‹ ÿtudes sur diverses questions d'horlogerieChapitre 6 sur 58 · DES · texte numérisé non relu

DES

OSCILLATIONS DI PENDULE

Par la .suspension à lames élastiques KT SI R l’iÎC.HAPPEMENT LIBRE ES PENDULES

AvrrtlSMnienl.

Ces observations sont extraites d’un Mémoire beaucoup plus développé sur la matière; son étendue n’eût pas été en l'apport avec les proportions de ce volume. Je n’en ai extrait que ee qui m’a paru le plus urgent pour faire comprendre aux jeunes gens tout ee qu'il y avait à risquer pour eux s’ils se lançaient dans des recherches inutiles sur l’isochronisme des oscillations par la suspension du pendule et sur l’échappement libre.

bans la partie du Mémoire qui n’est point analysée ici, j’ai expliqué avec plus de détails combien est grande en tous points la différence entre les principes d’horlogerie applicables aux montres et ceux applicables aux pendules; c’est par cette raison que des moyens ou des organes, bons dans l’un des deux genres, ne le sont point dans l’autre; ee qui explique en même temps pourquoi des hommes fort habiles dans l’une des deux parties sont souvent d’une faiblesse extrême dans l’autre.

Quoique la pendule à secondes paraisse aujourd’hui être arrivée à un grand degré de perfection, j’établis qu’elle réclame encore des perfectionnements importants, sans sortir

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des principes qui lui sont appliqués, et j'en conclus que lorsqu’on considère d’une part les beaux résultats qu’on en obtient, et de l’autre les perfectionnements dont elle est susceptible, il est permis de penser qu’en faisant une juste et sage application de ces perfectionnements on arriverait à un point tellement voisin de la perfection, qu’il y aurait imprudence à la chercher dans des voies entièrement neuves, toujours entourées d’écueils, telles que celles de l’échappement libre, etc.

On s’est souvent étonné de la lenteur avec laquelle la pendule à secondes a marché vers le progrès. J’en ai expliqué les causes, on jugera d’après cela comment il serait facile de donner une impulsion à cette partie de l’horlogerie si utile et trop négligée.

Les voies fausses dans lesquelles se sont engagés plusieurs artistes qui s’en sont occupés, manquant d’études préalables, ont eu une grande part au découragement et à l’indifférence qui se sont répandues dans cette partie. Pour le faire mieux juger, il fallait en donner quelques exemples; c’est ce qu’on verra plus loin.

J'ai terminé cet extrait en faisant connaître une idée que j’eus, il y a plus de vingt ans, de produire l'isochronisme des oscillations du pendule en augmentant l’action de la pesanteur par l’addition de deux pendules satellites portés par le pendule principal de l’horloge. Je l’ai présentée avec toute la réserve qu’on doit mettre en proposant une idée première dans laquelle on ne trouve pas toujours ce qu’on croyait d’abord y voir, mais qui, étant ensuite élaborée, produit souvent d’autres avantages qu'on était bien loin d’en espérer.

Le Mémoire de M. Laugier, inséré dans les Comptes-rendus de l’Académie des sciences (14 juillet 1845), rapporte les expériences qu’il a faites, conjointement avec M. Winerl, sur un pendule libre suspendu par des lames élastiques, le poids du pendule et la force des lames étant combinés de manière à rendre isochrones les oscillations du pendule, nonobstant une différence dans l'amplitude îles arcs. Les résultats de ces expériences sont que îles arcs d’un degré, comparés à des

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arcs de trois et de cinq degrés, ont été trouvés sensiblement de meme durée.

La question de l’isochronisme des oscillations du pendule libiie par la suspension, considérée sous le rapport physique seulement, est traitée dans ce Mémoire. Les horlogers qui voudront s’en occuper seront parfaitement éclairés par sa lecture. Ils y trouveront des expériences faites récemment avec soin. Plusieurs artistes qui en avaient fait précédemment ont eu le tort de ne pas les faire connaître. La publication due au savant académicien est donc un service important rendu à la génération à venir, puisqu’elle y trouvera des données qu’elle aurait probablement cherchées, de même que les artistes contemporains et ceux qui nous ont précédés ont fait des recherches sur la même matière n’ayant pu lire nulle part les études faites avant eux.

