‹ ÿtudes sur diverses questions d'horlogerieChapitre 16 sur 58 · Des parties solides contenues dans l'olive · texte numérisé non relu

Des parties solides contenues dans l'olive

Outre les parties liquides dont nous avons parlé, l'olive contient trois parties solides principales et bien distinctes, le noyau, la céluloso et la peau ; l’étude de ces trois parties présenterait peu d’intérêt pour le sujet de ce Mémoire, nous n’en parlerons pas, La peau de l'olive sera seule l’objet de l’observation suivante.

L’auteur d’un Mémoire Sur la nécessité d’employer les corps gras pour adoucir les frottements des pivots dans les machines en général et celles d'horlogerie en particulier, et sur léchais et la préparation de l’huile, attribue ii la peau de l’olive une propriété nuisible à la qualité de l’huile. C’est une erreur. Il veut qu’avaUt d’extraire l'huile de l’olive, celle-ci soit dépouillée de sa peau. 11 cherche des infiniment petits qu’il a puisés dans d’anciens ouvrages de botanique, et imagine pour l’extraction de l’huile un procédé incompatible avec la nature de l’olive. Je me suis assuré, par des expériences comparatives qui ne me laissent aucun doute, que la peau présente ou enlevée, lors de l’extraction, ne modifiait pas la qualité de l’huile au point de vue qui nous occupe. Ce qu’il y a de plus clair dans ce Mémoire, pour ceux qui connaissent l’olive et l’extraction de l'huile, c'est que l’auteur n’a jamais essayé de pratiquer le procédé qu’il indique. Il est pénible de voir que de telles œuvres aient été couronnées par des sociétés savantes, du Nord il est vrai.

Après la première opération pour l’extraction de l’huile, il en reste encore une grande quantité dans [les marcs, c’est l’opération de la rescence, qui en enlève les dernières traces d’huile.

Si nous avions à nous occuper ici de ce fruit, au point de vue de la physiologie végétale, il y aurait une étude fort curieuse à faire en examinant comment les différents liquides sont contenus séparément dans le fruit, comment et à quelle époque de la maturité l’huile se forme, etc., etc.; une telle recherche nous conduirait bien au-delà du but proposé dans cet opuscule. Cela est dans le domaine de la botanique.

- S U K L’ilLILE EMPLOYÉE EN HOM.OGEU1E.

g 3. — Des quatre espèces d’huiles d’olive extraites dans la grande exploitation.

huile d’in feu. — Nous venons de faire connaître deux huiles qui ne diffèrent entre elles qu’en raison de l’altération qu’a éprouvée la seconde par l’opération du brassage avec J’eau. En voici une troisième qui, ayant séjourné longtemps en contact avec l’eau, est de beaucoup inférieure à la précédente; c’est celle qu’on nomme huile d’infer, elle s'obtient de la manière suivante :

Les eaux qui ont servi à dissoudre l’albumine pour laisser l’huile libre, entraînent avec elles une petite quantité d’huile ; elles sont reçues dans de grands réservoirs, inférieurs à ceux qui ont servi au brassage; là, elles séjournent longtemps, et la petite quantité d’huile qu’elles ont emportée finit par monter à la surface, d’où elle est enlevée et forme cette troisième huile qu’on nomme huile d'infer, nom dérivé des réservoirs inférieurs , desquels on la retire. On conçoit que le soin que peut mettre l’ouvrier à retirer une grande quantité d’huile, lorsqu’il a dissout l’albumine, diminue d’autant celle qui plus tard prendra le nom d’huile d'infer , et que si l’opération était conduite par une conscience irréprochable, l’huile d’infer serait en très-petite proportion. Mais la seconde huile appartient au propriétaire des olives qui a apporté sa récolte au moulin pour faire faire l’extraction qu’il ne pouvait faire chez lui, parce qu’il n’y a que dans une très-grande propriété qu’on puisse avoir un moulin et tout le matériel nécessaire à l’extraction. L’huile d'in fer appartient au propriétaire du moulin, c’est un supplément au prix que paye celui qui a liv ré ses olives pour qu’on lui fasse l’extraction de l’huile. Voilà pourquoi cette huile est assez abondante, tandis que dans une exploitation particulière et bien conduite elle l’est moins. #

Cette huile n’est pas employée pour la table. Essayée pour l’horlogerie, elle donne des résultats de beaucoup inférieurs aux deux précédentes; elle oxyde très-promptement et trèsprofondément le cuivre. II y a beaucoup plus de différence

entre elle et la seconde qu’il n’y en a entre la seconde et la première. Comme il n’y a d’autre différence entre la seconde huile et celle d’infer que le séjour prolongé à la surface de l’eau et en contact avec l’air, il n’est pas permis de douter que l’infériorité de l’une sur l’autre ne tienne à cette circons-

tance.

huile de descente. — L’olive écrasée sous la meule, soumise ensuite à une forte pression, a perdu la plus grande partie des trois liquides qu’elle contenait. Ils ont été désignés plus haut : huile, albumine, eau; toutefois, le pressurage n’est jamais si complet qu’il la dépouille entièrement. Lorsque les marcs sont retirés de dessous la presse, ils contiennent encore une quantité notable d’huile. La peau du fruit forme des espèces de poches imperméables dans lesquelles il reste beaucoup d’huile.

La meule et la presse de l’huilier sont insuffisantes pour extraire ce reliquat, ainsi que celui qui adhère aux parties solides; il f ut d’autres opérations pour retirer de ces marcs jusqu’à la dernière goutte d’huile; ce sont ces opérations qu’on nomme la rescence. C’est en broyant complètement ces marcs, en les traitant par l’eau froide et l’eau chaude, qu’on obtient les dernières parties d’huile qui étaient contenues dans l’olive.

11 s’écoule souvent un temps assez long entre le moment où les marcs sortent du moulin de l’huilier et celui où ils sont travaillés à la rescence. Il est important, pour l’objet qui nous occupe, de remarquer ce qui se passe.

Ces marcs sont ordinairement entassés, il y reste de l’eau de l’albumine d’un principe fermentescible ; il y a une fermentation qui, s’opérant dans des corps en contact avec l’huile, altère considérablement celle-ci; aussi cette huile a une odeur très-désagréable, elle est d’un vert foncé et ne présente aucun intérêt pour l’horlogerie ; lors même que l’on parviendrait à la rendre moins mauvaise, il n’y aurait pas lieu de fonder aucun espoir sur cette huile.

SUR l'huile employée en horlogerie.

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