en n’étant pas sage (par son amour), a été sage (en m’accusant ); et moi, qui ai été sage ( par ma chasteté ), je n’ai pas été sage (en me laissant dccuser). — Corneille a des subtilités semblables; par exemple, lorsque Chimène, dans sa douleur, s’exprime ainsi :
(mon père),
La moitié de ma vie (mon amant ) a mis l’autre au tombeau, Et m’oblige à venger, après ce coup funeste, amant).
Celle que je n’ai plus (mon père) sur celle qui me reste \mon
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Le bpn Dicéopolis est émerveillé de la réponse de Céphisophon, et s’écrie :
O trois fois heureux Euripide, d’avoir un serviteur qui réponde si subtilement. — Appelle ton maître !