UKE JEUNE FILLE DE TALENT COMPOSE DES VERS POUR SON PÈRE
Sous le règne de l’empereur Tching-tong', vivait un docteur qui était président du bureau des cérémonies; son nom de famille était Pé, son nom d’enfance Hiouen, et son nom honorifique Thaï-youen. Il était originaire de Kin-ling (Nan-king). Wang-tchin ?
4. L'expression Tching-tong, qui signifie la Somme de la droite voie, est le nom de la période du règne d’un empereur de la dynastie des Ming, nommé après sa mort Ing-tsong, lequel a occupé le trône depuis 1436 jusqu’en 1449. C’est, en mème temps, le nom qu’il portait pendant sa vie, ainsi que le montrent les mots Tching-tong-pécheou, Tching-tong alla chasser dans le nord (p. 5, note 4).
2. L'eunuque Wang-tchin était à la tête du conseil de régence sous l’empereur Tching-tong ; il éloigna des emplois tous les hommes bien irtentionnés, et les remplaça par ses créatures. Voyez Mailla, Histoire de la Chine, t. X, p. 204.
s'étant emparé du pouvoir, il quitta sa charge et s’en revint (dans son pays natal). Pé n’avait ni frères aînés ni frères cadets, mais seulement une sœur cadette qui était allée au loin, après avoir épousé un nommé Lou, commissaire en second dans la province de Chan-tong, de sorte qu'il se vit obligé de vivre dans la solitude et l'isolement. Pé était un homme grave et d'humeur tranquille. Comme il avait peu de désirs, il ne recherchait ni la renommée ni la fortune, et ne se souciail point de faire sa cour aux grands. La poésie et le vin étaient son seul plaisir !. C’est pourquoi, dégoûté des tracas qui naissent, en ville, des relations de société, il s’était retiré à la campagne, à soixante ou soixante-dix li? de Kin-ling, dans un village appelé Kin-chi. Ce village élait, de tous côtés, environné de montagnes verdoyantes ; tout aulour serpentait un ruisseau limpide, coulant de l’ouest à l’est, qui était bordé sur ses deux rives de saules ct de pêchers; on y goûtait tous les agréments des montagnes et des eaux. Quoiqu'il y eût dans ce village plus de mille familles, si l’on eût voulu compter les hommes riches et nohles, on aurait dû placer à leur tête Pé-kong*, le président du bureau
4, En Chine, le goût du vin cst inséparable des habitudes poétiques. Li-thai-pé fut à Ja fois le poëte le plus célèbre et le plus grand buveur de son siècle. Sa réputation n'en a pas plus souffert que celle d’Anacréon et d'Horace, qui associaient ensemble le goût du vin et celui de la poésie.