‹ Yu kiao li = Les deux cousines (volume 2)Chapitre 63 sur 264 · Allusion à Yang, l'ennemi déclaré de Pé-kong · texte numérisé non relu

Allusion à Yang, l'ennemi déclaré de Pé-kong

2. Mot à mot : Ce corps de sept pieds, je l’ai déjà placé en does du but, c’est-à-dire je l'ai traité comme indigne d'égards. (Voyez Morrison, Dict. chin., part. 1, clef 40, pag. 856, col. À, ligne 45.)

Ce passage montre, comme on l'a déjà dit, que sous la dynastie des Ming, le éch’i (pied chinois) était beaucoup plus court que notre pied-de-roi. +

. À moins d’avoir le courage d’un héros, Qui pourrait s'empêcher de perdre sa vertu ?

Après avoir reconduit Tchang en dehors de sa porte, Pé-kong sentit redoubler sa colère. « Il est clair. dit-il, que c’est ce vieux coquin de Yang qui m'a joué ce tour odieux. De plus, il m'envoie des gens pour vanter son crédit et me contraindre à ce mariage. C'est une con- . duite infâme. Seulement, si j'allais aujourd’hui discuter avec lui, tout le monde dirait que je crains d'aller dans le nord, et que je profite de cette occasion pour lui chercher querelle. Attendons que je sois revenu de mon voyage, j'aurai alors le temps de m'expliquer avec lui. Mais l'affaire de Hong-yu ne doit être différée pour rien au monde. »

IL écrivit sur-le-champ une lettre, l’envoya d’abord à Ou, l’académicien, et lui demanda un rendez-vous pour qu'il l'attendit chez lui. Puis, s'adressant à sa fille : « Ce coquin de Yang, dit-il, est d'une méchanceté extraordinaire; il faut le fuir au plus vite. Maintenant, tu ne peux attendre que je sois sorti d'ici. Il est nécessaire que lu prépares promptement quelques vêtements; celte nuit même, je veux te conduire chez ton oncle. »

Après avoir entendu ces paroles, Hong-yu n’osa point résister à son père. Elle fit à la hâte ses préparatifs et attendit jusqu’au soir. Pé-kong loua, sous main, deux chaises, plaça sa fille dans l’une, et, s'étant assis dans l'autre, il la conduisit secrètement chez Ou, l’académicien. Dans ce moment, Ou avait chargé ses domesti-

ques de les attendre et de les conduire dans le derrière de sa maison. Pé-Rong dit d'abord à sa fille de faire quatre révérences à Ou, l’académicien, qu’il salua luimême quatre fois. « Dans ces révérences, dit-il, vous pouvez voir l'affection qu'inspirent les liens du sang, et un dépôt qui vaut mille onces d'argent.

— Mon beau-frère, dit Ou, l'académicien, soyez tranquille. Il est bien certain que je ne ferai pas déshonneur à vos ordres !. »

Hong-yu sanglotait au fond du cœur; elle cachait ses larmes et baissait la tête sans pouvoir dire un mot. Ou, l’académicien, voulut retenir Pé-kong et lui offrir du vin. « Je n'ose m'asseoir, dit-il; je craindrais qu'on ne vint à le savoir. » Puis, se tournant vers sa fille: « Après cette séparation, dit-il, je ne sais quel jour je pourrai te revoir. »

Comme Pé-kong voulait sortir de suite, sa fille, ne pouvant supporter ce départ, le tira vers elle, et après lui avoir fait quatre révérences, elle laissa éclater ses pleurs et ses sanglots. Pé-kong lui-même ne put retenir ses larmes. Ou, l’académicien, fit tous ses efforts pour calmer leur douleur. Le père et la fille, ne voyant aucun remède, furent obligés de se séparer en étouffant leur voix. On peut dire à cette occasion :

Dans le monde, on éprouve mille peines et mille souffrances}

1. C'est-à-dire : Vous ne rougirez pas de m'avoir donné cotte commission, de m'avoir confé votre fille,

Mais ce qu'il y a de plus cruel, est de se séparer au moment de la mort ou pendant la vie.

Pé-kong rentra chez lui après avoir conduit sa fille. Quoiqu'il fût fort afligé, se voyant délivré de toute inquiétude !, il se mit à boire seul jusqu’à s’échauffer la tête ?, et s’endormit. Le lendemain, il se leva de bonne heure et se rendit à son bureau pour prendre le décret ; puis, revenant dans sa maison particulière, il en ferma toutes les portes et ordonna aux domestiques de faire bonne garde et de dire qué mademoiselle Pé restait dans l’intérieur. Il se contenta d'emmener avec lui deux serviteurs d’une capacilé reconnue, et se pourvut d'une garniture de lit et de bagages. Après avoir pris congé de la cour, ilse rendit au dehors de la ville, et s'arrêta dans une maison de poste pour attendre Li-chi, le premier envoyé, avec qui il devait faire le voyage. Or, comme Pé-kong était un des neuf membres du bureau

des cérémonies, il devait naturellement avoir le rang de premier envoyé; Li-chi, qui était seulement porteur de messages, n’avait droit qu’au titre d'envoyé en second. Mais, la veille, Pé-kong ayant traité avec hauteur Tchang, mémbre du ministère du personnel, celai-ci avait donné à Li-chi le titre de vice-président du ministère des rites avec le rang de premier envoyé, et à Pé-kong, le titre de vice-président du ministère des

1. En chinois koua*ngai (Basile, 3436-6966) : pesadumbre que le impide algo, souci, inquiétude, qui nous empêche de faire quelque chose. ( Dictionn. espagnol du dialecte du Fo-kien.)

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