La question physique ou théorique résolue, il s’en présente une autre peut-être plus importante encore, celle de savoir si un tel pendule appliqué à l’horloge lui donnerait une supériorité réelle pour l’exacte mesure du temps. Au premier coup-d’ceil, cela paraît indubitable; mais lorsqu’on tient compte de tous les faits qui se passent dans une horloge dont le régulateur est un pendule, on s’en étonne, et l’on suspend sa décision.

Aussi M. Laugier a bien compris que cette seconde question sortait du domaine de la physique, qu’elle appartenait à

Yhorlogerie pratique. Il appelle donc l’attention des horlogers et semble leur dire : « Ne serait-il pas possible de tirer parti <( de cette propriété constatée dans le pendule libre pour « améliorer la marche des horloges à pendule? » C’est du moins là ce que nous avons compris.

La question remonte à un temps assez éloigné ; elle date de 1768, époque à laquelle le beau travail de Pierre Le Roy, intitulé Mémoire sur la meilleure manière de mesurer le temps en mer, couronné par l’Académie des sciences, fut publié.

L’isochronisme des vibrations du balancier par le spiral devait suggérer bientôt la pensée qu’il pourrait en être de même pour le pendule sous l’influence de la suspension à

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lames élastiques. Celte conjecture était d’autant plus naturelle qu’il y a iinegrundc similitude entre la résistance qu’opposent l’élasticité des laines desuspension et le recul par lequel un arrive à une espèce d’isochronisme. D’autre part, ladifformation des lames de suspension a encore beaucoup d’analogie avec la cycloïde de Huvgens. Pierre Leroy, après avoir formulé son principe de l’isochronisme des vibrations du balancier par le spiral , ajoute, page 15 : « La nouvelle observation peut être d’un grand secours dans la disposition «les pendules, soit petites, soit à secondes, où le pendule est suspendu par un ressort. En effet, on sent, par ce qui précède, qu’il doit y avoir une longueur dans le ressort desuspension où toutes les vibrations de ces pendules peuvent être isochrones. »

Il n’en fallait donc pas davantage pour éveiller l’attention des horlogers ; aussi , l’isochronisme des oscillations du pendule par la suspension et l’introduction de l’échappement libre, qui en était la conséquence théorique, ont été élaborés parles hommes les plus éminents; leurs recherches n’ont rien produit, la pratique ayant démontré que les avantages que l'on espérait de tels éléments étaient chimériques et que, par suite de l'enthousiasme qu’ils excitaient, on exagérait les défauts que l’on prétendait corriger par leur emploi.

Ferdinand Berthoud s’en est occupé avant ce siècle (Supplément au Traité des montres à longitudes, page 38). Il n’en a plus parlé ensuite. (11 ne faut avoir aucun égard à quelques mots qui se trouvent sur cette question dans l’Histoire de la mesure du temps, ouvrage, publié sous son nom, mais auquel il n’a pas réellement coopéré, si ce n’est pour faire prôner ses œuvres.) Janvier a étudié la question sous le double point de vue : aussi , dit-il , dans une note manuscrite que je possède : n Bien en théorie, im/Hissible en pratique. »

Breguet a construit des pendules d’apparat à échappement libre: mais lorsqu'il voulait la plus grande précision, il se gardait bien d’employer autre chose que l’échappement à reluis et ne cherchait pas l’isochronisme dans la suspension.

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Boucner, pendulier, très-bon praticien que Breguet employait souvent, Urbain Jurgensen de Copenhague, Kesels d’Altona, un de ceux qui ont construit le plus de pendules ù secondes, et tant d’autres non compris les contemporains dont nous évitons de parler, ont étudié ces moyens, mais ne les ont pas employés.

Nombre de jeunes gens n’avant pas encore acquis ce que donne une longue expérience de la pendule , seront tentés d’essayer des recherches sur l’isochronisme des oscillations du pendule et l’application de l’échappement libre en pendule, nous croyons devoir les avertir des déceptions qu’ont éprouvées ceux qui les ont précédés, afin qu’ils agissent avec circonspection dans un travail qui ne doit pas leur présenter autant d’avantage que le raisonnement permet au premier aperçu de l’espérer.

Nous nous bornerons, quant à présent, à leur soumettre les deux propositions suivantes :

f re proposition.

Dans les pendules à secondes, l’isochronisme des oscillations

par la suspension, non-seulement est inutile, mais il sei'ait

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