Un voleur de ce temps-là
4. « Chaque animal exerce, pour subsister; une industrie spéciale ; mais souvent il y joint, pour ses moments de loisir, quelque art ou quelque etude philosophique dont les résultats ne sont pas pour lui' sans utilité pratique. Les oiseaux ont certainement pour étude les phénomènes atmosphériques ; mais ils sont, en outre, d’excellents géographes. Des siècles avant Magellan, ils pratiquaient, ainsi que certains poissons, le voyage autour du monde. Ils ont parmi eux des géomètres et des arithméticiens : on a constaté que
* A. Baron, analyse des Oiseaux, en prose mêlée de vers.
ÉTUDES
sommets des collines, tio tio, tio tiotix! Du haut d’un frêne à l’épais feuillage, tio tio, tio tiotix, je lance de mon gosier d’or des mélodies sacrées en l’honneur du dieu Pan; ma voix s’unit sur la montagne aux chœurs augustes qui célèbrent la Mère des dieux , tototo, tototo, totototix ! C’est là que Phrynichos, comme une abeille, vient butiner l’ambroisie de ses chants et la douce fleur de sa poésie , tio tio , tio tiotix!...
Tels les cygnes, tio tio tio, tio tio tio , tiotix, -sur les rives de l'Hèbre, tio tio, tio tiotix, unissent leurs voix pour chanter Apollon en battant des ailes, tio tio, tio tiotix; leurs chants traversent les nuages des airs ; les hôtes variés des forêts s’arrêtent étonnés; les vents se taisent, la sérénité assoupit les flots, tototo, tototo, totototix; l’Olympe en retentit au loin; les dieux écoutent, dans un saisissement de joie : et les Grâces et les Muses, filles de l’Olympe, répètent leurs mélodies, tio tio, tio tiotix !
Comme toujours, chez Aristophane, celte charmante poésie s’entremêle de grossières bouffonneries et de gaietés fort lestes : c’est le caractère de l’écrivain et de l’esprit attique, — comme de l’esprit gaulois. — Cette variété semble indispensable surtout à Athènes, pour contenter tous les goûts tour à tour, dans un public qui est le peuple tout entier. Là comme partout, Aristophane, * maître de tous les tons de la lyre, » se montre presque au même instant « sublime et bouffon, grave et licencieux, mais toujours poète, et s’égalant aux plus grands poètes, soit qu’il les raille, soit qu’il les imite*. »
Peisthétairos et Êvelpide reviennent affublés en
la pie, je crois, sait compter jusqu’à six, et pas au delà. Est-il, même en Allemagne, un plus profond philosophe que le héron? Ne semble-t-il pas qu’il y ait en lui du mystique et de l’ascète? et, par son immobilité recueillie, ne rappelle-t-il pas le vœu étrange de Siméon le Stylite? » Eugène Noël, la Campagne.