‹ ÿtudes sur diverses questions d'horlogerieChapitre 24 sur 58 · L’ÉCHAPPEMENT DANS LES PENDULES · texte numérisé non relu

L’ÉCHAPPEMENT DANS LES PENDULES

Nous nous proposons de démontrer que dans les pendules de cheminée, nommées à demi-secondes, l'échappement est, par scs mauvaises proportions, une des principales causes de l'infériorité de ces pendules comparées à celles à secondes. Nous attribuerons cette infériorité à ce que plus les leviers d’un échappement sont longs par rapport à la longueur du pendule, plus les différences dans la force motrice ont une inlluence marquée sur la durée des oscillations en raison de la pression sur les repos. Pour rester strictement dans cette question , nous nous abstiendrons d’aborder l'examen de toutes les causes connues qui peuvent affecter la marche de ces machines.

Le meilleur échappement est celui qui satisfait aux conditions suivantes :

1° Laisser au régulateur la plus grande liberté après que la roue lui a donné la pulsion nécessaire à l’entretien de son mouvement;

2" Changer le moins possible la durée des oscillations que celui-ci aurait s’il était dégagé de l'échappement (1);

3° Permettre un régulateur puissant par sa masse et décrivant de petits arcs, sans qu’on doive cependant tomber

(I) Ces deux conditions paraissent autoriser l’emploi de l’échappement libre tle préférence à celui & repos, tandis que nous voulons dire ici que l’échappoment à repos doitétre combiné de telle manière que ces conditions t’y trouvent. Voyez, page it, les inconvénients do l’échappement libre eu pendule.

LONG U tU K 1>ES LEVIEKS

dans les extrêmes dans lesquels on a souvent été conduit;

4° Être d’une longue durée.

Ces conditions se rencontrent très-facilement dans une pendule à secondes, tandis que dans celles dites à demi-secondes les dispositions généralement usitées sont un obstacle à leur accomplissement.

Dans le cours de cette notice, ce que nous désignerons par pendule à demi-secondes est ce genre de pendules bien connues dont l’aiguille des secondes est au centre et fait 120 battements en une minute. Pour être plus intelligible aux horlogers, nous nous servirons du langage des ateliers.

Dans une pendule à secondes bien raisonnée, la cage du mouvement ayant environ 0 m 15 , tout étant dans de bonnes proportions (1), les bras du levier auraient environ 0 n, 04 de longueur, le pendule ayant à très peu près l m . Ainsi, dans cette disposition , la longueur des leviers de l’échappement est à celle du pendule comme 1 est à 25. Mais dans les pendules à demi-secondes généralement construites, la roue d’échappement qui porte 60 chevilles a plus de diamètre que celle de la pendule à secondes dont on vient de parler , et les bras de levier sont portés jusqu’à une longueur de 0 m 05, tandis que la longueur du pendule n’est que de 0 ,n 25 à très-peu près. Ainsi , dans les pendules de ce genre, le bras de levier de l’échappement est à la longueur du pendule : : 5 : 25. Elle est donc proportionnellement 5 fois plus grande que dans une pendule à secondes; sous ce rapport, le régulateur d’une pendule à secondes est 5 fois plus puissant que celui d’une pendule à demi-secondes.

Les expériences qui sont rapportées dans le tableau suivant prouvent que plus les leviers d’un échappement sont longs , plus la marche de la pièce est troublée par un changement dans l’intensité de la force motrice : ainsi , dans les

(1 ) Que l’échappement soit celui de Graham ou celui à cheville, peu importe ; la forme est différente, mais l’action sur les repos est la môme. On a beaucoup discuté dans un temps sur ces deux échappements, dans lesquels l’action sur les repos est à très-peu près la môme. Il n’y a pas de raisons majeures pour donner la préférence à l’un plutôt qu’à l’autre.

de l'échappemf.st dans les pendules. 161

pendules à demi-secondes ayant pour moteur un ressort dont la force est inégale, toutes les causes d’anomalie résultant de cette inégalité sont doubles de ce qu’elles seraient si les leviers étaient moitié moins longs.

Pour se rendre un compte exact des causes de variations d’une pendule, il fallait analyser les différences dans sa marche et faire la part due au changement dans l’étendue des arcs et celle résultant de la pression de la roue sur les repos, du recul , etc. Les indications se trouvent dans le tableau suivant (1).

Pour faire des expériences décisives, j’ai construit une pendule avec le plus grand soin ; quatre échappements différents pouvaient s’y adapter alternativement sans que, d'ailleurs, rien fût changé. Je ne rendrai compte que des résultats obtenus en employant alternativement deux forces qui étaient entre elles comme 2 : 3, et l’on verra que : Plus les leviers d’un échappement sont longs par rapport à la longueur du pendule, plus les différences dans la force motrice ont une influence marquée sur la durée des oscillations , en raison de la pression sur les repos.

On verra dans le tableau suivant que nous avons comparé les résultats de deux échappements à repos; les bras de levierde l’un étaient de 0 m 0H , et ceuxd’un nouvel échappement étaient seulement de Û m 0055. On verra aussi que dans les expériences qui ont été faites, les changements dans la marche de la pendule ont été à très-peu près en raison directe des longueurs des leviers; il est donc on ne peut plus urgent de réduire la longueur de ces leviers à la plus petite dimension possible, sans cependant tomber dans un excès nuisible.

Les résultats des expériences qui suivent étaient faciles à prévoir, le raisonnement les indiquait d’avance. En effet, la pression que la roue exerce sur les repos est une force retardatrice qui s'oppose à ce que le pendule fasse ses oscillations aussi librement et aussi promptement que si celte cause

(1) Voir ci-aprts la Table de la plus grande duri'e des oscillations du pendule par l’augmentation dos arcs qu’il di'crit.

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