‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 12 sur 264 · Indakhôn oulgiyan de isirako · texte numérisé non relu

Indakhôn oulgiyan de isirako

2. Damou emou tchhi i sinden de teñ, Toukhi talman dalibonkha adali okho.

PRÉFACE. xrt que J'ai dû signaler, ne m'empêchent point de reconnaître hautement que les deux traductions mandchou m'ont été fort utiles. J'ai même l'intention d’en faire une copie, rectifiée par la comparaison de l’une et de l’autre, et de la publier avec un vocabulaire de tous les mots, qui, joint à ma traduction française, en donnera l'intelligence, et facilitera d’une manière remarquable la lecture de tous les textes mandchou,

Les grands recueils lexicographiques P’eï-wenyun-fou (en 106 livres) et P’ing«tseu-louï-pien (en 240 livres), ainsi que les versions mandchou précitées, ont manqué totalement à M. Abel Rémusat, et l’absence de ce précieux secours excuse jusqu'à un . certain point les graves et nombreux défauts qui déparent sa traduction, au point que, dans le chapitre u, qui est, il est vrai, l’un des plus difficiles, j'ai relevé par écrit plus de cent cinquante passages, où un étudiant se verrait dans l'impossibilité de retrouver le vrai sens du texte original.

Je dois ajouter cependant que les grands recueils mentionnés plus haut ne sont point de vrais dictionnaires. On n’y trouve que des citations tronquées, qui, en dehors des textes qui les ont fournies, présentent souvent les plus grandes difficultés. De sorte qu'on pourrait être un sinologue d’une certaine force, sans se trouver capable d’y puiser, au premier

XXYI PRÉFACE.

coup d'œil, les éclaircissements dont on a besoin.

Quant aux versions mandchou, le secours qu’on en peut tirer est toujours subordonné à la connaissance plus ou moins grande qu’on a déjà du chinois. Il faut absolument posséder les deux langues au même degré pour qu’elles se prêtent une mutuelle lumière.

Pour édifier le lecteur sur les difficultés littéraires dont j'ai parlé au sujet des allusions historiques, et montrer en même temps tout ce qu’il faut d’érudition pour comprendre à fond, même en Chine, un roman comme le nôtre, je vais citer un grand * nombre de locutions dont je dirai le sens en abrégé, et que l’on trouvera, dans les notes de ma traduction, expliquées par autant de traits historiques, ou par des détails empruntés à la littérature, aux usages et aux MŒUTS.

Une feuille rouge, rappelle l'idée de mariage (tome 1, page 296, note 3).

Composer comme Tou-me, c’est faire des vers incorrects et irréguliers (1, 228, 1).

Avoir un talent de sept pas, c'est avoir le talent d’improviser des vers, comme Tsac-tseu-kien qui, sur l’ordre d'un empereur, improvisa un poëme après avoir fait sept pas en marchant (I, 270, 1).

A baisser le noir (montrer scs prunelles noires), c’est faire à quelqu'un accueil bienveillant. Le contraire est : montrer le blanc de ses yeux, pour dire regarder de travers, ou avec des yeux irrités (1, 343, 2). -

PRÉFACE. ZXxvUI Tenir le couteau pour quelqu'un, c'est écrire, composer à sa place (I, #1, 1).

Le luth est brisé, c'est-à-dire l’épouse est morte (Il, 299, 1). Les cordes sont brisées, même sens (II, 252, 1). Rattacher les cordes (de la guitare), c'est se remarier (II, 252, 1}. | Chercher les fleurs, s'informer des saules : fréquenter les maisons de plaisir (1, 192, 1).

Suspendre son bonnet au bas de la forét, donner sa démission (1, 141, 4).

Retourner à l’ancienne forét, retourner dans son pays natal (1, 111, #).

Avoir un boisseau de fiel, être très-hardi, avoir beaucoup d’audace (f, 267, #).

Recevoir le miroir de jade, recevoir un présent de noces (EL, 148, 2.

Voir le ciel ou les taches d'un léopard à travers un tube de bambou, avoir un esprit borné (II, 227, 2).

Le feu du rhinocéros, un esprit qui pénètre tout (I, 314, 3). Tenir dans sa bouche et lier, montrer sa reconnaissance (U, 13, 1).

