‹ ÿtudes sur diverses questions d'horlogerieChapitre 25 sur 58 · LONGUEUR LES LEVIERS · texte numérisé non relu

LONGUEUR LES LEVIERS

n’existait pas, et comme cette action est d'autant plus intense que le levier par lequel elle agit est plus long, il en résulte que plus les leviers de l’échappement sont longs, plus les variations d’intensité de la foree motrice sont sensibles sur la marche du pendule.

Il faut croire que beaucoup d’horlogers n’ont attaché aucune importance à ce point, car on voit journellement des pendules ou horloges dont le régulateur n’a qu’un métré environ et qui bat la seconde, avoir des leviers d’échappement qui vont jusqu’à la centimètres et même plus.

La pression sur les repos est si grande et contribue tellement à déterminer la durée des oscillations, que dans le cours de nos expériences, le pendule qui était réglé avec le nouvel échappement fut ôté de l’horloge, mis à part avec soin ; l’échappement de Graham ayant été mis à la place du précédent, la suspension et toutes les autres parties de la machine restant dans le même état, la pendule retarda de 16” par heure, soit 6’ 2i” par jour. Cependant, dans notre échappement de Graham, les bras de levier n’ont que 0 m 0H , tandis que dans les pendules à demi-secondes usitées, ils ont de 0 m 050 à 0 ra 0t50 de longueur. Comme l’action retardatrice est en raison de la longueur des leviers, la pendule aurait donc retardé de 30’ au moins, si on eût appliqué un échappement dans les proportions usitées. On peut juger, d’après cela, combien de telles disproportions sont loin de laisser au régulateur la plus grande liberté possible après que la roue lui a donné la pulsion nécessaire à l’entretien de son mouvement.

L’excès dans la longueur des leviers de l’échappement est un défaut capital, non-seulement parce qu’il diminue la liberté et par conséquent la puissance du régulateur, mais encore parce que les résistances variables qui résultent du changement d’état des huiles, de la force motrice, de la gêne que peut éprouver le rouage, etc., etc., sont d’autant plus puissantes pour cbangerla duréedes oscillations, qu’elles agissent par un plus grand levier.

Lorsqu'on réfléchit à toutes ces causes d'anomalie de nos pendules à demi-secondes, on n’est plus étonné de remar-

de l'échappement dans les pendules. 163

quer que de simples pendules ordinaires avec de petits ancres dits à demi-repos (1), des lentilles beaucoup moins pesantes, aient une marche souvent égale et même supérieure aux demi-secondes, quoique ces dernières soient affublés d’une suspension à couteau (2) ou à ressort, d’un pendule lourd, d’un échappement à cheville, choses considérées comme un grand élément de régularité.

Il est bien constant pour nous que, dans ce cas, la puissance des bonnes proportions de ces pendules à petites ancres supplée avec beaucoup d’avantage à tous les accessoires introduits dans les pendules à demi-secondes.

Ces échappements à demi-repos, que quelques horlogers appellent échappements isochrones, parce qu’en effet on peut les construire et les combiner avec une lentille de poids tel que, malgré les changements dans la force motrice, la durée des vibrations soit à peu près la même; ces échappements ont l’inconvénient d’avoir du recul, de ne pas permettre un régulateur aussi puissant que s’ils étaient à repos, et par suite de diminuer les belles propriétés du pendule.

L’impossibilité de construire dans une pendule à demisecondes un échappement de Graham ou à cheville ordinaire, dont les bras de levier ne soient pas plus longs proportionnellement au court pendule, que dans une pendule à seconde ils ne le sont par rapport au long pendule, nous a suggéré l’idée de chercher en dehors de ce qui se fait une forme nouvelle qui se prêtât à l’accomplissement de cette condition que nous considérons comme capitale.

Le tableau suivant et quinze années d’études et d’expérience que nous avons acquises aujourd’hui (c’est en 1835 que ce travail a été fait) sur cet échappement, ne nous laissent aucun doute sur le bon emploi qu’on peut en faire, lorsqu’on

(t) Expression très-impropre, mais usitée dans la fabrique de Paris, pour exprimer un échappement à repos d’un côté et à recul de l’autre.

(2) La suspension à couteau ne vaut absolument rien, surtout dans les horloges à courts pendules. (Ailleurs nous traitons cette question. Voyez un mot s\ ce sujet dans l’Art de connaître et de régler les pendules et les montres. 2 e édition, p. 12i.)

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