‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 10 sur 264 · Voyez tome II, page 106, n. 2, et 119, n · texte numérisé non relu

Voyez tome II, page 106, n. 2, et 119, n

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paree que le nom propre Wen-kiun, qui ne devait pas être traduit en français, a été remplacé par sa signification littérale (æwen, lettres, littérature, et kiun, prince).

Voicile passage (tome III, page 159) : « Aussi le prince des lettres, quand deux personnes 5e sont vues et se conviennent, ne défend-il pas de passer par dessus les rites pour arriver à un heureux résultat. »

H fallait traduire : « Voilà pourquoi, après avoir vu Siang-jou, la belle Wen-kiun ne craignit pas de passer par dessus les rites. Elle avait bien ses raisons !. » (Tome II, page 109.)

Nous ferons observer, en outre, que le nom propre du poëte avec qui s’enfuit la belle Wen-kiun, savoir Je nom de Stang-jou, qui devait rester sous sa forme phonétique, a été rendu par : « Quand deux personnes se sont vues el se conviennent, » parce que Siang signifie mutuellement, et jou, comme. Voilà le danger de traduire les noms propres chinois, au lieu d’en conserver purement et simplement les sons.

En Europe, les allusions à l’histoire, à la fable, à la mythologie, sont pour les sinologues une pierre d’achoppement qui, s’ils ne sont pas armés de toutes pièces, les arrêtent tout court, comme elles ont ar-

1. Ces cinq derniers mots, qui répondent à Liang-yeou-i (8803-

* 4028-115), ont été rendus par: Arriver à un heureux résullat.

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rêté cent fois le premier traducteur du Yu-kiao-li, En Chine, au contraire, on peut les découvrir, sans grand mérite, il est vrai, avec le secours d’habiles lettrés qu'aucune difficulté ne saurait arrêter. Cette précieuse ressource a manqué à M. Rémusat, ainsi qu’à moi; mais j'ai eu de plus que lui une riche collection de livres chinois sans lesquels je n’aurais pu traduire et surtout annoter le P’ing-chan-ling-yen (les deux jeunes filles lettrées), ni le Yu-kiuo-li. J'ai eu, en outre, car je ne veux point m'attribuer un mérite exagéré, deux versions mandchou, l'une incomplète des deux derniers chapitres, l'autre parfaitement complète!. Je regrette d'ajouter que ces versions sont loin d’avoir la perfection de celles des livres classiques et canoniques.

Elles offrent, la première surtout, de nombreuses lacunes : les noms de dignités sont restés sous leur forme chinoise; les vers, qui coupent souvent le texte, ont été constamment omis, ainsi que les portraits flatteurs ou satiriques de certains personnages; les pièces de vers, qui occupent une place impor-

4. Je dois la communication de la première à l'obligeanto amitié de S. Ex. M. Georges Kowalewski, ancien directeur du département asiatique de Saint-Pétersbourg, et celle de la seconde à la bienveillance de S. Ex. M. le ministre de l'iutruction publique, que sollicitèrent on ma faveur M. Nicolas de Khanikoff, son correspondant à Paris, et M. Vesselowski, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences.

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tante dans l'ouvrage, sont rarement traduites d’une manière littérale. Quelquefois elles sont ubrégées, comme le cinquième ét le septième couplet de la chanson Sur lé poirier à fleurs rouges; d’autres fois, elles sont omises, comme les deux pièces du commencement du quatrième chapitre (pages 139-141) et l’avant-dernière du vingtième chapitre. Ces traductions, qui sont en général assez libres, rendent par des à peu prés les principales difficultés et ne sont pas exemptes de contre-sens. Ainsi, dans la chanson du Pugilat, lorsque le poëte dit : « Elles luttent ensemble et se frappent l’une l’autre au-dessous de la balançoire, » (Thsieou-thsien, 12,099-12-119!), on lit dans la seconde version mandchou : « Mutuellement luttant, frappant, elles vont jusqu'à mille fois ou mille coups?. »

Cette erreur est venue de ce que souvent le mot chinois Zhstieou-thsien (balançoire) s'écrit seulement avec deux groupes phonétiques, qui, traduits littéralement, signifient automne-mille (1125-995). Le traducteur mandchou, qui ignorait que ces deux mots ont perdu leur signification habituelle pour figurer

1. Ces numéros, ainsi quo tous ceux qui se trouvent dans les potes, se rapportent au Dictionnaire chinois du P. Basile de Glémons, appelé à tort Dictionnaire de Guignes. Ils n’intéressent que les sinologues, et sont destinés à y faire trouver la figure des mots chinois cités en lettres romaines.

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