Connaître Khing, avoir l'honneur de connaître un homme éminent (1!, 25, 3).

Descendre un lit ou un siège, admettre quelqu'un dans sa société (11, 173, 2).

Montrer sa laideur, montrer à quelqu'un une composition en prose ou en vers (II, 86, 2).

Ajouter à la martre une queue de chien, faire de méchants

vers après une personne qui en à fait d'excellents (f, 287, 3).

ZXYIII PRÉFACE.

Venir en portant des verges, venir présenter ses excuses (IL, 148, 3).

Se frotter les yeux (en regardant), faire à quelqu’un un accueil bienveillant (IL, 63, 2).*

Être comme Lieou et Youen, ne plus retrouver une personne qui est devenue invisible (I, 211, 1).

Prendre Lieow pour Youen, confondre une personne avec une autre (II, 171,2).

Franchir la porte des dragons, fréquenter un honræe illustre, et acquérir, par celte fréquentation, l’estime du public (E, 49, 4 et 11, 26, à).

Ne pas oser manier la hache à la porte de Pan, ne pas oser faire des vers sous les yeux d’un habile lettré {1, 274, 4).

Un homme du pays de Pa, un homme ignorant, barbare (EI, 306, 2).

Un homme à qui l’on jette des fruits, un homme d’une grande beauté (I, 146, 3).

Avoir la beauté de Pan-’an, avoir une beauté séduisante (II, 106, 1)

Avoir le tact de Pé-lo, connaître les hommes au premier coup d'œil (IL, 43, 1).

Être comparable à Tao-yun, avoir un esprit précoce (en parlant d’une fille) (II, 291, 1).

Un cheval qui fait mille li en un jour, un lettré qui ira Join.

Un lit oriental, un gendre (1, 345,2. 11 y a uise longue et curieuse histoire qui explique toutes les loculions où il est question du lit oriental.) (1, 345, 2, II, 19, 2 et 245 2).

Tuer le cerf, remporter la victoire (Il, 194, 2).

Poursuivre le cerf, disputer la victoire (Il, 44, 4).

Étre chien ou cheval, se dévouer à quelqu'un dans une

PRÉFACE. XXIX aatre existence, sous la forme d’un chien ou d'un cheval

Rejeter quelqu'un comme un chien de paille, c'est-à-dire comme un objet inutile ou digne de mépris (II, 132, #4).

Chercher un cerf sous les broussailles, chercher une chose qui n'existe pas (II, 210, 2).

Un Tseu-iu ou un Hou-yeou; une personne fictive, imaginaire (II, 125, 2).

Commencer par Wei, CUSIE un homme de mérite (Il, &3, 1).

Être comme Wei-kiai, être doué d’une rare beauté (I, 146, 2, et 171, 1).

Parcourir l'élang du phénix, être secrétaire du palais (E, 56, 1).

Faire connaitre le foie et le fiel, faire connaîlre ses sentiwents intimes (I1, 427, 1}.

Le dieu déchu, le nénuphar bleu, le poëte Li-thaï-pé (1, 156, 4). i

Voir la salle de jade el le cheval de bronze: on dit aussi : monter sur le cheval de bronze de la salle de jade, être admis dans l'académie du Han-lin (1, 62, 2).

L'emporter sur Si-chi et Mao-thsiang, l'emporter sur les plus belles femmes de l'antiquité (I, 165, 2, et 223, 1).

Une petite étoile (Siao-sing), une femme de second rang, une concubine (II, 134, 2).

Promettre l'alliance de Tchou et de Tch’in, promettre une fille en mariage (II, 240, 1 et 324, 2).

Le petit magicien devant le grand magicien, un Donne sans talent qui ne pourrait lutter contre un grand lettré (IE, 42, 3).

Entrer au milieu des müriers et des ormes, approcher de sa fin, être au bord de sa tombe (I, 194, 4).

2xx PRÉFACE.

Étre un hôte d'Occident, être un précepteur particulier (II, 64, 1).

Avaler la riviére de l'Ouest, avoir une avidité, une ambition insatiables (IL, 35, 2).

Un talent qui léve une paille, un bomme de talent qui compose des vers aussi facilement qu'on lève une paille (IL, 138, 1).

Avoir l'air des prisonniers de Thsou, avoir l'air découragé, abattu (I, 422, 1).

