Littéralement : De quel endroit l’avez-vous obtenu
ag, à en juger par ses vers, évidemment ce n'est pas a homme vulgaire. »
Mademoiselle Pé lut encore une fois les vers. « Après voir examiné soigneusement ces vers, dit-elle, je uve que l’auteur doit être du même ordre que thaï-pé !. Seulement l'écriture est sale et ignoble ; n dirait que cette pièce vient de deux mains diffémiles; je crains qu'il n’y ait là un odieux plagiat. ous ferez bien, mon père, d'apporter sur ce point la lus sérieuse attention. | — Chère enfant, dit Pé-kong. ton observation est ite ; je n’ai qu'à l’inviter à venir me voir demain. Je : mettrai à l'épreuve en lui faisant composer une ce de vers sous mes yeux. Nous pourrons alors dis- Dguer le vrai du faux.
— Ce moyen est excellent, repartit Hong-yu.»
Sur-le-champ, Pé-kongappela Tong-yong et lui donna es ordres suivants : « Demain, de bonne heure, prenez n de mes billets de visite, portant les mots Chi-seng ?, { allez inviter ce monsieur Tchang qui a apporté auourd'hui des vers; vous lui direz que je désire le voir mn instant.
— Et ce monsieur Sou, demanda Tong-yong, faulra-t-il aussi l’inviler? »
Pé-kong éclata de rire: «Quoit dit-il, ce jeune mme qui a écrit si sottement; vous voudriez que je 1. Le plus célèbre poëte de la Chine.
2. Ces mots rappellent le titre de Chi-lang (vice-président d'un dinistère), qu'on donnait à Pé-kong.
l'invilasse aussi? Ce que vous dites là est déplacé. »
Tong-yong étant parti à la hâte, Pé-kong prit une seconde fois la pièce de Sou-liên-sièn ! et la présenta à sa fiile. « Mon enfant, dit-il, vois si ces vers ne sont pas parfaitement ridicules. »
Hong-yu, les ayant regardés, partit aussi d'un éclat de rire. Nous laisserons le père et la fille examiner ces vers et s'amuser à s’en moquer.
Or, depuis que Sou-yeou-pé était revenu après avoir porté ses vers, Tchang-koueï-jou l'avait retenu à boire dans 3on jardin pendant une demi-journée, de sorte qu'il ne revint que sur le soir dans le couvent.
« Monsieur Sou, lui dit Tsing-sin, où avez-vous diné pour revenir (à celte heure) ?
— Ce matin, dit-il, je voulais revenir promptement, mais hier soir, au moment où je contemplais la lune, j'ai rencontré, dans le jardin qui est devant nous, deux messieurs appelés Tchang et Wang, qui m'ont retenu pour faire des vers avec eux sur les mêmes rimes que ceux de mademoiselle Pé, en l'honneur des saules printaniers. Aujourd’hui, nous sommes allés les porter ensemble pour les lui faire voir, et, sans m'en apercevoir, j'ai tardé tout un jour.
— Monsieur Sou, dit Tsing-sin, comme vous avez tous les agréments de la jeunesse, et en ontre un talent des plus remarquables, si mademoiselle Pé avait le
1. C'est-à-dire : La mauvaise composition au bas de laquelle Tchang-kouel-jou avait frauduleusement écrit le nom de Sou-Hensièn (le même que Sou-yeou-pé).
bonheur de s’unir avec vous, les prétentions du seigneur Pé dans le choix d'un gendre ne seraient point trompées.
— J'ignore comment tournera celte affaire, répondit Sou-yeou-pé, seulement, vénérable maître, je suis désolé de tant vous importuner en demeurant chez vous.
— Que dites-vous [à? répartit Tsing-sin ; quand vous resteriez un an entier, cela ne ferait rien. Seulement nous sommes pauvres, et j'ai à me reprocher de vous avoir traité d’une manière mesquine ! et peu respectueuse. |
— Vénérable maître, dit Sou-yeou-pé, j'ai reçu de vous les plus grandes marques de bonté, el j'en consrverai une reconnaissance infinie. Si, dans la suite, j'obtiens un pouce d'avancement, je me ferai un devoir de vous en récompenser.
— Monsieur Sou, reprit Tsing-sin, lorsque, au premier jour, vous aurez formé une alliance de mariage avec le seigneur Pé, vous serez alors de la même famille; pourquoi parler comme si vous étiez ici un étranger 2? Allez maintenant prendre le riz du soir.
— Pour du riz, dit Sou-yeou-pé, je n'en mangerai pas; je vous demanderai seulement une tasse de thé, Puis j'irai dormir. »
Tsing-sin ordonna à un frère de faire bouillir du