‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 262 sur 264 · Voyes t. 11, p. 156, n. 2, et p. 220, n · texte numérisé non relu

Voyes t. 11, p. 156, n. 2, et p. 220, n

Pé-kong vivait dans la société de Sou, le moniteur impérial, et comme il était en rapports continuels avec Sou-yeou-pé et ses deux épouses, il n’était plus seul et isolé. Dans la suite, la fille de Pé-kong mit au monde deux fils, et celle de madame Lou ‘ en eut un. Ing-lang étant mort quelque temps après, Sou-yeou-pé offrit à Pé-kong son second fils, issu de Hong-yu ?, pour qu'il l’adoptât. Dans la suite, les trois fils reçurent le grade de docteur.

Quoique Sou-yeou-pé se fût donné beaucoup de peine pour posséder ses deux épouses, après que chacun d'eux eut obtenu l'objet de ses vœux, pendant trente ou quarante ans ils goûtérent tous trois, au milieu du monde, le bonheur que peut procurer l’amour. Cette histoire n'est-elle pas digne de fournir durant mille générations un charmant sujet d'entretien? Voici un quatrain à la louange de Pé-kong :

Pour avoir déplu à un homme puissant, il a été envoyé en mission chez les Tartares, et a fait éclater sa loyauté.

En se livrant au plaisir des vers et du vin, il a laissé sur le mont Hian-chan $ une pure renommée.

4. Je traduis ainsi Pé-siao-tsie et Lou-siao-tsie, pour éviter d'appeler les deux dames : Mademoiselle Pé et mademoiselle Lou.

2. Il ÿy a en chinois Pé-siao-tsie, mademoiselle Pé. Voyez la note ci-dessus.

8. Hiang-chan (la montagne des parfums), était située à soixante li (six lieues) au sud-ouest de Sou-tcheou-fou, dans la province du Kiang-nan, à laquelle appartenait Kin-ling on Nan-king. On raconte que le roi de Ou y avait fait semer des plantes odorantes. Au pied de ceite montagne, il y avait an sentier appelé Tsai-kiang-king, le

Ne dites pas qu’on ne va pas à la postérité avec Île goût de la musique et des lettres.

On dirait un monceau d'étoffes brodées, accumulées sur le pic du grand homme !.

Quatrain à la louange de Sou-yeou-pé :

Dans la fleur de la jeunesse, par son talent, il égala Li- Tsing-lien?,

Il ne cherchait qu’une personne d’une beauté accomplie, sans s'informer des arrêts du destin.

Oubliant le soin de sa vie, il déploya toutes les forces de son âme;

Et le ciel, le prenant en affection, lui donna deux charmantes épouses.

Quatrain en l’honneur de mademoiselle Pé :

Quoiqu'elle ne fût qu'une jeune fille de l’appartement intérieur, elle a su se passionner pour le talent.

En composant tour à tour des vers, elle a pris la poésie pour entremetteuse.

Ne parlez plus de la fille de Sie 3, qui a célébré la neige blanche ;

sentier des personnes qui cueillent des fleurs odorantes. C'était là que le roi envoyait ses belles femmes pour recueillir des parfums. (P’ing-tseu-loui-pien, liv. CLXIX, fol. 3.)

4. En chinois: Tchang-jin-fong. Ce pic faisait partie du mont Thai-chan, l’une des cinq montagnes sacrées. Le Thaï-chan était situé à cinq li (une demi-lieue) au nord de Thaïl-’an-tcheou, dépendant du département de Thsi-nan-fou, dans la province de Chantong.

2. Tsing-lien (le nénuphar bleu), était un des surnoms de Li-thaï pé, le plus célèbre des poëtes de la Chine.

8. Elle s’appelsit Tao-yun; on la cite souvent pour la précocité de son esprit. (Voyez t. II, p. 491, n. 1.)

Mademoiselle Pé, par ses vers sur les saules printaniers, s'est montrée aussi extraordinaire.

Quatrain à la louange de mademoiselle Lou :

Du haut d’un pavillon, il lui a suffi d’un coup d'œil pour connaître à fond un homme.

Heureuse de trouver un appui pour le reste de sa vie, elle a donné en secret de l'argent.

Ne lui supposez pas la beauté d’une fleur ordinaire ;

On parlera, pendant mille automnes, de l'intelligence et de l'intrépidité qui faisaient le fond de son âme.

Page 1