Les fleurs des roseaux de la lune, des choses fictives, ima-

ginaires (Il, 177, 2).

7” Tenir la serviette et le peigne, remplir les devoirs d'une épouse (IL, 199, 3).

" Avoir, en fait de talent, huit diviémes de boisseau, posséder presque autant de talent que tous les lettrés de l’empire (1, 270, 1).

Faire du vent d'automne, soutirer de l’argent à quelqu'un (Il, 226, 1). |

Avoir un cœur (un esprit) semblable à la corne du rhinoctros, avoir une pénétration extrardinaire (II, 112, 1).

Tirer le fl de soie rouge, choisir une épouse (I, 300, 3).

Imiter la chanson de la neige et celle du doux printempe, imiter les plus beaux morceaux de poésie (IE, 188, 2).

Lo, le dragon des lettrés, et Siun, la cigogne qui chante. On leur compare, par empbase, les hommes d'un rare talent, comme lorsque nous comparons Bossuet à un aigle et Virgile à un cygne (II, 43, 5).

Juger les chevaux en dehors du sexe et de la couleur, ne pas s'arrêter aux apparences pour juger les hommes (IE, 350, 1).

Voyager parmi les immortels, n'être plus du monde, avoir quitté la vie (II, 348, 1).

PRÉFACE. xxx!

Concevoir les doutes de la source des péchers, regarder quel-

qu'un comme un être imaginaire, introuvable (If, 334, 1).

Voir la vapeur violette des inmortels, prévoir l'arrivée d'un bomme illustre, avoir l’honneur de le voir (IE, 326, 1)

Tenir le manche de la cognée, faire les premières ouvertures de mariage (I, 99, 4 et 172, 1; IE, 12, {).

Faire couper (tso-fa), c'est-à-dire faire l'action de couper (un manche de cognée); même sens que tenir le manche de la cognée (1, 172, 1 ; IL, 328, 1 1).

Avoir la beauté de Kouan-tsiu, avoir la beauté de la princesse Thaïssé dont le livre des vers fait l'éloge (liv. I, od. D). Voyez tome Il, 323, 1.

Lune-matin-un temps, juger les vertus ou les vices de ses contemporains (1I, 320, 2).

Je m'arrête pour ne -point fatiguer l’attention du lecteur. Je crois d’ailleurs avoir cité assez d’exemples pour montrer les difficultés extraordinaires que présentaient les allusions du Fu-kiao-li, difficultés que-je crois avoir surmontées à force de recherches et de persévérance, et dont la solution se faisait encore attendre. Mais il ne s'agissait pas seulement de saisir les allusions et de trouver les traits historiques qui peuvent en donner la clef, il fallait encore comprendre, dans le style courant, plus de deux mille

passages difficiles où le PRE traducteur avait échoué.

4. Tome 1, 172, 1, au Heu de : « 1] faut une branche d'arbre pour

faire un manche de cognée, » lisez : I] faut une cognée pour couper un manche (de cognée).

xxx11 PRÉFACE.

J'ai fait tous mes efforts pour rendre ma traduction aussi fidèle que possible, et mettre les étudiants, à qui surtout je la destine, en état de comprendre comme moi toute la phraséologie de l'original. Je suis loin cependant de croire mon travail exempt d'erreurs. Les éditions que nous possédons à Paris sont incorrectes dans une multitude d’endroits, et l'on ne peut les corriger qu'imparfaitement en les comparant entre elles, Il faudrait pour cela résider en Chine et consulter d’habiles lettrés qui, au premier coup-d'œil, peuvent tout comprendre et tout expliquer. Leur secours inappréciable, qui fait à la fois disparaître les obstacles littéraires et le mérite de la difficulté vaincue, m’a constamment manqué depuis quarante ans, J'espère que cette considération me servira d’excuse auprès des juges compétens; et, s’il arrivait qu'un sinologue européen, vivant- au milieu des maîtres chinois, qu’on appelle sten-seng, songeât à faire une troisième traduction des Deux Cousines, j'aime à croire que, se mettant par la pensée à ma place, ét se figurant les difficultés énormes qu'il aurait lui-même rencontrées, il me tiendrait compte de mes efforts, et regarderait avec indulgence les fautes qui ont pu m’échapper.

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