Terme de politesse. Il s’agit de Sou-yeou-pé
2. C'est-à-dire : Après avoir obtenu le grade de docteur au concours du midi (dans le collége de Nac-kiug).
8. Littéralement : Il a pensé à Sse et à Lo, c’est-à-dire aux plantes grimpantes Thou-sse et Niu-lo qui s'appuient sur de grands arbres. Comme s'il disait : Malgré l'obscurité de sa condition et Ja médiocrité de son mérite, il a songé à épouser votre noble fille. (ET, 166, 3).
. &. Voyez t. I, p. 172, n. 1, et IF, 12, 1.
5. Littéralement : Au mont Thaï-chan. Au figuré, le Thaï-chan désigne tantôt un homme d’un mérite éminent, tantôt un beau-père.
6. Il ya en chinois: Le jade de Wei. Il s’agit de Wei-kiai surnommé Cho-p’ao, qui vivait sous les Tsin (entre les années 265 et 419 de Jésus-Christ). Tous ceux qui le voyaient, l'appelaient Yu-Jin, l’homme de jade, c'est à-dire beau comme le jade, (Yun-fou-kiun-yu, liv. x1v, fol. 8.) Voyez t. 1, p. 146, n. 1, et p. 276, n. 1.
7. L'auteur fait allusion à Sun-tsan, qui était surnommé Fongtsing. Îl vivait sous la dynastie des Wei, entre les années 220 à 2635 de notre ère. (P’ei-wen-yun-fou, liv. Lxxvi B, fol. 79 )
très-difficile de choisir un gendre ; aujourd’hui, vous voyez combien il est facile de trouver l’homme qu'il vous faut. Au premier jour, je demanderai un congé et je m'en retournerai dans le Midi. Je viendrai m'asseoir à votre joyeux festin et vous offrir mes félicitations. Je vous ai fait connaître d'avance mes sentiments. Veuillez, de grâce, écouter ma demande.
« J'aurais encore beaucoup de choses à dire. »
Après avoir lu cette lettre, les deux jeunes filles. furent transportées de joie. Mademoiselle Lou se leva sur-le-champ et fit ses compliments à mademoiselle Pé. « Ma sœur, dit-elle, je vous félicite. »
Mademoiselle Pé s’empressa de la saluer à son tour. « Ma sœur, dit-elle, vous avez le même bonheur que moi ; pourquoi me féliciter seule ?
— Ma sœur, répondit mademoiselle Lou, votre affaire est sûre. Sou, le moniteur impérial, père du jeune homme, est venu vous demander, et, de plus, Ou, l’académicien, qui est volre parent, s’est chargé de faire les premières ouvertures de mariage. Lorsque mon oncle sera de retour. à la lecture de ces lettres, il consentira de lui-même. Quant à mon affaire, quoiqu’il ait promis de m'épouser, il n'a pas eùcore envoyé d’entremetteur. Supposons que monsieur Sou ne me soit pas infidèle, et qu'il ait gardé le souvenir de ses anciens serments, il ne sait pas que je demeure ici. Quand même il aurait reçu votre lettre et viendrait me
4, C'est-à-dire : Pé-kong, votre père.
chercher jusqu'ici, mon oncle a pour vous une affection profonde ; comment consentirait-il à mettre deux cuillers dans la même tasse!, et prendre encore les ‘ intérêts de votre sœur? D’après ces considérations, mon affaire est loin d’être décidée.
— Chère sœur, dit mademoiselle Pé, si l’on raisonnait d’après les sentiments des hommes du monde, vos inquiétudes ne seraient pas sans fondement ; mais mon père ne pense pas comme Îles hommes du monde. S'il m'aime, il doit naturellement vous aimer aussi. D’ailleurs, comme il a accepté la commission de ma tanté, il ne mettra pas de différence entre nous deux, de manière à faire de moi une femme jalouse ?.
— Vous avez beau dire, reprit Lou-meng-li, je vois encore bien des difficultés. Si, après avoir demandé à votre père sa fille en mariage, monsieur Sou voulait encore demander sa nièce, il aurait de la peine à ouvrir la bouche. Si mon oncle choisissait un époux pour sa fille, et un autre pour sa nièce, on ne pourrait l’accuser de mauvaise intention. Pour moi, jeune fille, je m'en rapporterai à la volonté de ma mère et de mon oncle; comment oserais-je leur désobéir?
— Ma sœur, dit mademoiselle Pé, vous n'avez pas besoin de tant vous inquiéter ; s’il survient quelque contre-temps, je vous l’apprendrai avec franchise. Si
1. C'est-à-dire : Comment songeait-il à nous marier toutes deux au même homme?
2. C'est-à-dire : De manière que je craigne d’avoir en vous une rivale.
votre affaire n’était pas menée à bonne fin, je ne voudrais pas vous être infidèle en me mariant seule.
— S'il en est ainsi, dit mademoiselle Lou, je vous serai infiniment reconnaissante de m'avoir prêté votre appui. Ou, l’académicien, ajouta-t-elle, dit dans sa lettre, qu'en se rendant actuellement à son poste, il! ira saluer votre illustre père ?. Îl est évident que le jeune Sou devait venir en même temps que la lettre. S'il vient en effet, ne pourrait-on. pas lui donner de mes nouvelles et lui faire savoir que je suis ici? Ce serait charmant.
— Votre observation est juste, dit mademoiselle Pé.» Sur-le-champ, elle chargea un domestique d'aller demander au concierge si le seigneur Sou était déjà venu faire visite. |
« Le seigneur Sou, répondit le concierge, a envoyé quelqu'un pour dire qu’il viendrait saluer mon mattre. J'ai répondu que Son Excellence n’était pas à la maison, et qu'il n’y aurait personne pour le recevoir ; que s’il voulait faire sa visite, il n’avait qu’à laisser sa carte qu'on inscrirait sur le registre dé la loge. J’ajoutai que je n'osais donner la peine à Sa Seigneurie de venir de loin. Le domestique se retira aussitôt. J'ignore si, aujourd'hui, il reviendra ou non. »
— Comme on a fait cette réponse, dit mademoiselle Pé, naturellement le seigneur Sou ne reviendra pas.